EXPRESSION OPTIQUE DES SONS
On doit à M. Lissajous un charmant moyen de donner une expression optique aux vibrations d’un diapason : à l’extrémité F [fig. 16) de l’une des branches de ce grand
diapason, fixons un petit miroir métallique, et, pour rétablir l’équilibre, collons à l’autre branche avec de la cire une petite masse métallique. Dressons le diapason en face d’une lampe électrique, à une grande distance d’un écran noir, et amenons un faisceau de lumière intense rendu convergent par une lentille convexe à tomber sur le miroir. Ce faisceau réfléchi revient sur ses pas. Prenons en main un second miroir et recevons sur ce miroir le rayon réfléchi, pour qu’il le renvoie sur l’écran. Vous voyez se dessiner sous forme de disque lumineux, à la surface blanche de l’écran, l’image de l’ouverture qui donne issue au faisceau lumineux. Elle est parfaitement immobile, mais aussitôt que le diapason entre en vibration, le rayon lumineux réfléchi est animé d’un mouvement rapide de haut en bas, de bas en haut, donnant naissance à une ligne lumineuse ondulée d’un mètre de long. La longueur de la bande dépend de l’amplitude de la vibration, et vous voyez qu’elle se raccourcit à mesure que le mouvement du diapason s’éteint.
LEÇON II
Cette bande reste rectiligne aussi longtemps que la glace tenue à la main demeure immobile ; mais dès que l’on fait tourner la glace de manière à forcer le faisceau de se déplacer de droite à gauche sur l’écran, on voit cette bande rectiligne se transformer instantanément en une belle bande ondulée lumineuse. Yous avez la sensation de cette longue ligne sinueuse, parce que l’impression de la rétine persiste pendant plus d’une seconde. Et , si le temps nécessaire pour faire passer l’image allongée d’un bord à l’autre de l’écran était de moins d’un dixième de seconde, la ligne lumineuse ondulée occuperait pour un moment la largeur entière de l’écran.
Jusqu’ici nous n’avons laissé sortir le rayon de la lampe que par une seule ouverture ; laissons-le maintenant sortir par deux ouvertures distantes l’une de l’autre de douze millimètres, de manière à projeter sur l’écran deux disques lumineux situés run au-dessus de l’autre.
Dès que le diapason est excité et que l’on fait tourner le miroir, on voit (fig. 17) deux lignes brillantes ondiüées courir
Fig. 17.
sur la surface noircie. Déplaçons les diaphragmes de manière à placer les deux disques lumineux à côté l’un de l’autre , puis excitons le diapason et faisons tourner le miroir ; nous obtenons ainsi (fig. 18) la belle figure produite par les entrelacements des deux lignes lumineuses ondulées. Le dessin toutefois est impuissant à donner une idée de l’aspect mouvementé des lignes réelles de lumière sur le tableau.