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RACCOURCISSEMENT ET ALLONGEMENT DES FLAMMES

bec, elle redevint sensible. Jusque-là j’avais essayé un grand nombre de becs, les uns à une seule ouverture, les autres à plusieurs ouvertures séparées ; et, pour beaucoup d’entre eux, l’effet était absolument nul. Eclairé par l’observation que je venais de faire, j’ouvris largement les tuyaux qui alimentaient les flammes , et mes becs les plus réfractaires devinrent ainsi sensibles.

Il nous fut alors facile de mettre pleinement en évidence les faits observés par M. le professeur Leconte. Dans les expériences que nous allons décrire et qui sont bien plus délicates, la précaution que je viens d’indiquer est encore plus essentielle .

M. Barrett, le dernier préparateur de notre laboratoire, observa, le premier, le raccourcissement subi par la longue flamme de ce vieux bec à un seul trou, lorsqu’on faisait retentir les notes plus élevées du plateau circulaire (p. 60) ; etparlechoix de becs meilleurs, il réussit à rendre la flamme extrêmement sensible \ En prenant bien la précaution signalée ci-dessus, on peut obtenir sans peine, et à un degré très-grand d’exaltation, des effets de raccourcissement des flammes. En voici une de 45 centimètres de longueur, et qui fume abondamment. Dès qu’on siffle, elle se réduit à 22,5 centimètres environ, la fumée disparait, et l’éclat augmente.

Suivant les circonstances, une longue flamme peut être raccourcie, ou une courte flamme allongée par l’influence des vibrations sonores. Voyez, par exemple, ces deux flammes sortant de becs informes, faits avec des tubes d’étain. Une de ces flammes [fig. 115) est longue, droite et fumeuse; l’autre (ftgr, 116) est courte, bifurquée et brillante. On siffle, la longue flamme se raccourcit, se bifurque et devient brillante (fig. 117), tandis que la flamme en fourche devient longue et fumeuse {fig. 118). On peut donc dire que dans leurs répon-

1 Pour la description des expériences de M. Barrett, je renvoie le lecteur au Philosophical Magazine du mois de mars 1867.

LEÇON VI

ses au son du sifflet, chacune de ces deux flammes est le complément, en quelque sorte, de l’autre.

La figure 1 1 9 représente une autre flamme fumeuse, qui prend, sous l’influence du sifflet, la forme de la figure 120.

Fig. 115. Fig. 116.

Fig. 117 Fig. 118.

Fig. 119.. Fig. 120.

Les expériences précédentes mettent en évidence le raccourcissement et rallongementdesflammes par les vibrations sonore^. Ces mêmes vibrations peuvent produire de même leur rotation. Voici divers becs faits ici, donnant issue à des flammes plates, longues de 25 et larges de 7 à 8 centimètres dans la partie la plus étalée. Ces becs ont été construits dans le but exprès d’obtenir des flammes trapues et fourchues. Or, dès que le sifflet résonne, la flamme tourne de 90 degrés sur elle -même, et garde sa nouvelle position aussi longtemps que le son continue à se faire entendre.

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