ACTE PREMIER
je leur fausse compagnie... Il ne sera pas dit que vous m'aurez relancé pour rien jusqu'à la taverne de la Sirène.
ELISABETH
Que voulez-vous dire ?
Je renonce au banquet... Il est vrai que, sans moi, on boira peu, on rira peu, on chantera peu et on ne cassera pas beaucoup; mais, qu'importe ! je vous emmène !-..
OLIVIA
Où donc?
FALSTAFF, mystérieux.
Dans ma maison de Richmond, sur la lisière du parc royal.
OLIVIA, à part.
Oh ! alors, nous serions sauvées !
ELISABETH, à part.
Manquer une aussi belle occasion de m'assurer par moi-même...
FALSTAFF, à Olivia et Elisabeth.
Eh bien ? Qu'est-ce que vous dites de ça ?... Nous improviserons un petit souper fin! car, en ma qualité de garde-chasse général de Richmond, je mange les meilleurs chevreuils de la reine, (a Elisabeth.) La reine ne les compte pas.
ELISABETH, se plaçant devant lui.
Ah!
U LE SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ
FALSTAFF
Oui. (a Olivia.) Vous goûterez les plus beaux fruits du potager royal; je ne laisse à la reine que la seconde qualité, (a Elisabeth, en riant.) La reine ne s'en doute pas.
Ah!
FALSTAFF
Oui.
ELISABETH, à part,
Les résidences royales ont besoin de grandes réformes.
FALSTAFF
Eh bien, accepte-t-on?
OLIVIA, bas, à Elisabeth.
Il le faut... A Richmond nous serons plus en sûreté qu'ici. (Haut.) Nous acceptons !...
FALSTAFF, à part.
J'en étais sûr... Je n'en manque pas unel
ELISABETH, à Olivia.
Allons, puisqu'on le veut...
FALSTAFF, offrant son bras à Olivia.
Je suis le plus heureux des hommes ! (Musique piano. — Regardant au fond.) Que vois-je? des flambeaux!
FALSTAFF
Trop tard! Il est trop tard!... C'est Shakspeare avec nos convives.