‹ Le sonneur de Saint-Paul, drame en quatre actes précédé d'un prologueChapitre 4 sur 106 · PROLOGUE, SCÈNE I · texte numérisé non relu

PROLOGUE, SCÈNE I

fais jamais attendre toi. [Allant à Sara.) Et ma bonne Sara, toujours heureuse?

YORiCK , à part , et avec chagrin.

Heureuse !... (Remarquant que Clary va sortir.) Vous nous quittez, Clary?

CLARY

Je vais vous chercher un pot de bière ; vous avez fait longue route.

JOHN

Merveilleusement pensé !

(Clary rentre dans la maison.) YORICK , la suivant des yeux.

Ah ! que tu peux te vanter d'avoir une bonne femme !

JOHN , avec amour.

C'est mon trésor.

YORICK

Et que tu sais bien la rendre heureuse !

Je serais bien embarrassé s'il fallait faire autrement.

YORICK, la regardant entrer en scène.

Et puis, elle est si belle !

JOHN, bas.

N'est-ce pas, qu'elle est bien belle ?

CLARY , remarquant qu'on l'observe.

Qu'avez-vous donc à me regarder ainsi ?

YORICK

Je regarde si... je... [Il parle bas à John. — Haut.) 11 est bien naturel que je m'inquiète de cet enfant-là, puisque j'en dois être le parrain.

JOHN

Oh î oui, Yorick , toi , mon bon, mon seul ami ; asseyons-nous.

(Ils s'asseyent et se versent à boire.)

s LE SONNEUR DE SAINT-PAUL,

YORICK

Oh ! oui, je serai son parrain, et pendant les six mois qui vont courir , car dans six mois, John, tu seras père.

JOHN

JeTespèrebien.

YORICK

• Pendant ces six mois-là, je veux chaque semaine épargnerun scehiling, afin de pouvoir lui faire un beau baptême à mon filleul ; peul-êlrebien que ça lui portera bonheur ; et après ça , qu'yen feronsnous de cet enfant-là?

CJohn et Clary se regardent avec inquiétude.)

JOHN

Héïas! Yorick, la destinée d^un enfant est écrite là-haut ; ce qu'il y a de certain, c'est que nous commencerons par bien Taimer tous»

YORICK

Oui , oui : il faudra lui donner de Féducation „ lui faire apprendre à lire , par exemple , car il y a des circonstances...

JOHN

Tu en conviens donc aujourd'hui , loi qui n*as jamais voulu l'apprendre, ni le faire enseigner à ta fille?

YORICK

Je m''en repens aujourd'hui, mais, après tout, à quoi t'a jusqu'à ce jour servi cette science à toi , qui as passé cinq années entières à Londres, qui fy es instruit, qui t'y étais fait une position, et qui as bientôt tout abandonné pour revenir vivre ici du produit de ta chasse, au fond de TEcosse, comme le plus ignorant de ses paysans?

JOHN

J'avais le mal du pays quand j'étais là-bas.

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