TUYAUX A ANCHES
orifice rectangulaire qui donne entrée au courant d air dans le tuyau. La figure 97 montre de quelle manière Tanche et
Fig. 97.
le tuyau sont associés. La face antérieure bc du compartiment contenant la languette flexible est une vitre qui permet de la voir. Un cône creux AB surmonte Tanche1. Le fil d’archal qui appuie sur Tanche sert à la raccourcir ou à, l’allonger, pour faire varier ainsi, entre certaines limites, sa vitesse de vibration. L’anche la plus en usage autrefois fermait l’ouverture en retombant simplement sur ses bords ; chaque pulsation de Tanche produisait un battement , et la succession de ces battements se traduisait par un son criard et perçant, qui altérait matériellement le son du tuyau
1 Les coupes de tuyaux et d’anches, représentées ici, ont été prises dans l’excellent ouvrage de M. Helmholtz.
LEÇON y.
d’orgue associé à l’anche. On diminuait cet inconvénient sans toutefois le faire disparaître complètement, en recouvrant les bords de l’anche d’une bande de cuir mou. Aujourd’hui l’anche généralement employée est X anche libre , vibrant entre les bords de l’ouverture qu'elle -remplit presque, mais non pas entièrement : on fait disparaître ainsi ce que le son présentait de désagréable .
Lorsque l’anche et le tuyau sont parfaitement synchrones, le son est plus pur et plus fort. Cependant, une certaine latitude est permise des deux côtés de ce synchronisme parfait. Si la discordance est trop grande, le tube ne sert plus à rien ; on n’entend que le son dû aux vibrations de l’anche.
On fait aussi usage, dans les tuyaux d’orgues , d’anches flexibles en bois, qui se prêtent assez bien aux exigences des tuyaux qui les surmontent. On trouve peut-être dans un tuyau de paille de froment la réalisation la plus simple d’une anche libre commandée par la colonne d’air. A la distance d’environ trois centimètres d’un nœud introduisons dans un
Fig. 98.
brin de cette paille , sr> [fig. 98), une lame de canif, jusqu’au quart à peu près du diamètre du tuyau, et en faisant avancer le tranchant à plat vers le nœud, séparons de la tige une petite languette de trois centimètres de long, cette languette rr' est l’anche et la paille est le tuyau. Il a actuellement 20 centimètres de longueur. Soufflons : le son rendu est vraiment musical ; coupons le tuyau et réduisons sa longueur à 15 centimètres, le son est plus élevé. Coupons de nouveau, la longueur est de dix centimètres