CLARINETTE ET FLUTE
et le ton s’élève encore. La longueur n’est plus que de S centimètres , et le son est très-aigu, très-perçant. Dans toutes ces expériences, une seule et même anche s’accommode aux exigences des diverses colonnes d’air.
La clarinette est un tuyau à anche. Elle n’a qu’une languette assez large associée à un long tuyau cylindrique. L’extrémité de l’anche est saisie par les lèvres, et sous leur pression la fente ménagée entre l’anche et les bords qui la portent se rétrécit au degré convenable. Les sons harmoniques de la clarinette diffèrent de ceux d’une flûte. La flûte, en effet, est un tuyau ouvert ; la clarinette est un tuyau fermé, l’extrémité à laquelle l’anche est appliquée correspond à l’extrémité fermée du tuyau. Les sons rendus par une flûte suivent l’ordre des nombres naturels, 1, 2, 3, 4, etc.; ou, ce qui revient au même, l’ordre des nombres pairs 2, 4, 6, 8, etc. ; tandis que les sons d’une clarinette suivent l’ordre des nombres impairs 1, 3, 5, 7, etc. On obtient les notes intermédiaires en pressant sur les clefs pour ouvrir les orifices latéraux de l’instrument. M. Wheatstone a le premier signalé la différence entre la flûte et la clarinette, et ses résultats s’accordent avec les recherches récentes de M. Helmholtz. Dans le hautbois et le basson nous avons deux anches inclinées l’une sur l’autre , formant entre elles un angle aigu, et que sépare une fente par laquelle entre l’air. Le tuyau du hautbois est conique , et ses sons harmoniques sont ceux d’un tuyau ouvert, différents, par conséquent, de ceux de la clarinette. L’extrémité pulpeuse d’un brin de paille de blé vert peut être fendue de manière à former une anche double analogue à celle du basson ou du hautbois, et il rend un son musical. Dans le cor, la trompette et le serpent, les lèvres de l’exécutant remplissent la fonction de l’anche. Ces instruments sont formés de longs tubes coniques , et leurs sons harmoniques sont ceux d’un tuyau d’orgue ouvert. Les
LEÇON V
anciens instruments de ce genre étaient limités aux sons harmoniques, et la production de l un ou l’autre de ces sons dépendait de la force du souffle, comme aussi de la tension des lèvres. Il est d’usage aujourd’hui de combler les intervalles entre les sons harmoniques au moyen de clefs, qui permettent à l’exécutant de faire varier à volonté la longueur de la colonne d’air vibrante.
Le plus parfait des instruments à anches est l’organe de la voix. Chez l’homme, cet organe est placé à la partie supérieure de la trachée-artère, dont la tête est disposée de manière à prêter des points d’attache à certaines bandes ; élastiques qui en ferment presque l’ouverture. Lorsqu’un courant d’air venant des poumons force l’entrée de la fente qui sépare ces bandes ou cordes vocales , elles en trent en vibration ; en faisant varier leur tension on change la vitesse de vi- ; bration, et le son rendu est plus ou moins élevé. Les vibra- J tions des cordes vocales ne sont pas pratiquement affectées par la résonnance de la bouche. Cependant nous verrons plus loin que cette résonnance, en renforçant l’un j ou l’autre des sons des cordes vocales, exerce une influence i frappante sur le timbre de la voix. La douceur et le moelleux ! de la voix humaine dépendent de la fermeture exacte, à in- !j tervallés réguliers, de la fente de la glotte durant la vibration. Si l’appareil de la voix que vous entendez actuellement se montrait à vous, vous constateriez sans doute, ou que les bords des cordes vocales sont plus ou moins éraillés, ou qu’elles frottent l’une contre l’autre, ou qu’elles ferment imparfaitement la fente pendant leur vibration; I et la dureté de sons que vous supportez si patiemment vous j serait ainsi expliquée.
On peut éclairer les cordes vocales et les rendre visibles j à l’aide d’un miroir convenablement placé au fond de la ( bouche. Nous avons essayé de projeter sur un écran l’image