SCÈNE VII SHAKSPEARE, ELISABETH
SU \ K SPE ARE, l'apercevant et au comble du délire
Mais, grand Dieu ! la voilà! c'est elle! 0 mon idéale beauté !
Oui, je t'ai rendue immortelle 2t tu parais à mon œil enchanté !
70 LE S0N0K D'UNE NUIT D'ÉTÉ
ELISABETH
Non, je ne suis pas Juliette.,.
Écoute-moi !..
Iléveille-toi, poète, Réveille-toi !
SHAKSPEARE, Qui donc es-tu?
Moi, je suis le génie Que le désordre exila de ton cœur...
Et l'Angleterre, oui, ta noble patrie, Veut rappeler son poète à l'honneur.
A m'obéir que ton âme s'apprête.
Écoute-moi !
D'un long sommeil réveille-toi, poète;
Réveille-toi !
SHAKSPEARE
Dans quel trouble ta voix me jet'.el Mon génie, as-tu dit?... C'est d'une voix secrète
Qu'il me parlait dans le soupir des bois!... D'où vient que je l'entends en écoutant ta voix ?
ELISABETH
C'est qu'outragé par toi, noble et divin transfuge, Il a dû te quitter pour devenir ton juge !...
SHAKSPEARE
Non, je rêve ! l'ivresse a troublé mes esprits !...
ELISABETH
0 Shakspeare, cette heure est pour toi solennelle !.
SHAKSPEARE
Céleste vision, dont les anges épris,
Contemplent la grâce éternelle,