‹ Le sonneur de Saint-Paul [microforme]Chapitre 49 sur 60 · PET · texte numérisé non relu

PET

m'expliquer davantage... Cet homme m'a payé cher ma discrétion, et surtout ma prudence... j'ai juré de ne vous parler que quand les portes seraient bien closes.

BEprorD.—Si c'était un piège P... (Z7 ferme Les portes du fond.) Maintenant, Ôte ce masque... je n'aime pas les gens qui se cachent.

Jon (Yetant son capuchon en arrière).—Vous avezraison, milord... et nous pouvons maintenant nous parler visage découvert. (Z7 se démasque.)

BEDFORD (reculant épouvanté).—L'aveugle !

JoHN.—Pour la deuxième fois, milord, vous ne m'avez pas tué, me voici...

BEDFORD (à part). —Qui l’a conduit ici? (CAerchant à changer de voix.) Que me parles-tu... de te tuer ?... À qui crois-tu parler ?

JoHN.—A lord Bedford.

BEDFoRD.—Je ne suis pas lord Bedford.

Jonx.—Tu es William Smith.

BEDFORD.—On t'a trompé.

JoHn.—Je t'ai reconnu.

. BEDFORD.— Tu es aveugle.

JoHn.—Non, milord, j'ai recouvré la vue.

BEDFORD.—-Tu mens...

Joxn.—Et que faut-:1l donc faire pour te convaincre ? faut-il te décrire l'émotion qui se peint sur ton visage P

BEeDrorD.—C'est une fausse prévision. ‘

JoHn.—Faut:il te dire la couleur de tes habits ?

BEDprorD.—Tu l'as demandé d'avance.

JoHn.— Mais que faire enfin?... faut-il donc monter à la muraille... en décrocher ainsi ton biason. .. et ie briser sous mes pieds P,., (27 ôrise le blason qu'il a décroché.)

fa

SL

SC

BEDFORD (furieux). —Malheureux !

JoHN.—Crois-tu, milord, que je suis encore aveugle ?... Et maintenant, écoute-moi : tu as immolé Vorick...tu as trahi ton roi, et le ciel se venge... Oh ! remercie la destinée de ce que tu as adopté lord Henri... de ce que le fils de lord Richmond porte ton nom; car sans cela, j'eusse attendu l’heure de ton supplice pour jouir de ma vengeance ; mais ta sentence déshonorerait celui qui porte aussi le nom de Bedford, et je ne veux pas qu'on te lise ta sentence, moi !

BEDFORD (avec espoir)—Tu as donc détruit toutes les preuves ?

JOHN.—Non, je n'ai pu détruire cette fausse lettre que tt as donné au comte d’Exeter et qu’il a remise au roi...

BEDFORD.—Le comte d’Exeter ! quel est cet homme ?

JoHn.—Albinus, que le roi vient de faire comte d'Exeter.….

BEDFroRD.—Albinus !

JoHN.—Albinus est sauvé... Albinus est le favori du roi d’Angieterre.

BEDFORD.—Et que m’apportes-tu donc, toi ?

JOHN (4i présentant un pistolet) —La mort ! Le suicide !

BEDFORD.—La mort... insensé !

JoHN.—Tu n’as plus qu’à mourir.

BEDroRD.—Mourir.. et la fuite ? (7 remonte la scène.)

JOHN (44? barrant le passage). —Tu ne sortiras pas !

BEDprorD.—Laisse-moi.

JOHN (% couchant en joue).—Tu ne sortiras pas.

PER Re RO Re er mine D

. Toi. EST

Îl | | | |

D ESP ron PEMEE T 7nMEr | LR FI T

names

BEprorD.—Alors j'attendrai l’échafaud pour y monter en perdant lord Henri.

Jonn.—Et si je te tuais, moi, milord ?

BEenrorp.—Tu nel’oseras pas, tu l’eusses déjà fait.

Jon (avec désespoir). —Tu as raison, William Smith, je ne sais pas assassiner, moi.

BEDFoRD.— Parceque tu comprends que celui qui tuerait William Smith mourrait aussi, n'est-ce pas !

Jomn.—Oh ! ce n’est pas pour cela, milord : je ne craindrais pas la mort pour sauver lord Henri ; mais je ne veux pas commettre un meurtre quand Lieu m’a comblé de bienfaits.

BEDrorD.—-Peux-tu me sauver ?

Jonn.—Non, milord.

Beprorp.—J'attendrai le supplice.

Joun.—Mais ton supplice, c'est le déshonneur de lord Henri.

BeDrorp.—Ma fuite seule peut l’y soustraire.

Joun.—Va-t-en donc :

Beprorp.—Laisse-moi passer. (77 va pour sortir, on entend un roulement de tambour. S’arrétant.) Qu'est cela ? |

Jorx.—La fuite est impossible, la ‘Four est cernée.

BEDFORD (épouvanté).— Déjà ?

Jonn.—La mort seule peut t’arracher au bourreau..… tu hésites encore... Mais cette horrible sentence que tu as écrite sous la dietée du roi, tu las donc oubliée !... ‘“ Tous ceux qui seront convaincus de trahison sur la personne du roi Charles Ier seront traînés sur une claie au lieu de lPexécution.”

BEeprorDp.—Silence !

Joun.—‘* Leur main droite sera coupée ”...

BenrorD.—-Teis-toi, tais-toi !

ur

ss NL

Joux (éevant la voix). —“ Et brûlée devanteux...”

BEDFORD (ckancelant).—Mais cet homme ne sé taira donc pas ? |

Jonnx.—"“ Leur tête sera coupée, mutilée !”

CHARLES II (ax dehors). —Ouvrez ! ouvrez !

Jonx.—Entends-tu : ie roi frappe à la porte.

BEenrorp.—Donne-moi donc cette arme. (Z7/ui arrache le pistolet.)

JoHn.—Enfin !

(Bedford sort vivement par la porte du fond, et la referme avec précipitation ; au même instant, les deux autres portes sont brisées.)

Page 1