PROLOGUE , SCÈNE VII
Je ne me trompais pas quand je te disais que son visage allait mal avec l'habit de Touvrier.
JOHN , continuant,
« Je ferai facilement ma roule, moi qui me suis <( fait archer... Je t'envoie un sauf-conduit que le « parlement adressait à un de nos officiers, et dont « je me suis heureusement emparé ; il l'avait de- « mandé pour lui et sa femme. Afin de mieux « tromper tout le monde, entraîne avec toi la (( paysanne qu'à l'aide de tes faux papiers tu as « épousée si à propos pour te soustraire aux enrô- « lements. Une fois hors de danger, tu la renver- « ras à son père ; enfin, qu'elle protège aussi bien « ta fuite que notre correspondance. » [Parlant.) Et joint à cela , le sauf-conduit.
YORICK
Le misérable !
JOHN
Écoute la fin , Yorick !... [Lisant,) « Quant à la « cassette du roi!... quant à la cassette du roi , j'en (( ai brûlé le bois, fondu les ornements ; les cent « mille guinées sont en route pour l'Amérique , et « notre rendez-vous est à Terre-Neuve. »
YORICK
Quoi ! ces deux nobles qui ont livré le roi...
JOHN
Et qui ont volé son or... William est l'un d'eux, Yorick !
YORTCK , avec desespoir.
Qu'ai-je donc fait à Dieu pour qu'il me frappe ainsi?...
Dieu t*a bien inspiré , car cet homme nous appartient avec son secret.
2S LE SONNEUR DE SAINï«^PAUL.
YOBicK , pleurant.
Il est répoux de ma fille...
JOHN
Il la rendra libre , nous l'y forcerons... Les faux papiers dont il s'est s^vi pour dev^joir son époux lui serviront pour signer un divorce... ou nous ferons Sara veuve.
YORiCK , précipitamment.
J'y songeais^ John...
JOHN
Et de ce sauf-conduit , que vas-tu faire, Yorick ?
YORICK , désignant la maison.
Il y a là deux proscrits qui l'attendent , John !
JOHN , avec effusion.
Embrasse-moi , Yorick ! . . .
YORICK
Viens donc, John!... qu'ils parlent... et que Dieu /"^les conduise !... Ne dis rien encore à Sara.
JOHN
Non... elle a déjà trop souffert.
YORICK
Prends ce papier, John, le temps presse... ej;^-—
(Ils entrent précipitamment dans la maison. Un homme grossièrement vêtu entre rapidement en scène après les avoir suivis des yeux.)