SCENE XXIV
LES MÊMES, THERESE, tout éplorée,
THÉRÈSE , accourant.
Ah! madame, ah! monsieur, pardonnez; c'est pour me voir qu'il s'est exposé, c'est mon mari I
RICHEPANSE, ttvec joie.
Comment, Thérèse, qu'est-ce que tu dis? le pompier est ton mari? tu en es bien sûre?
ISIDORE
Je m'en flatte.
RICHEPANSE
Ah ! mes amis! ma chère femme! mon pauvre Potel ! je l'échappe belle !
POTEL, bas.
Pas encore, monsieur.
POTEL, baissant la voix, et montrant la table.
11 y en a un autre. .. je vois des pieds !
RICHEPANSE
Imbécile! ce sont les pieds de la table.
POTEL, de même.
Du tout! il y a des jambes à côlé des pieds.
RICHEPANSE
Comment? (Isidore et Thérèse vont enlever la table comme pour remettre le couvert , et découvrent Frédéric.)
FRÉDÉRIC, se levant en riant.
INi'ayez pas peur^ c'est moi î
TOUS
Un jeune homme î
HENRIETTE
Mon frère!
RICHEPANSE
!• Frédéric Durand !
l'officier.
Celui que je dois arrêter.
HENRIETTE
Et que vous n'arrêterez pas ; tout est expliqué : L'auteur de cette malheureuse brochure n'a pas voulu qu'un autre fût inquiété pour lui ; il s'est nommé, et voici 1 ordre qui annule toutes poursuites contre mon frère.
FRÉDÉRIC
Est-il possible ?
L OFFICIER , examinant L'ordre.
C'est parfaitement juste, [aux soldats. ) Nous pouvons nous retirer.
RICHEPAWSfi,
Un moment, messieurs, vous ne nous quitterez pas ainsi. Thérèse! vite, du bordeaux, du Champagne, toute ma cave!
HENRIETTE
Oui, messieurs , j'espère que vous accepterez.
l'officier , à Richepanse.
Madame votre épouse est fort aimable
RICHEPANSE
Laissez donc ma femme tranquille. Ah ! quel bonheur quand on a cru être... et qu'on se trouve au contraire... {à sa femme.) Femme céleste ! me pardonneras-tu ?
HENRIETTE , froidement.
Je ne le devrais pas, monsieur; mais accordez d'abord la main de votre nièce à mon frère, et nous verrons.
RICHEPANSE, à part.
Il n'y a pas à hésiter; si elle voulait se venger... diable! ( à Frédéric. ) Touchez là , mon neveu ; monsieur Camus aura un pied de nez. ( à sa femme. ) Allons , bobone, embrasse ton pauvre loulou , ton gros chat... ( d Potel qui est dans un coin. ) Eh bien ! mon vieux Potel, quand je te disais que tu étais stupide avec tes idées...
POTEL, d demi-voioo.
Qui sait, monsieur? il y en a peut-être un troisième ! du tems de ma pauvre femme.. .
RICHEPANSE , vivement.
Veux-tu me faire un plaisir, Potel? Va-t-en au diable avec ta femme !
GHŒUR.
Air : Chœur final des deux Mondes,
Désormais plus d'orage.
Plus de soupçons jaloux.
Et que chaque ménage
, nous.
Prenne exemple sur
' vous.
RICHEPANSE , au pubUc, km : Vaudeville rf'Heur el Malheur.
Si les terreurs d'un pauvre époux Par bonheur vous ont fait sourire^ Nous n'attendrons ici de vous Ni grand tapage ni délire.
Sans éclat comblez notre espoir, Quand notre tâche est terminée, Messieurs, arrangez-nous ce soiii Un succès sous la cheminée.
DE