‹ Le sonneur de Saint-Paul [microforme]Chapitre 60 sur 60 · TRES · texte numérisé non relu

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Sans gei à travers l’horrible fusillade, Ts allaient, allignés ainsi qu’à la parade,

Jonchant la terre de leurs COrps ; Le mur humain, troué par les balles avides, Marchaïit, marchait toujours, se fermant sur ses vides, Et nul ne s’arrétait en chemin—que les morts !

Noir, déchiré, sanglant, tout criblé de blessures,

L'étendard qui flottait sur Le front de T'roussures assait de main en main, parmi

Les blessés expirants qui, “ADEos au visage,

Se soulevaient Pour voir encor la sainte image,

Toujours debout, toujours plus près de l’ennemi.

Charette tombe : un cri de tous les cœurs s'élève 3 Sur ses ailes de feu la rage les soulève :

Fauchant tout ce qui résistait, Ils courent... et bientôt l’on vit dans la fumée, Devant huit cents soldats reculer une armée, Et, refoulant le fleuve, un ruisseau qui montait !

Devant eux, comme on fuit à l'aspect d’un prodige,

Tous avaient fui, frappés de peur et de vertige ; Mais de loin sur eux se ruaient

Par milliers, à coups sûrs, sans trève, sans relâche,

Les balles, les bou ets, l’obus, arme du lâche,

Et des soldats cachés sans péril les tuaient.

Vous qui de leurs exploits portez le deuil, 6 mères, Qui les avez payés de vos larmes amères, Dites, autour de l’étendard Combien en restait-il, quand n’osant les poursuivre, ‘ennemi, Stupéfait d’en voir encor survivre, De ses derniers obus salua leur départ ?

Je sais quel bras les pousse et quel feu les anime... Leur âme caressait la chimère sublime

Qui tenta plus d’un vaillant Cœur :

Verser pour le pays eut sang Comme un baptême, J'ustifier le ciel, venger Dieu qu’on blasphème, Et donnant pour appui leur Sa à sa grandeur.

Ils ont voulu se faire, —et c'était ua beau rêve, —

Les chevaliers du Christ, le couvrir de leur glaive, Porter enfin sa croix si loin

Et l’élever si haut, dans l’orgueil de ieur culte,

Que le rire des sots, le blasphème et l’insulte

Resteraient en arrière et ne l’atteindraient point.

Salut donc, Ô revers plus grand qu’une victoire !

Lieu doublement sacré, —par le deuil et la gloire, — Trempé deux fois de notre sang,

Patay, garde toujours leurs os dans tes entrailles,

Et du sol fécondé par de telles semailles

Fais sortir la moisson, Dieu juste, Dieu puissant !

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