JOHN, CLARY
/ JOHN
Tiens, ma Clary ; viens, qu'un dernier instant nous appartienne.
CLARY
Ce dernier instant , John , il faut l'employer à tout dire à mon père ; il faut qu'il sache que je t'aime, que je suis à toi.
Non , ma Clary , non , cela.4)0urrait le désespérer : il lui faut tout son calme , tout son sang-)(j:ûid^>-|i pour ce dernier effort qui ^ousj^^^rvej^J^^ce no- \\ ble vieillard qui a bravé.jaOTllTn^^ qui brisé \ par la fatigue et Vëftr6Uon , va s'exposer une dernière fois j Âl fautes paroles d'espoir , mais pas un^ mot qui accabîel congé, Clary, que, s'il était ar-' rôté , ce n'est pas un jugement qu'il aurait à subir , mais l'exécution d'un arrêt prononcé depuis longtemps. Oh ! ne tuons pas son courage, ne retardons pas d'un instant son départ. Il est attendu, nous a-t-li dit , par un bâtiment français qui vous conduira à Saint-Domingue ; c'est là que nous nous retrouverons, Clary?
CLARY
Mais ne peux-tu nous suivre?
JOHN
C'est impossible , hélas ! les chemins me sont fermés; mais dans quelques jours, après de vaines recherches , on rouvrira les ports , et je partirai ; je quitterai cette mortelle solitude pour aller retrouver la vie où tu vivras...
CLARY
Où devra vivre notre enfant.
JOHN
Notre enfant ! Je partirai , Cîary , dussé-je devenir ou valet ou mendiant ; j'irai recevoir la malédiction de ton père s'il doit me maudire ; car alors tu lui auras dit notre fatal amour.
CLARY
Mais si tu ne venais pas, John, si Tun de nous mourait en chemin ?
JOHN
Quelle horrible pensée !
CLARY
Non , je ne puis te quitter.
JOHN
■^ Et ton père ?
CLARY
Mon père , mon pauvre père î II a tout sacrifié , lui.
JOHN
Pendant six mois, à chaque heure, chaque minute , il exposait sa vie pour toi.
CLARY
Oui, je dois me taire ; je lui cacherai mon amour, mes regrets ; je te quitterai, John , et j'attendrai (jue le danger soit passé , pour lui dire : Mon père , j'appartiens à John, que j'aime, non par recou-