ACTE I, SCÈNE IIL
qui ne sait pas ce que ramour peut amener de douleurs ! mais , tous ceux qui aiment ne sont pas condamnés. Le lieutenant Henri estloyalet sincère... Mon Dieu ! préservez-la.
MARIE, entrant.
Me voici ! Quoi ! vous étiez seul?
JOHN
Qui donc supposais-tu près de moi ?
MARIE
Deux inconnus que j'ai laissés dans cette chambre...
JOHN
Que voulaient-ils?
MARIE
Seulement un abri pendant l'orage.
JOHN
Sans doute ils se sont remis en route depuis que le soleil a reparu.
MARIE
Mon père , Henri doit venir aujourd'hui ?
JOHN
Oui , mon enfant.
MARIE
Et pour le recevoir, je me suis faite bien belle,
JOHN
Je l'avais deviné.
MARIE
Donnez-moi donc vos mains, mon père, et voyez comme je suis bien parée.
JOHN
Voyons , débarrasse-moi de ce livre. [Marie lui prend le livre des mains , le met promptement sur une table et s'agenouille près de lui. John pose les mains sur sa télé.) Des rubans , des fleurs dans tes cheveux ! [Marie lui met les mains sur son col.) Un
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collier ! puis à tes bras... (Il lui prend les bras.) des bracelets de velours ! [Lui embrassant le front avec un profond soupir.) Oh ! que tu dois être belle ainsi !
MARIE
Quand vous me verrez , mon père, peut-être serez-vous bien trompé.
JOHN
Quand je te verrai ^ dis-tu ? oh ! oui , dans deux ans, n'est-ce pas, quand tu seras Tèpouse d'Henri et quand vous m'aurez conduit tous deux à Francfort auprès de ce savant Jérôme Albinus , qui ne craint pas de se vanter de rendre la vue aux aveugles?...
MARIE
Non , mon père , mais avant cela... Oh ! j'ai promis le secret , mais , je ne puis me taire.
JOHN, impatient. Eh bien !
MARIE
,. Henri a appris que le fils et l'héritier delà science de ce fameux médecin est maintenant à Londres. Il le fait chercher et veut l'amener près de vous.
JOHN
Pauvres enfants, merci... j'ai déjà trouvé dans votre sollicitude la preuve de votre tendresse pour moi; mais, ne vous bercez pas d'un fol espoir; c'est une chose horrible que la déception ; ne l'appelez pas, mes enfants, et songez que Dieu nedonne qu'une fois la vue comme la vie... toutes les paroles de ces prétendus sa vans ne sont que mensonge et vanité ; et, d'ailleurs, (Pleurant.) depuis quinze ans , n'ai-je pas appris à vivre dans l'obscurité ? à marcher lentement en cherchant mon chemin ? n'ai-je pas fait de ma demeure le tombeau calme