SCENE PREMIERE
YORICK , SARA , 'puis CL ARY , puis JOHN.
(Au lever du rideau, Yorick et Sara descendent la colline et se dirigent vers la maison de John.
YomcKj marchant droit à la porte, et frappant deux coups, A Sara en lui tendant la main.
Du courage, mon enfant.
SARA
Oh ! j'ai bien peur, mon père ! qu'allons-nous apprendre? ^
YORICK
Rien de plus affreux que notre incertitude, que mes soupçons, Sara, que toutes mes craintes. 'D'ailleurs, John , à qui je vais me confier , est un ami sage , fidèle... Mais il ne vient pas.
SARA
Ne vous souvient-il pas , mon père , que John nous a recommandé de frapper toujours à celte fenêtre, et non à cette porte?
YORlCK.
En effet!... J'ai la tête si troublée... [Il frappe à la fenêtre et prête V oreille.) On vient !
(La porte s'ouvre, Clary paraît.)
CLARY
Yorick! Sara! sitôt!... (Elle leur tend la main.)
YORICK
Oui, ma belle Clary ; Yorick, arrivéde Galloway seulement cette nuit.
CLARY
Et déjà près de nous ! que vous êtes bons tous deux!... Mais, je m'étonne que Sara soit venue sans son mari; sans son mari, queje n'ai pas encore vu, moi, et que je voudrais connaître, car c'est un nouveau venu dans la famille.
YORICK
Depuis deux mois que j'ai marié ma fille, j'ai eu tant de voyages à faire à la ville !
CLARY
Mais, Sara pouvait venir avec son mari, car maintenant elle a un guide en votre absence. YORICK , embarrassé.
C'est que il y a deux lieues du village à la maison de John. Enfin, pour ne plus mériter de reproches, aujourd'hui nous sommes venus sitôt mon arrivée.
CLARY
Et je vous en remercie. Quantàl'épouxdeSara, je le connaîtrai plus tard. John se repentira d'être sorti dès le point du jour.
YORicK y avec inquiétude.
Il est absent?
CLARY
n est seulement allé chasser et ne tardera pas à revenir... {L apercevant au fond.) Mais, le voici. (John, vêtu comme un chasseur écossais, fusil sous le
bras , paraît au fond ; il reconnaît Yorick et descend
rapidement vers lui.)
Yorick, je te croyais encore sur la route de Galloway.
YORICK
J'en suis arrivé cette nuit.
JOHN
Contre l'habitude de tous les muletiers, tu ne te