‹ Le sonneur de Saint-Paul [microforme]Chapitre 3 sur 60 · JOHN, LORD RICHMOND · texte numérisé non relu

JOHN, LORD RICHMOND

RICHMOND (5 'approchant de John, en de saluant). —John, le chasseur, c’est vous, monsieur ?

JoHn os —Oui, monsieur ; que me voulez-vous

RICHMOND, (après avoir regardé autour de lut,

désignant la maison).—Cette maison est la vôtre,

sans doute P

Joux (/observant).—Oui, pourquoi ?

RicHMoND.—L’affaire dont je veux vous entretenir est grave et doit être secrète ; permettez-moi d’entrer chez vous.

JouN (courant devant la porte). —Impossible, monsieur... votre nom, d’abord ?

RICHMOND (à part).—Que dire : ? (Æaut) HN vous est inconnu, monsieur.

Jonn. — Alors, restons ici... Pardonnez-moi, monsieur, ma rudesse écossaise, mais nous autres montagnards, nous n’admettons que nos amis dans le sein de nos foyers ; nous sommes seuls, asseyonsnous et parlez.

RICHMOND (après une hésitation).—Soit, monsieur. (Z7 s'assied ; à part.) Pourquoi cette méfiance ?

Joux (à parf).—C'est un espion. (77 s'assted et met son fusil sur ses genoux.)

RicHMonD.—Il y a deux ans, monsieur, vous habitiez Londres ?

Jonx.—En effet.

RICHMOND.—Dans la Cité ?

Jonn.—Dans la Cité.

RicHMonND.—Vous étiez tavernier.

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Jonn.—C'est vrai. :

RicHMoOND.—Vous avez vu alors, à l’époque de: la captivité du roi défunt, les persécutions que l’on exerça contre ses partisans, le massacre de leurs familles, et vous devez vous souvenir du pillage d'un château qui s'élevait à l’angle nord de la Cité... c'était celui d’un ministre du roi... de lord... j'oublie son nom, mais vous le savez sans doute.

Joun.—Je l'ai su; mais comme vous, j'en at ai perdu la mémoire... Ensuite ?

RicHMonp.—Enfin, monsieur, ce ministre, condamné à mort avait été miraculeusement sauvé par des amis, qui, la veille de son exécution, étaient parvenus à l'enlever de sa prison et à le jeter malgré lui sur un bâtiment qui l’emportait en Amérique, tandis qu'à Londres on pillait son château, dans lequel était resté son fils, qui fut, dit-on, sauvé par un tavernier qui le cacha quelque temps, et disparut bientôt avec lui, à ce qu'on pense. (A part.) Il ne se trouble pas.

Jon (avec grand calme). —Ensuite ?

RicHMoNp.—Depuis près de deux années, le père n’a pu avoir de nouvelles de son enfant ni lui adresser une seule lettre ; et moi qui suis leur ami commun et qu'aucune proscription ne peut atteindre, je voudrais...

Joux (/'interrompant).—Et vous, leur ami, vous. avez oublié leur nom ?

RICHMOND (continuant) —Je voudrais le découvrir pour lui parler de son père.

Jonx.—Je comprends, vous voudriez le voir.

RicHMoND.—Oh ! oui, je le voudrais bien, et j'ai pensé que vous, qui étiez, il y a deux ans, à

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Londres, et dans la Cité, vous pourriez peut-être m'apprendre quelque chose ou me donner quelque indice qui me conduiraient vers lui.

JOHN (se Zevant).—Je suis désolé, monsieur ; mais je ne savais rien de cette fatale histoire... J'ai vu, c’est vrai, passer avec chagrin, ces jours de haine et de pillage : aussi me suis-je hâté de quitter la ville tumultueuse, de venir vivre au calme de mon pays natal... et j'avais déjà presque entièrement perdu le souvenir de tout ce que vous venez de rappeler à ma pensée.

RICHMOND (se /evant).—Pardonnez-moi, monsieur !... (4 part) Ce n’est donc pas lui... Pourtant cette défiance à me laisser entrer...

JoHN (/observant).—Que pense:t-il ?

RICHMOND (à part).—Si j'essayais... Non, soyons prudent... Restons aux alentours et tâchons de découvrir.... (27 fait quelques pas.) JOHN (‘e suivant des yeux ).—I1 va s'éloigner. RICHMOND.—Adieu, monsieur, je continue ma route.

: JOHN (avec tronie).—Que Dieu vous vienne en aide ! (4 part, avec joie.) I] part enfin !

HENRI (dans la maïson, chante ou fredonne un couplet quelconque... ...... ) | RICHMOND (se retournant).—Cette voix !.

Joan. —L’imprudent !

RICHMOND (courant vers la maïson).—Quel est cet enfant, monsieur ?

JoHn.—C'est mon fils.

RICHMOND.—Je veux le voir.

JoHn.—Vous ne le verrez pas... (Ze poussant R violemment.) Partez, monsieur.

! RICHMOND (/utfant).—Mais pourquoi ?... Il vient !... le voicii... (Æenri paraît sur la porte.)

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Jon (furieux).— Alors, malheur à vous! (// court chercher son fusil.)

RICHMOND.—Henri !.…

HENRI (Ze voyant).—Grand Dieu !

RICHMOND.-—-Mon Henri !

HENRI (se jetant dans ses bras).—Mon père !.…. mon père !..… |

JOHN (gui le couchaît en joue, laisse échapper son fusil.)—Son père !... Oh! malheureux !... qu’allais-je faire ?...

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