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ANALYSE DU CHANT DES FLAMMES

neux. Si le miroir oscille plus vite, les images laissent entre elles de plus grands intervalles ; s’il oscille plus lentement,

Fig. 110.

les images se rapprochent, et le chapelet de flammes peut ainsi passer par une série de variantes très-belles. J’applique ma main contre l’extrémité inférieure B du tube, de manière à intercepter le courant d’air qui déterminait les vibrations de la flamme, et les oscillations du miroir ne font plus naître qu’une bande continue. Voyez avec quelle soudaineté cette bande lumineuse se résout en une série d’images distinctes, aussitôt que je retire ma main et que le courant d’air passe de nouveau sur la flamme.

Si l’on examine attentivement, avec l’aide du miroir tournant, une petite flamme chantante de gaz d’éclairage, ou plutôt la série discontinue des images de la flamme projetée sur l’écran, on constate que chacune d’elles se compose d’une pointe jaune portée par une base du bleu le plus riche. Dans quelques cas, il m’a été impossible de découvrir aucun trait d’union entre deux flammes consécutives. Les espaces entre les flammes étaient absolument obscurs pour l’œil. Mais, si cette obscurité était réelle, la flamme aurait dû s’éteindre par intervalles, en laissant, toutefois, assez de chaleur pour réallumer le gaz. Je crois que cela n’est pas impossible, car le gaz d’éclairage peut s’enflammer au contact d’un air non lumineux *. La sirène nous fournit un moyen facile de déterminer combien de fois la flamme s’éteint et se rallume dans une seconde. A mesure que la note de l’instrument approche de celle de la flamme, vous entendez ces battements bien connus qui précèdent l’unisson et deviennent de moins en moins rapides. Yoici que les deux notes résonnent à l’unisson parfait, ne formant plus qu’un seul courant sonore. Je vais essayer de faire rendre à la sirène le même son pendant une minute. Au bout de ce temps, je vois, enregistré sur nos cadrans, un nombre de 1700 révolutions. Mais, le disque étant percé de 16 trous, chaque révolution correspond à 16 pulsations. Multipliant 1700 par 16, nous trouvons 27200 pour le nombre des pulsations par minute. C’est aussi le nombre de fois que notre petite flamme s’est éteinte et rallumée pendant la durée de l’expérience, c’est-àdire qu’elle s’est éteinte et rallumée 453 fois par seconde.

Les flammes chantantes obéissent avec une telle facilité aux actions et réactions des pulsations qui tombent sur elles, qu’elles sont presque entièrement gouvernées par le tube

1 Un jet de gaz, par exemple, peut être enflammé à douze ou treize centimètres audessus du sommet d’une flamme visible, à une distance où une feuille- de platine ne devient pas incandescente .

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