‹ Le sonChapitre 123 sur 143 · MANIFESTATIONS EXPÉRIMENTALES DES SONS RÉSULTANTS · texte numérisé non relu

MANIFESTATIONS EXPÉRIMENTALES DES SONS RÉSULTANTS

dantes à une longueur de 26,3 centimètres est de 648 par seconde.

Mais nous ne devons pas oublier que l’air dans lequel s’accomplissent ici les vibrations est beaucoup plus élastique que l’air de cette chambre. La flamme échauffant l’air du tube, les vibrations doivent y être plus rapides qu’elles ne le seraient dans un tuyau d’orgue de même longueur. Pour déterminer le nombre réel des vibrations, force est de revenir à notre sirène : nous trouvons avec cet instrument que l’air intérieur de notre tube de 26,3 centimètres exécute 717 vibrations par seconde. La différence de 66 vibrations par seconde est due à réchauffement de la colonne d’air. L’acide carbonique et la vapeur d’eau, produits de la combustion, doivent aussi par leur présence au sein du tube modifier un peu le son produit. Déterminée de la même manière, la vitesse de vibration du tube de 29 centimètres est de 667 par seconde. La différence entre 717 et 667 est 30, et elle exprime la vitesse de vibration correspondante au premier de nos tons résultants.

Mais ce nombre 30 n’est pas encore la limite de l’audibilité. Laissant à l’un des tubes sa longueur de 29 centimètres, j’allonge son voisin jusqu’à ce que le ton résultant s’abaisse très-près de la limite de sensibilité de mon oreille, sans dépasser cependant le point où la certitude de la perception cesserait. Le tube le plus court a maintenant 27,9 centimètres, et j’entends encore parfaitement le ton grave du son résultant. Le nombre de vibrations exécutées dans ce tube de 27,9 centimètres se trouve être de 700 par seconde. Nous avons déjà trouvé 667 pour le nombre des vibrations dans le tube de 29 centimètres. Donc, 700 — 667 = 33 est le nombre de vibrations correspondant au ton résultant que j’entends bien quand je concentre sur lui mon attention. Nous sommes ici très-près de la limite que Helmholtz a fixée à l’audibilité

LEÇON VII

des sons musicaux. Je prends encore un tube de 44,1 centimètres de longueur, et je combine le son qu’il rend avec celui du tube de 26,3 centimètres. La combinaison fait naître un son résultant plus élevé qu’aucun de ceux que nous avons déjà entendus. Or, le nombre réel de vibrations effectuées dans ce long tube est de 439; et nous avons trouvé 717 vibrations pour notre tube de 26,3 centimètres. Donc, 717 — 459 = 258 est le nombre de vibrations correspondant au son résultant que nous entendons actuellement. Ce son est presque exactement celui de l’un de nos diapasons, qui exécute, comme vous vous le rappelez, 256 vibrations par seconde.

Profitons de cette coïncidence pour soumettre à un contrôle plein d’intérêt les résultats auxquels nous sommes déjà parvenus. Yoici le diapason bien connu de 256 vibrations. Il est monté sur sa caisse résonnante, et je le touche avec l’archet si légèrement que le son se fait à peine entendre; ses vibrations réagissent immédiatement sur celles du son résultant, et vous entendez clairement les battements que leur combinaison fait naître. En chargeant un peu le diapason pour modifier le ton du son qu’il rend, ou bien en élevant un peu le curseur du tube pour faire baisser le son de la flamme, je puis modifier la période des battements, absolument comme je l’ai fait quand je comparais entre eux deux sons primitifs. J’obtiendrais le même effet en faisant varier doucement les dimensions de la flamme ; vous ne manquerez pas de constater l’accord merveilleux entre tous ces résultats.

Placé à moitié chemin entre la sirène et la flamme qui rend un son aigu, et faisant monter de plus en plus le ton de la sirène , j’entends bientôt le son résultant qui s’enfle quelquefois et résonne avec une grande énergie. Lorsqu’on fait retentir- à côté de la flamme un tuyau d’orgue, on entend le

Page 1