‹ Le soprano; comédie-vaudeville en un acteChapitre 27 sur 211 · LE DUC, LE COMTE DE DAMMARTIN, MONTENAG, BRESSILLE · texte numérisé non relu

LE DUC, LE COMTE DE DAMMARTIN, MONTENAG, BRESSILLE

LE COMTE , accourant et aperceç'ant le duc. Le voilà I le voilà î

MONTENÂC ET BRESSILLE.

ïl est retrouvé I

LE COMTE , essuyant le front.

Dieu soit louéî monseigneur... vous pouvez vous flatter de nous avoir donne' un fier tintoin I

Tintoin !..

LE COMTE

Oui, monseigneur, tintoin... c'est l'expression.

LE DUC

Je vois que c'est vous , monsieur le comte , qui êtes chargé de mon éducation.

LE COMTE , s'inclinant.

Moi-même... monseigneur^ sieur de Courbée, seigneur d'Avallon, ayant bouche en cour... et voici mes collègues, des gens du plus grand mérite... Si vous le permettez , nous allons commencer nos petits exercices du matin.

LE DUC , s' as seyant.

Volontiers. {A part,) Comment m'en débarrasser? LE COMTE , S* asseyant aussi de l'autre coté.

C'est si agréable de travailler !.. en voilà pour trois petites heures!,.

LE DUC , à part.

Ah ! bien , oui!...

LE COMTE

Là !.. le chevalier de Bressille va d'abord vous donner une leçon de tactique.

LE DUC

De...

LE COMTE

De tactique.

De tactiqAiçi ah! oui... des ruses de guerre... les moyens de chasser l'ennemi... je ne serai pas fâché d'en connaître quelques-uns.

LE COMTE

On va vous en donner.

BRESSILLE , OSsis.

Oui, monseigneur... {Ouç'rant un cahier,) Le grand art que je suis chargé...

LE DUC , l'interrompant.

Ah! chevalier , c'est avec vous que je dois monter à cheval?

BllESSILLE.

Oui, moiiseigiicmv, tous les matins.

LE COMTE

Et à la hrane , si cela peut coavenir à monseigneur^

LE DUC

Avez-vous vu ces deux genêts d'Espagne que m'a donné mon cousin de Longueville? on les dit superbes, et comme je veux vous en offrir un...

BREssiLLE , enchanté.

A moi, monseigneur?..

LE DUC

Sans doute. Il faut les essayer: vous me garderez le plus doux... Allez un peu vous informer...

BRESSILLE , a(^ec empressement.

Tout de suite, monseigneur, un genêt d'Espagne! .. pour moi... quelle générosité I pardon monseigneur... j'y cours et je reviens... Le bon prince, l'aimable prince... l'exceUeniL prince I...

(Il sort.)

LE COMTE , prenant du tabac

Là!., nous allons passer maintenant à la leçon de latin... [a MontenacA Voyons , monsieur de Montenac... montrez-* nous un peuflatin...

MOJNTENAC, lui lii>rc à la main.

Justement, j'ai là mon Cicéron.

LE DUC , bâillant.

Ah î Cicéron! un grand homme !

LE COMTE

Oui... un compère !

MONTEKAc, lisant.

De ojficiis. Omnis de ojfœio duplex est quœstio,%^ « LE DUC , l'interrompant.

A propos, monsieur de Montenac... ètes-vous parent du Montenac, chanoine de Saint-Jacques du Haut-Pas ?

MONTENAC , humblement.

C'est moi-même, monseigneur.

LE DUC

C'est vous !.. ah ! pourquoi donc le cardinal Labalue veutil \ous ôter votre place?..

MOJSTENAc , inquiet.

Vous ne îe saviez pas?

MONTENAC,

I Du tout !

LE COMTE

j Ni moiî.. De quoi se mêle- t-il donc , le cardinal?

I LE DUC

Dam!... Il veut la donner au curé de Saint-Yictor... je trois.

MONTENAC , S* échauffant.

C'est une injustice... parce qu'enfin je l'ai achetée, ma )lace...

LE COMTE, bas.

Oui, mais peut-être, vous ne Tavez pas.. .

MOWTEIVAC, vivement.

Si fait, je l'ai payée î... et si on connaissait les détails...

LE DUC

Ecoutez-donc... Il serait peut-être temps de le faire revelir ; en y allant... un de ces jours...

MONTENAC.

Ah î mon Dieu! il sera peut-être trop tard... voici juste- [nent l'heure de son audience... Ah! mon prince... si vous jne permettiez d'y courir sur-le-champ?...

LE DUC

Avec plaisir.

Parbleu !..

MOHTENAC.

Mais la leçon de latin ?

LE t)UC, montrant le comte- Mon gouverneur l'achèvera...

LE COMTE , inquiet.

Moi?., hein?..

LE DUC , poussant Montenac»

Allez vite.

MONTENAC , troublé et donnant le lii^re au comte. Yous me sauvez la vie, mon prince!., ma place de chaloine... de si bonnes renies et rien à faire!., ce misérable abalue n'en fait pas d'autres!..

(Il sort.)

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