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PREMIÈRE LEÇON

Les nerfs et les sensations. — Production et propagation du mouvement sonore. — Expérience sur les corps placés dans le vide. — Action de l’hydrogène sur la voix.— Propagation du son dans un air de densité variable. — Réflexion du son. — Échos.— Réfraction du son. — Inflexion du son ; cas particulier du village et de l’église d’Erith. — Influence de la température sur la vitesse du son. — Influences de la densité et de l’élasticité. — Calcul de la vitesse du son, par Newton. — Changements de température produits par l’onde sonore. — Correction de la formule de Newton par Laplace. — Rapport des chaleurs spécifiques à pression constante et à volume constant, déduit des deuxjvitèsses du son. — Équivalent mécanique de la chaleur déduit de ce même rapport. — Conclusion que l’air atmosphérique n’a pas un pouvoir sensible de rayonnement calorifique. — Vitesse du son dans différents gaz. — Vitesse du son dans les liquides et les solides. — Influence de la structure moléculaire sur la vitesse du son.

Les différents nerfs du corps humain ont leur origine dans le cerveau, et le cerveau est le siège de la sensation. Lorsque vous vous coupez un doigt, les nerfs aboutissant au doigt sont des messagers qui apportent immédiatement au cerveau la nouvelle de l’accident, et, si ces nerfs étaient coupés, quelque grave que fût la blessure , vous n’éprouveriez aucune douleur. On a les plus fortes raisons de penser que, dans tous les cas, ce qui est apporté au cerveau par les nerfs est du mouvement . C’est le mouvement excité par le sucre dans les nerfs du goût qui, transmis au cerveau, y produit la sensation de la saveur douce du sucre, tandis que l’amertume est le résultat d’un autre mouvement produit par l’aloès,

LEÇON. I

par exemple. C’est le mouvement excité dans les nerfs olfactifs par les effluves d’une rose, qui s’annonce dans le cerveau comme le parfum de la rose. C’est le mouvement imprimé aux nerfs optiques parles rayons du soleil, qui éveille dans le cerveau la sensation de lumière ; tandis qu’un mouvement semblable, communiqué à d’autres nerfs, se traduit en chaleur dans ce merveilleux organe1 de la perception.

Il ne s’agit pas ici d’un mouvement de translation du nerf, mais d’une vibration ou d’une sorte de frémissement des molécules ou particules infiniment petites dont il se compose.

Les différents nerfs sont appropriés à la transmission des différentes sortes de mouvements moléculaires. Les nerfs du goût, par exemple, ne sont pas aptes à transmettre les vibrations lumineuses, ni le nerf optique, à transmettre les vibrations sonores. Celles-ci exigent un nerf spécial, le nerf auditif , qui passe du cerveau dans une des cavités de l’oreille, où il se ramifie en une infinité de filaments. C’est le mouvement imprimé à ce nerf auditif qui , transmis au cerveau, se traduit par le son.

Nous avons aujourd’hui à considérer le mouvement sonore dans sa production et sa propagation. Approchons une flamme de ce petit ballon de collodion, plein d’un mélange d’oxygène et d’hydrogène; le mélange gazeux fait explosion, et il n’est dans cette enceinte aucune oreille qui n’ait la conscience d’un choc, c’est-à-dire de cette impression qu’on nomme le son. Comment ce choc s’est-il transmis du petit ballon à vos oreilles ? Les gaz explosifs ont-ils lancé des molécules d’air jusqu’à vos nerfs acoustiques , comme une arme à feu lance une balle vers la cible ? Sans doute , dans le voisinage du ballon, il y a eu, entre certaines limites, une pro-

1 Suivant Helmholtz et du Bois-Raymond, la vitesse avec laquelle se transmet une impression conduite par les nerfs est de 29 mètres par seconde.

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