ACTE I , SCÈNE IIÎ
et silencieux d'un vivant? et que ferais-je de la vue? [Se levant précipitamment.) Ce que j'en ferais, grand Dieu! oh! je chercherais dans toute l'Angleterre un homme qui y respire peut-être encore, puis j'irais en Amérique pour y chercher la tombe de Clary, puis je retournerais en Ecosse dans la cabaneoùje l'aimais autrefois. (^î;ec^raw5- /?or^) Si je retrouvais la vue, seulement pour une heure,un instant, sije pouvais seulement te voir, toi, pauvre ange qui m'accompagnes, si je pouvais entrevoir le ciel et la verdure^apercevoir des gens qui passent , un enfant qui sourït , et puis un peu de soleil... oh ! ce serait trop de bonheur , et je n'y survivrais pas.
MAmE.
Monpcre!
Oh ! ne crains rien , mon enfant! va ! rendre la vue à un aveugle , ce serait tirer un cadavre de sa tombe , et lui rendre son àme exhalée... oh ! malheur aux hommes vains et hardis qui osent se vanter de pétrir des miracles dans leurs n^ains ! Il n'y a que Dieu, mon enfant, qui puisse ressusciter les morts.
MARIE
^ Mais, il vaut mieux douter que nier, mon père ; a science a ses miracles aussi...
JOHN
Oh î ne me dis pas cela , mon enfant , ne me dis aniaiscela ; car, malgré moi , un fol espoir tue ma désignation, et je souffre horriblement alors... n'y ongeons plus, Marie.
MARIE, à part.
Comme cela le fait toujours souffrir î (A John.) ^on , n'y songeons plus , mon père. (Cherchant à
changer la conversation.) Quel est donc ce livre que vous teniez à la main ?
JOHN
Un livre... ah ! oui , c'est un livre oublié dans le clocher de l'église par un étranger qui est venu le visiter ce matin ; il ne tardera pas sans doute à le venir réclamer... serre-le soigneusement.
MARIE, prenant le livre.
Je vais le mettre auprès de ma bible. [Elle traverse la scène en regardant le livre,) Que vois-je?
JOHN
\ Qu'as-tu donc ?
MARIE
Vous ne savez pas ^ mon père, ce que c'est que ce livre ?
JOHN
Quoi donc? '
MARIE
Oh ! pardon ! j'oubliais... je ne dois pas vous le dire...
JOHN
Mais, qu'est-ce donc?
MARIE
Rien, mon père.
JOHN
Mais, dis-moi, cela m'inquiète.
MARIR.
Non , je ne dois pas... vous auriez le droit de me gronder.
JOHN
Non , je devrais blâmer seulement ma curiosité.
MARIE
Vous le voulez?
JOHN
Je t'en prie.