VIBRATIONS ÉCRITES DES DIAPASONS
maintenant tout à fait calme, et ce que nous appelons le silence exprime l’absence de mouvement.
Au moment où nous excitons le diapason, le son qu’il rend a son maximum d’intensité ; il s’affaiblit graduellement à mesure qu’il continue de vibrer. Placé très-près du diapason, on peut constater que l’amplitude de ses oscillations ou leur excursion diminue aussi de plus en plus. Mais, dans les limites où nous restons, l’oreille la plus exercée ne découvrirait pas la moindre altération dans le degré d’élévation de la note. L’affaiblissement graduel de l’intensité du son n’entraîne donc pas son abaissement. De fait, quoique l’amplitude change, le nombre des vibrations reste le même; le ton et l’intensité doivent donc être nettement distingués ; l’intensité dépend uniquement de l’ amplitude des vibrations, le ton dépend de leur nombre ou de la rapidité avec laquelle elles s’exécutent.
On peut amener un diapason à écrire lui-même l’histoire de ses propres mouvements; la manière dont on y parvient est très-facile à comprendre. Prenant dans vos doigts un morceau de craie, essayez d’écrire sur un tableau noir une ligne verticale. Aussi longtemps que votre main ne déviera ni à droite ni à gauche,, la ligne qu’elle tracera sera bien verticale. Mais si, pendant que votre main se meut ainsi de bas en haut, vous la faites mouvoir à droite et à gauche, vous tracerez sur le tableau une ligne sinueuse. Les dentelures ou sinuosités mettent en évidence les oscillations de votre main, leur profondeur mesure l’amplitude de ces oscillations latérales.
Revenons maintenant au diapason. A l’extrémité F [fig. 15) de l’une de ses branches, oïl fixe une petite lame prise dans une feuille mince de cuivre et taillée en pointe ; on excite le diapason, il vibre, et la petite lame de cuivre la suit dans toutes ses vibrations ; on amène la pointe de la
LEÇON II
lame à toucher doucement la surface d’une lame de verre enfumé ; en caressant, dans son mouvement de va-et-vient,
Fig. 15.
la surface recouverte de noir de fumée, elle y laisse la trace très-nette de ses excursions. Aussi longtemps que la main reste complètement immobile, la pointe va et vient suivant la même ligne, absolument comme la craie, il y a un moment, décrivait la même ligne sur le tableau noir. Mais il est évident qu il suffît d’entrainer en ligne droite le diapason sur^la plaque de verre ou la plaque de verre sous le diapason, pour produire une ligne sinueuse ; je le fais et la ligne est tracée. Installons maintenant la plaque de verre enfumée sur le trajet d’un faisceau de lumière électrique, et recevons sur un écran son image agrandie ; la ligne sinueuse brillante devient visible à tous les yeux. Si, pendant que la plaque est ainsi installée en avant de la lampe, on anime une seconde fois le diapason et que l’on promène de nouveau la pointe sur la plaque enfumée, on voit immédiatement surgir une nouvelle ligne sinueuse brillante. Si l’on répète l’expérience sans plus exciter le diapason, on constate que les dentelures de la ligne ondulée diminuent considérablement de prôfom deur. La ligne sinueuse s’approche de plus en plus de la ligne droite, et le décroissement des amplitudes est ainsi rendu visible. L’amplitude est réduite à zéro quand les sinuosités ont complètement disparu, et en même temps le son, dont l’intensité est proportionnelle à l’amplitude, a complètement cessé.