IS
Pendant votre sommeil il y a autour de vous, Le fusil à l'épaule, et l'oeil fixe, il y a nous ! Ne' crains rien, mon petit, insouciant, mijote Pendant que les aïeux daijs Tatmosplière flottent Et te baisent au front conmie un tendre zépliir ; A])prendre à sommeiller, c'est apprendre à mourir Xe crains rieu, le zéphir tournerait en tempête Si l'ennemi voulait t'assaillir en cachette. Alors que tu es là sur ton lit bien couché, Les ancêtres sur toi tout doucement penchés Kamènent sur ton corps couvertes et flanelles,
(Position militaire)
Et pendant que tu dors, servent de sentinelles î. . ,
(Un temps. . . La musique joue)
Le Conscrit :
Oh î le beau rêve, rêve d'or I . . .
Continuez de parler, ancêtres ; Oh I ne vous taisez pas en cor I Votre douceur en moi pénètre Quand vous r.^e parlez doucement
(à Cliamplain) Et je vous prends i)our ma maman.
•Te suis tout ]>etit, minuscule Quand je suis seul, et j'ai bien froid ; Mais je deviens un Hercule Dès que vous approcliez de moi ; Je sens ma taille en la pénombre Qui se j)ro]()ii^e de vos ombres I...
Vanez à moi, ô mes a'ieux I De vous j'ai toujours été digne ; \'ous vous êtes montrés des preux.
Aujourd'hui je vous contresigne.
Au calomniateur nous dirons :
"Souviens-toi de Carillon I"
(La musique commence "O Carillon")
''() Carillon, je te revois encor.''
Continuez de ])arler. ô mes ancêtres !... Oh î le rêve tro]) l)eau, le rêve d'or !. . . Votre douceur en mon âme pénètre Qnand vous me parlez doucement Et je vous ju-ends pour ma maman.
Champlaîn >:
C'est parce que je sais les besoins de ton âme Que je suis venu pour te montrer le programme Que nous avons suivi, nous les aïeux, jadis, Et que tu dois anjourd'Iiui suivre, mou fils.
(l'eiuljuit los vei-is .suivants Cliamplaiu disparaît.)
Le Conscrit :
Et nous le suivrons tous, ô Chamjdain, je le jure ! Comme nos aïeux nous agirons en droiture. Ce n'est pas ]K)nr rien que dej)nis trois cents ans Notre Chien d'Or à nous ronge un os lentement. C'est en rongeant cet os, dit-on, qu'il se repose : Mais un jour viendra où pour la Grande Cause, A|)rès s'être etï'ilé les dents après cet os (se levant soudain)
Il fera de l'os boche un superbe fricot,
(Un temps... la musique commence à jouer les airs canadiens les plus entraînants et les plus gais.)
Mais ce jour point là-bas pardessus cette tente. Dans un instant la nuit aura ])ris la tangente I Je ne dors plus du tout, je suis bien éveillé. Mais par où donc Chani])lain a-t-il bien ])u passer ? 11 était là, c'est sûi-, tout à l'heure en mon rêve. Oh ! le beau rêve, mais tous les rêves s'achèvent. (2u'im])orte, puisqu'il m'a mis au ventre du coeur. C'est le jour, c'est le jour, 6 coqs chantez en choeur !
(La musi<iue joue "A la Claire Fontaine) C'est le jour de la race là-bas qui se lève, J^t les voiles à l'est, voici qu'on les enlève. I*en(lant la nuit, c'est aux ancêtres de parler. Mais le jour c'est à leurs fils de les égaler î Chantez': ^'O Carillon", ^'A la Claire Fontaine",
(La musique joue "Isabeau")
Chantez si vous voulez ''Isabeau s'y i)romène..." Il faut des chants et des fleurs pour tous les conscrits, (2 ne les aii-s canadiens forment un pot-pourri Lors(pH^ nous partirons I... (^ue personne ne pleure, Pas même les mamans ; car vers notre demeure Nous i-eviendi'ons un jour, le devoir accompli Consci-vant du draj)ean dans nos coeurs les replis. Oli ! nons a nions peut-être laissé quelque membre, l'n bras, un doigt, un oeil dans la Meuse ou la Sambre Pent-êti-e serons-nous boîteiix, nmis, bons papas, Tsons ferons des enfants (\\û ne boiteront pas I