ACTE PREMIER
ELISABETH
Noble enfant!... Oui, je connais ton amitié dévouée.., mais dans cette circonstance^tt-lfauras pas à m'en donner de nouvelles preuv£St<. et puis, tiens, vois, Olivia...
i,,*^ Elle lui montre des parchemins,
OLIVIA
Des blancs-seings du grand shériff !..•
ELISABETH
Dont ma prudence est toujours munie... et je n'aurais qu'à tracer quelques lignes au-dessus de la signature pour qu'on fût tenu d'obéir, de nous porter secours et sans savoir qui no^s sommes... Mais nous n'en aurons pas besoin (Écoutant.^, car l'orage se calme; avant une heure nous serons rentrées à Londres ou à Richmond, et la fin de la nuit nous semblera plus douce, après la tourmente qui en a trdfiblé le commencement.
^OLIVIA
Oui, mais demain, demain, quand on nous demandera...
ELISABETH, avec fierté,
Qui oserait m'interroger? \
Vous, Madame, personne; mars moi, on l'osera... il l'osera, lui !...
ELISABETH
Ton noble chevalier? Gomment! i\ est jaloux à co point?...
Archives de la Ville de Bruxelles Archief van de Stad Brussel
OLIVIA, montrant des fleurs qu'elle porte à sa ceinture
Oui, Madame, et, pour comble de malheur, il faut encore que, ce malin, il m'ait offert ce bouquet, en me disant : « Ce soir, quand vous l'aurez porté de longues heures, vous m'en donnerez une fleur pour embaumer ma nuit et enchanter mes rêves ! »
ELISABETH
Eh bien, tu le lui donneras tout entier demain... Et, maintenant que l'orage est tout à fait dissipé, que nos poursuivants ont perdu nos traces...
OLIVIA
N'attendons pas que la nuit soit plus avancée... j'ai une peur horrible, ici.
^/ ELISABETH
Eh bien; sortons, Olivia, et à la garde de Dieu!..
. Elles remettent leur masque et font un mouvement pour sortir.