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VIBRATIONS LONGITUDINALES DES CORDES

cuir saupoudré de résine. Le frottement du doigt saupoudré de résine produit le même effet.

Pinçons le fil de notre monocorde en l’écartant et le lâchant; vous entendez le son produit par ses vibrations transversales. Maintenant frottons ce même fil avec un cuir saupoudré de colophane; nous entendons une note beaucoup plus aiguë que la précédente et qui est due aux vibrations longitudinales du fil. Yoici un fort fil de fer, d’environ 6 mètres de longueur; une de ses extrémités est solidement attachée à un montant de bois immobile, tandis que l’extrémité opposée s’enroule sur une cheville fixée aussi solidement. On peut tourner la cheville au moyen d’une clef, et donner ainsi au fil la tension nécessaire pour faciliter l’action du frotteur. Entourons le fil de la main armée du cuir saupoudré de résine, et imprimons à la main un mouvement de va-etvient ; un beau son musical, d’une grande vigueur, frappe immédiatement notre oreille. Serrons fortement le fil à son centre et frottons une de ses moitiés ; la note est maintenant l’octave de celle que nous entendions, la vitesse de vibration est doublée. Serrons le til à un tiersde sa longueur et frottons le plus petit des deux segments , la note est la quinte audessus de l’octave. Serrons à un quart de sa longueur, et frottons ce quart ; la nouvelle note est la double octave de la première, ou le produit d’une vibration quatre fois plus rapide. Ainsi pour les vibrations longitudinales comme pour les vibrations transversales, le nombre des vibrations exécutées dans un temps donné est inversement proportionnel à la longueur du fil.

Et remarquez la prodigieuse puissance de ces sons lorsque le fil est frotté vigoureusement. Raccourcissons le segment frotté, la note s’élève; raccourcissons encore, le son devient si perçant, et en même temps si intense, qu’à peine on peut le supporter. Ce n’est pas le fil lui-même qui pro-

LEÇON y.

duit ce son intense ; c’est le montant de bois auquel les vibrations sont transmises par le fil. Et comme les vibrations du fil sont longitudinales, celles du montant de bois doivent être transversales, puisque sa surface est à angles droits avec le fil. Nous avons ici un excellent exemple de la conversion de vibrations longitudinales en vibrations transversales.

Enlevons le chevalet qui a servi à serrer le fil et faisons-le vibrer encore longitudinalement dans toute sa longueur. Pendant qu’il vibre, un aide tournera la clef et fera varier la tension du fil. Vous ne remarquez aucun changement dans le son rendu. Une fois que le fil est assez tendu pour relier pleinement les points d’attache, les vibrations longitudinales, différentes en cela des vibrations transversales, deviennent indépendantes de la tension. Voici près du fil de fer un fil de laiton, de même longueur et de même diamètre. Frottons-les tous les deux. Leurs sons ne sont pas identiques ; le son du fil de fer est considérablement plus élevé que le son du fil de laiton. D’où vient cette différence? Simplement de ce que la vitesse des pulsations sonores est plus grande dans le fer que dans le laiton. Dans les conditions actuelles le mouvement de va-et-vient des vibrations se fait d’un bout du fil à l’autre. A un instant donné, les pulsations du fil exercent une poussée contre le montant ; dans l’instant suivant, elles tirent à elles ce même montant; et les tractions aussi bien que les poussées sont le résultat de pulsations qui se succèdent en sens contraires sur toute la longueur du fil. Le temps exigé par une pulsation pour parcourir tout le fil, dans un sens et dans le sens opposé , est la durée d’une vibration complète. Dans cette durée, le fil exerce une poussée et une traction sur le plateau de bois, à son point d’attache; le plateau de bois imprime à l’air une vibration complète, et sous l’action de l’air la membrane du tympan s’infléchit une

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