SCENE XYII
LES MÊMES, excepté le sergent.
FRANCJEU.
Çe cher cousin! vous m'avez fait une peur... vous voyez qu,^ j'étais t'au poste.
ARMAND
Chut.
FRANCJEU.
Est-ce que j'ai fait z'un cuir?... C'est la volubilité, le cœur l'y est pour rien.
MATHIEU, à Armand.
Ah! mon cher ami, quelle conduite noble et généreuse !
ARMAND, d'un air froid et à rrd-voix.
N'est-ce pas? j'ai bien fait de tenir ce langage et de paraître l'accord avec vous; mais je n'ai point oublié que je vous dois ine satisfaction, et c'est pour cela que je suis revenu. MATHIEU , à part.
Ah ! bien, s'il faut encore recommencer, on a beau avoir du ourage, ma foil je suis au bout de mon rouleau. ( haut. ) lonsieur...
ARMAND
Seulement, mon cher monsieur Blansac, avant de terminer, attends une grâce de vous; mon père vient d'arriver à l'imrovisle, il veut me marier aujourd'hui même, MATHIEU , à part.
Allons, il ne me manquait plus que cela ; après toutes les eines que je me suis données, [haut.) Eh! monsieur, mariezous à qui vous voudrez, et laissez-moi en repos.
Du tout, du tout, il n'y a que vous qui puissiez faire la delande, et j'attends de votre complaisance..»
. MATHIEU, élevant la voix.
l Àh! par exemple... celui-là est trop fort.
' MADAME MATHIEU
Qu'est-ce qu'il y a donc encore ?
FRANCJEU , mettant la main sur son sabre. Est-ce que ça se raccommode ? me voilà prêt.
MATHIEU
' Du tout... ça ne se raccommode pas; si vous saviez ce qu'oo ïige.
ARMAND
Que vous fassiez à monsieur Mathieu la demande de sa fille Dur moi.
MATHIEU , étonné.
A monsieur Mathieu! [à Francjeu.) Je vous ai marché sur le ed... pardon; le cœur n'y est pour rien... (à Armand.) Meneur Mathieu !
VICTORINE et MADAME MATHIEU.
Ksl-il possible !
MATHiED , souriant.
Entendons-nous... il y a tant de Mathieu... Jean-Bonifac«
Mathieu? .
ARMAND, bas.
Oui, votre meilleur ami, à ce que vient de me dire mon sieur Dumontde Passy; je vous demande un peu ce queçi, vous coûte. I MATHIEU , la main sur le cœur 1
Assez, assez, jeune homme; je vois qu'il sait tout... Hum, j-| fripon, que je l'embrasse... ma fille... ma chère femme... cou sin, venez dans mes bras , et le sergent où est-il ?... Ah! il e?j parti. Je reçois enfin le prix de toutes mes tribulations! MoiJ cher Armand, dès demain elle sera votre femme. !
FRANCJEU.
Ah ! çà, quel drôle de corps!... on le prie de faire la demand d'une future , et il vous donne sa fille à la place.
ARMAND
Non, cousin, il m'accorde le seul bien que j'ambitionnais, mais on vous expliquera cela. ||
FRANCJED.
C'est bon, c'est bon , puisque le cousin est satisfait; sai rancune, l'ancien, et allons dîner officiellement. Dinde truffé^ bien étoffée, vous savez... ^
MATHIEU . I
Ouf! je puis enfin respirer; quelle journée pour un liii bourgeois de la rue Saint-Sauveur! c'est comme les années J campagne, ça devrait compter double... Ma fille, soyez he! reuse, vous ne saurez jamais ce que votre établissement a coûi à votre père. . |
MADAME MATHIEU
Hein ! mon ami, je vous disais bien que votre plan réussira» queldommage que vous n'ayez qu'une fille à marier!
MATHIEU, bas.
Non, non , c'est assez comme ça ; et si l'on me rattrape j mais à faire le brave, il faudrait que je n'eusse pas de coeur.
CHOEUR
AiR : Fous me verrez le verre en main (Dame Blanche.) •>
Qu'un banquet aimable et joyeux
Vienne encor resserrer nos nœuds; Chantons ce doux hymen qui doit combler nos vœux.
Pour célébrer un si beau jour,
Les vieux flacons vont tour à tour Se vider en l'honneur de la gloire et l'amour.
MATHIEU , au public.
Air du Faudeville des Amazones.
Par le bonheur promis à ma famille Je suis payé de mes nobles travaux ; Mais dans son jour quoique ma valeur brille, Vous concevez qu'après de tels assauts Un pauvre père a besoin de repos.
Au moindre bruit une crainte nouvelle Vient me saisir... Et si quelqu'un enfin Se proposait de me chercher querelle,
Tâchez, messieurs, qu'il attende à demain. parlant.) Ça doit vous être égal, un jour plus tôt, un jourplus
Si vous voulez me faire une querelle.
ird.
[reprenant l'air.)
Je vous en prie, attendez à demain.
CHOEUR
Qu'un banquet, etc.
FIN
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