ACTE TROISIÈME ÎO'J
SHAKSPEARE
Et tes rêves t'impressionnent-ils comme la réalité?
FALSTAFF
Absolument.
SHAKSPEARE
De sorte que l'illusion persiste après le réveil?
Tout à fait.
SHAKSPEARE
A ce point même que la vérité n'est pas plus saisissante ?
FALSTAFF
Au point, cher ami, que, pas plus tard que la semaine dernière, ayant rêvé d'une amoureuse aventure où j'avais reçu d'un mari mal élevé une volée de coups de... je passe le mot... et où je m'étais foulé le pied en sautant d'un balcon, le lendemain, au réveil, je boitais en faisant mon service àRichmond!
SHAKSPEARE, vivement
Richmond!... Il y a, n'est-ce pas, un parc merveilleux à Richmond ?
FALSTAFF
Un parc féerique.
SHAKSPEARE
C'est toi qui en as la garde, n'est-il pas vrai?
FALSTAFF
Oui 5 cher ami.
SHAKSPEARE
Y étais-tu celte nuit ?
FALSTAFF
Oui, j'y étais.
SHAKSPEARE, à part, avec joie.
Ah! (Haut.) Et pourrais-tu me dire ce qui s'y est passé?
FALSTAFF, s'oubKant et frémissant.
Il s'y est passé des choses !
SHAKSPEARE, à part.
J'étais, pardieu, bien sur de ne pas me tromper! (Haut.) Il s'y est passé des choses ?...
FALSTAFF, qui s'est ravisé, d un ton naturel
Mon Dieu, des choses fort ordinaires.
SHAKSPEARE
Ah!... Mais quoi? qu'est-il arrivé?...
FALSTAFF, vivement.
Les cerfs ont bramé, le rossignol a chanté, le zéphir a soupiré, les insectes ont bourdonné et le feuillage a frissonné... (a part.) et moi aussi!
SHAKSPEARE, stupéfait.
Et rien de plus ?
FALSTAFF
Rien de plus.
SHAKSPEARE
Tu n'y as pas vu miss Olivia ?