JOHN , YORICK
JOHN
Yorick!... { Y orick reste absorbé,) Ami, ami!... que fais-tu donc?
YORICK , sortant de sa réflexion. 4 Je cherche par quel moyen nous pourrons les soustraire à la vue des perquisiteurs.
JOHN
Toi qui disais tout-à-l'heure : Pas de pitié pour les nobles !...
YORlCK.
Alors je ne savais pas que ta bonne Clary...
JOHN , précipitamment.
Leur salut est dans tes mains, Yorick !
YORICK
Que faut-il donc que je fasse?... dis!...
JOHN
Te sens-tu assez de force pour résister à un grand malheur?
YORÏCK.
Il n'y en a qu'un qui me tuerait.
JOHN
Lequel ?
YORICK
Je mourrais si je perdais ma fille.
JOHN
Tu nela perdras pas ; mais si tu apprenais qu'elle a été trompée , et que son époux est un infâme ?
Que dis-tu ?
JOHN
'^ Que ferais-tu ? réponds.
YORICK
•^ Je m'accuserais de son malheur, j'emploierais le reste de ma vie à l'en consoler. —
JOHN
Donne-moi donc la lettre de William.
YORICK , avec surprise, La voici.
JOHN
Je voulais le laisser encore quelques jours d'incertitude et d'espoir et te préparer à ce chagrin; mais , aujourd'hui que le salut de ma Clary dépend de cette révélation... écoute donc, Yorick, ce qu'on écrit à l'époux de ta fille.
YORICK
Je t'écoule, John.
3011^ , lisant.
c( Au moment où de nouvelles persécutions vont « avoir li««i contre les nobles, je peux, par mi- «( ra^e, assurer ta fuite. »
YORICK
Il est noble?