‹ Le sonneur de Saint-Paul [microforme]Chapitre 58 sur 60 · MECS DU 2 RS · texte numérisé non relu

MECS DU 2 RS

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Devient en vieillissant plus ladre que jamais.

C’est donc un mauvais jour ; mais enfin le pauvre homme

Revient, en se disant qu’il va faire un bon somme, Et se hâte, parmi la bruine et le vent ; Lorsque, arrivé devant la porte du couvent, Il aperçoit par terre et couché dans la boue Un garçon d'environ dix ans ; il le secoue, L’interroge ; l'enfant depuis l'aube est à jeun, N'a ni père, ni mère, est sans asile aucun, Et répond au vieillard d’une voix basse et dure. — Viens, dit Vincent, mettant la clef dans la serrure ; Et prenant dans ses bras l’enfant qui le salit, I1 monte à sa cellule et le couche en son lit ; Puis, songeant qu’à minuit, en janvier, le froid pince, Et que sa courte-pointe est peut-être bien mince, I1 ôte son manteau tout froid du vent du Nord Et l’étend sur les pieds du petit qui s’endort. Alors, tout grelottant et très mal à son aise, Le bon Monsieur Vincent s’accouda sur sa chaise Et, devant le tableau pendu contre le mur Il pria.

Mais, soudain, la madone au front pur, Qui parut resplendir des clartés éternelles, S’anima. Dans ses yeux aux profondes prunelles, Brillèrent des regards qu’ils n'avaient jamais eus, Et, dégageant son cou des bras du doux Jésus Qu'elle tenait d’abord serré sur son épaule, Elle tendit l’enfant à saint Vincent de Paule, Et, d’un accent rempli de céleste bonté, Lui dit :

‘6 Embrasse-le, tu l’as bien mérité.”

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