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SONS VOYELLES

Quelle est donc la qualité qui rend cette distinction possible? Dans l’année 1779, l’Académie de Saint-Pétersbourg fit de cette question un sujet de prix, décerné à Kratzenstein, qui était heureusement parvenu à imiter les sons-voyelles par des dispositions mécaniques. A la même époque, Yon Kempelen, de Vienne, fit des expériences semblables, mais mieux organisées. La question fut reprise plus tard par M. Willis, qui dépassa tous ses prédécesseurs dans sa solution expérimentale. La théorie des sons-voyelles a été établie pour la première fois par M. Wheatstone, et tout récemment M. Helmholtz en a fait une étude approfondie, qui ne laisse plus rien à désirer. Avec les connaissances que déjà vous avez acquises, vous trouverez peu de difficultés à comprendre l’origine de ces sons mystérieux.

Voici une anche libre ajustée dans une cloison, à laquelle aucun tuyau n’est encore associé. Installons-la sur un sommier acoustique et forçons l’air à la traverser ; elle parle avec une grande énergie. Adaptons maintenant à la cloison un tuyau pyramidal : vous constatez qu’un changement est survenu dans le timbre, et si nous appliquons la main à plat sur l’extrémité ouverte du tube, nous serons frappés de la ressemblance du son rendu avec celui de la voix humaine. Ma main restant appliquée sur l’extrémité ouverte du tube, de manière à le fermer entièrement , élevons-la et abaissons-la deux fois dans une succession rapide ; nous entendrons le mot maman aussi clairement que s’il était prononcé par un enfant. Ace tube pyramidal, substituons en un autre plus court, et répétons l’expérience. Nous entendons encore le mot a maman, » mais articulé comme il pourrait l’être par un enfant dont le nez serait bouché. En associant à une anche vibrante un tuyau convenable, nous pouvons donc donner aux sons de l’anche les qualités de la voix humaine.

Cela posé, dans l’organe de la voix humaine, les cordes

LEÇON y.

vocales forment une anche associée à la cavité sonore de la bouche, dont la forme se modifie de manière à résonner à l’unisson, soit du ton fondamental, soit de l’un quelconque des sons harmoniques. Grâce à l’intervention de la bouche, nous pouvons produire ensemble le son fondamental et les sons harmoniques de la voix dans diverses proportions, et ce sont ces mélanges qui donnent naissance aux différents sons voyelles. Yoici une série de diapasons; excitons l’un d’eux, et le plaçant à l’entrée de la bouche, ajustons les dimensions de cette cavité de telle sorte qu’elle résonne à l’unisson du diapason ; cela fait, éloignons le diapason, et sans rien changer à la forme ou aux dimensions actuelles de la bouche, émettons l’air par la glotte. Le son, sortant ainsi de la bouche, se trouve être la voyelle ou, et pas un autre. Prenons un second diapason, excitons-le, tenons-le.en face de la bouche, puis ouvrons-la ou fermons-la, jusqu’à ce qu’elle résonne à l’unisson du diapason. Retirons le diapason, faisons sortir l’air par la glotte, et le son voyelle o sera le seul que nous puissions émettre. En réglant l’ouverture de la bouche sur un troisième diapason, et soufflant à travers le larynx, nous ferions entendre le son ah ! sans pouvoir en faire naître un autre. Dans ces trois cas, les cordes vocales sont restées constamment dans les mêmes conditions ; elles ont engendré le même ton fondamental, les mêmes sons harmoniques, et la différence entre les sons rendus provient uniquement de ce fait, que dans les divers cas des sons différents ont été renforcés par la résonnance de la bouche. Donders a prouvé le premier que la bouche résonne d’une manière différente pour les différentes voyelles.

En conservant le même son fondamental, par l’addition d’autres tons, nés des variations d’intensité, soit du ton fondamental, soit d’un ou de plusieurs de ses harmoniques, nous pouvons changer la qualité dû son, et il n’est pas dou-

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