ACTE II , SCÈNE IV
ne pourrais ni chercher ni voir!... quand on est aveugle, niylorcl , on ne peut pas se venger... Oh ! mylord !... rendez-moi mon enfant !
BEDFORT
La douleur vous égare et vous livre à des soupçons dont je pourrais m'offenser.
JOHN, élevant la voix.
Mylord!... [Se contraignant.) Ne cherchez pas à le nier... on a vu vos armes sur la voiture qui emportait Marie.
BEDFORT , à part.
Enfer î... [Avec calme.) Qui vous Ta dit?
JOHN , fermement. On me Ta dit.
BEDFORT
On vous a trompé.
JOHN
Non, mylord.
BEDFORT , impatienté.
Enfin, monsieur'..je ne vois dans tout ceci qu'un père malheureux jusqu'à la démence, qui veut> pour retrouver sa fille enlevée , la protection d'un noble d'Angleterre, et je vous protégerai... Mais, d'autres soins plus graves m'appellent à cette heure... comptez sur moi. (Il monte la scène pour sortir.) JOHN , se jetant après lui»
Arrêtez, mylord !
BEDFORT
Malheureux ! vous osez !...
JOHN, se cramponnant à son manteau.
Où vous irez , vous m'entraînerez , mylord , car je ne puis suivre , moi... je me cramponne et je m'attache... Mylord, qu'avez-vousfait de ma fille ?
BEDFORT
X Arrière, insensé !... laisse-moi!
LE SONxNEUR DE SAîNT-PAUL.
JOHN , se traînant après lui.
Vous m'entendrez , mylord !
BEDFORT
Mais , depuis quand donc les gens du peuple
I osent-ils venir jusque dans nos palais se pendre à
I nos habits?
I JOHN , le tenant toujours.
' Depuis que les nobles viennent chez les gens du peuple leur voler leur trésor. Mais, vous ne poursuivrez pas votre œuvre infâme avec impunité, car mes cris appelleront du secours, car je crierai de toute ma force.
BEDFORT
Silence !
JOHN , criant.
Mon enfant!... rendez-moi mon enfant!
BEDFORT , lui mettant la main sur la bouche. Tais-toi !
JOHN , se dégageant.
J'appellerai lord Henri.
BEDFORT
Silence, malheureux î et l'on te rendra la fille.
JOHN
Vous me la rendrez !... oh ! je me tais , mylord ; je me repens. [Il lâche le manteau.) Vous me la rendrez!...Oh! vous aviez raison, mylord, je suis en démence... Il faut me pardonner, moi, j'ai tant souffert, que facilementma tête s'ègarc.et puis, j'aime tant Marie !... Marie !... où est-elle donc, mylord?
BEDFORT
Dans quelques heures elle le sera rendue.
JOHN , avec hauteur.
Mais, je ne puis attendre, moi.
î^ distance qui déjà te sépare d'elle rend un plu»