SCENE PREMIERE
PROSPER , seuL
(Il entre par le fond et ferme la porte vivement.) ■ Ouf!., c'était bien lui !.. un créancier se reconnaît d'une lieue !.. c'est si laid î
Air : J'en guette un petit de mon âge.
Sa figure a l'air d'un reproche.
Son regard toujours menaçant
Semble reluquer notre poche ,
Car il en veut à notre argent!
C'est là son but... il faut qu'il s'en saisisse.
Un créancier est à mes yeux Presqu'un voleur, d'autant plus dangereux
Qu'il a pour appui la justice.
! Pourvu qu'il ne m'ait pas suivi I {Ecoutant.) Nos)!., c'est terrible d'en avoir une collection aussi complète! on ne peut faire nu
Ipas... {Apercei'ant une pile de linge sur sa commode.) Ah! ali !... voici mon linge que la petite Manette m'a rapporté... (// h mnge en regardant sur la note.) Trois chemises l.. cinq cravates !.. Elle
lest gentille, cette petite Manette!,, douce, lionnête.., une vertu!..
• {Regardant un mouchoir,) Ah ! voilà un acroc !.. Et ne me demandant jamais d'argent... aussi le premier que j'aurai... {Il aperçoit une lettre près du linge.) Tiens! une lettre que ie portier aura montée en mon absence ! ... De mon oncle !.. (// va pour la décacheter, on frappe doucement à la porte du fond. Prosper tressaille. } Oh î
jlà, là... c'est mon créancier de tout-à- l'heure.. . voilà la sueur froide qui me prend!.. ( On frappe encore. ) Qui est là?
I cAi\OLTNE , en dehors.
I N'est-ce pas ici M. Durand?..
I Pl\OSPETi.
j Que je suis bête !.. une voix de femme! ( Haut, ) Entrez !..