PRODUCTION ET PROPAGATION DU SON
pulsion de molécules; mais l’air qui choque l’air revient promptement au repos, et pas une des molécules d’air contiguës au ballon n’est allée frapper vos oreilles.
Voici ce qui s’est passé : — A l’instant où la flamme touche le mélange explosif, les gaz se combinent chimiquement, et leur union donne lieu à un fort dégagement de chaleur. L’air, à ce foyer intense de chaleur, se dilate tout à coup, repoussant violemment de tous côtés l’air qui l’environne. Ce mouvement de l’air très-rapproché duballon se communique rapidement à l’air situé un peu plus loin, en même temps que l’air mis d’abord en mouvement revient au repos. L’air, à une petite distance , transmet lui-même son mouvement à de l’air situé à une plus grande distance et reprend son premier état de repos. C’est ainsi que chacune des couches d’air qui entourent le ballon reçoit le mouvement de la couche d’air qui la précédait et le transmet à la couche qui la suit, sous forme de vague ou d’onde, et que l’impulsion sonore se propage de proche en proche à travers l’air.
Dans un air à la température de la glace fondante, l’impulsion sonore avance avec une vitesse de 332 mètres par seconde.
Le déplacement de l’impulsion ne doit pas être confondu avec le déplacement des molécules qui la constituent à chaque instant ; car, tandis que l’onde parcourt de grandes distances, les molécules d’air ne font que des excursions extrêmement limitées de va-et-vient.
La marche de l’onde peut être représentée par la transmission du mouvement à travers une rangée de billes de verre ou d’ivoire, comme celles dont on fait usage dans le jeu du Solitaire. On place [fig* 1) ces billes de verre dans une rainure, de manière que chacune soit en contact avec ses voisines. Prenant la dernière dans la main, on la lance contre l’ a Vcfti t- demi ère bille de la file. Le mouvement de cette pre-
LEÇON I
mière bille se transmet à la seconde , laquelle le transmet à la troisième, celle-ci à la quatrième, et ainsi de suite,
Fig. 1.
chaque bille revenant au repos après avoir cédé son mouvement à la suivante. La dernière bille de gauche seule se détache de la rangée, et s’éloigne. C’est précisément de cette manière que le son se propage de molécule à molécule à travers l’air. Les molécules qui remplissent la cavité de l’oreille reçoivent à leur tour le mouvement, et vont frapper la membrane du tympan , placée en travers du conduit qui aboutit au cerveau. Cette membrane, le tambour de l’oreille, est mise en vibration, le mouvement vibratoire se communique au nerf auditif, et, conduit le long de ce nerf, il arrive au cerveau, où il se traduit en son. Nous ne prétendons pas expliquer comment le mouvement de la substance nerveuse a la propriété d’exciter la sensation du son : c’est un mystère qu’il ne nous est pas donné d’approfondir.
Pour achever d’éclairer ce sujet, qu’il nous soit permis de recourir aune sorte de démonstration un peu trop familière, mais qui néanmoins a son utilité.
Supposons cinq jeunes écoliers, A, B, C, D, E {fig. 2), rangés en fde , chacun d’eux appuyant ses mains sur le dos de celui qui le précède. A est placé derrière B, B derrière C, etc. Tout à coup, on pousse de la main A, qui s’incline ; A pousse B, et reprend la position droite ; de même B pousse C, C pousse D, et D pousse E; chaque enfant, afprès