SCENE VI
JOHN, LORD BEDFOKÏ.
BEDFORT, entrant pensif du fond.
Lady Bedfort s'est enfin rendue.... heureusement!... j'aurais été fort embarrassé si elle avait Ï)référé le divorce à la soumission ; mais lord Henri, ui , résiste à sa mère ; je ne l'aurais pas cru. [Il s'assied.) Ludlow avait raison , il faut queje pèf e de Marie soit compromis... puisque lord Henri ne trouve pas que la misère soit un suffisant déshonneur... nous leur en ferons un autre...
JOHN , s' approchant.
Mylord comte de Bedfort...
BEDFORT, à part.
Lui ! chez m^oi ! [Haut.) Qui êtes- vous?
Je suis le sonneur de Saint-Paul.
BEDFORT
Qui vous a amené près de moi? répondez. »
JOHN
Votre fils, mylord.
BEDFORT
Lord Henri!
JOHN , précipitamment.
Oui, mylord, mais il ne sait pas quel est le motif qui m'amène.
BEDFORT
Et moi, je veuxle savoir... hâtez-vous... parlez î
JOHN
Vous le savez bien, mylord.
BEDFORT
Moi?... je ne suis pas un devin... Au fait, que voulez-vous?
JOHN
Ma fille bien aimée, que, il y a quelques heures, vous m'avez enlevée, mylord.
BEDFORT
Votre fille... enlevée... et c'est moi que vous accusez?...
Vous savez bien , mylord, qu'elle est aimée pai^^ /lord Henri, votre fils, et que cet amour vous déplaît. Nous tâcherons de le détruire, mylord ; mais qu'on me rende mon enfant, car c'est tout ce que j'ai dans le monde , tout ce que j'aime au monde ! C'est mon soutien, mon guide à moi, qui ne vois pas la lumière !...
BEDFORT
Je ne puis que vous plaindre , monsieur... mais / j'ignore...
JOHN , vivement.
Oh ! qu'on me la rende sans retard... mylord !... ''Icar, souvent sur une jeune fille enlevée on a d'horribles projets... Une heure suffit pour consommer son déshonneur à l'aide de la violence... Et si cela m'arrivait à moi, qui ne pourrais me venger. ..qui