SON DANS LE VIDE
par une expérience mémorable , devant la Société royale de Londres. Il plaça une cloche sous le récipient d’une machine pneumatique, de telle manière que le choc du battant pouvait continuer de se produire après que l’air avait été épuisé. Tant que le récipient était plein d’air, on entendait le son de la cloche; mais on ne l’entendait plus, ou du moins il était devenu extrêmement faible, quand on avait fait le vide. Voici un appareil qui permet de mieux répéter l’expérience de Hawksbee. Sous ce récipient G G’ (fig . 3)1, pressé contre le
Fig. 3.
plateau d une machine pneumatique, se trouve un mouvement d’horlogerie avec sonnerie. Omépuise l’air aussi parfaitement que possible; puis, au moyen d’une tige rr , qui traverse le sommet du récipient sans permettre à l’air extérieur de s’y introduire, on lâche la détente qui retient le
1 Cet instrument très-efficace a été donné à l’Institution royale par M. Warren de la Rue.
LEÇON I
marteau. Le marteau frappe, vous voyez ses chocs répétés contre le timbre ; mais, à moins d’être placés très-près de l’appareil, vous n’entendez aucun son. Faisons pénétrer maintenant dans le recipient du gaz hydrogène , qui est , comme vous le savez, quatorze fois plus léger que l’air. Le son ne se trouve pas sensiblement augmenté par la présence de ce gaz, qui remplit cependant tout le récipient1. Si l’on continue la manœuvre de la machine , l’air devient encore plus raréfié ; on peut obtenir ainsi un vide plus parfait que celui de Hawksbee, et c’est un point important, car les dernières traces d’air ont une influence qui n’est pas négligeable. Vous voyez maintenant le marteau frapper le timbrer, mais vous n’entendez aucun son. Même en appliquant l’oreille contre le récipient vide, je n’entends pas le plus faible tintement . Vous remarquerez que la cloche est suspendue par des cordons, et non posée sur le plateau ; car, si elle était en contact avec le plateau, les vibrations se communiqueraient à la masse solide, qui les transmettrait à l’air extérieur. Tout ce qu on peut entendre , en concentrant son attention et plaçant son oreille le plus près possible du récipient, est un son à peine perceptible, conduit par les cordons qui suspendent la cloche. Laissons actuellement l’air rentrer dans le récipient, avec le moins de bruit possible. Vous entendez immédiatement un son d’abord très-faible, qui devient plus fort à mesure que l’air devient plus dense. Enfin, toutes les personnes ici présentes entendent distinctement le son de la cloche2.
A de grandes hauteurs dans l’atmosphère, l’intensité du
1 Leslie a fait le premier cette remarque. De l’air réduit par raréfaction à la densité de l’hydrogène transmet le son beaucoup mieux que ce gflz. Une atmosphère complète d’hydrogène ne rend pas perceptible le son d’une cloche, tandis qu’un quinzième d’atmosphère d’air le rend très-sensible.
2 En faisant tomber le faisceau de lumière de la lampe électrique sur des boules de verre remplies d’un mélange, à volumes égaux, de chlore et d’hydrogène, j’ai déterminé leur explosion dans l’air et dans le vide. La différence, quoique moins frappante que je l’avais imaginé, était cependant parfaitement marquée.