‹ Le soprano; comédie-vaudeville en un acteChapitre 37 sur 211 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

PilOSFER , seul , stupéfait,

Disparue! c'est comme une vision !.. Mamzelîe Caroline!.. c'esU tout ce que j'ai pu en attraper... drôie d'aventure î Est-ce que l'oncle Durand se permettrait..,., huml... {Reprenant sa lettre. ) Voyons donc si sa lettre... {Jlla parcourt.) Oui, vraiment! il arrive aujourd'hui 1 {Lisant. ) «Tu me marques , mon cher Pros- <! per, que tes affaires sont superbes... je les crois fort mauvaises, « et je veux en juger par mes yeux... » {A lui-même.) Heureuse- I ment qu'il a la vue basse. {Lisant.) «<En ma qualité de négociant, le I <f désordre est ma bête noire... mais je suis juste avant tout : si I « tu es aussi rangé que tu le dis , j'ai un moyen de t'en réconij penser!..» ( A lui-même.) Cher oncle, il va m'associer à son com- I merce , ce qu'il m'a promis depuis si long-temps ! ( Continuant. ) « Mais à la plus petite dette que je découvre, je te ferme ma « porte et mon cœur , et sais une autre manière de disposer de l « mes biens!.. » {A lui-même.) Ah! mon Dieu! {Lisant,] a C'est ( M dans ces senlimeus paternels, que je suis ton bon oncle. . . ^^{Laissant î tomber ses Iras. ) Une autre manière de disposer de sa fortune !... î est-ce qu'il voudrait se marier?.. Eh! mais il est veuf, sans en fans.. . et cette demoiselle Caroline... {Se frappant le front,) C'est cela même... j'étais sur un volcan !..

Âm : Vaudeville de Vadé.

Dieu! quel serail noire destin.

Si , trahissant leurs caractères, Tous les oncles allaient soudain Cesser d'être célibataires, Et, par suite, devenir pères!

Un oncle !... il faut être hardi Pour troquer , avec ce courage, Des neveux qui sont bien à lui , Pour des enfans qui... jusqu'ici N'ont pas toujours cet avantage.

De quoi se plaint-il, après tout? il m'a envoyé' à Paris étudier le commerce ; voilà trois ans que j'étudie... Je m'étais d'abord jeté dans l'épicerie . par respect pour la profession de mon oncle... j'y ai fait des progrès sensibles ! Je tournais le cornet avec une grâce! . je parlais poivre, je raisonnais canelle... j'étais plein de mon affaire. Pour achever de m'instruire, j'ai voulu faire de la banque ; j'y ai encore réussi : j'ai fait des dettes... j'en ai! ah!.. Qu'estce que cela prouve? que j'ai du crédit, et îe crédit, c'est la base du commerce!., il n'y a même que cela qui m'a soutenu depuis six mois! J'avais débuté un peu grandement... un bel appartement, une mise soignée... quand il a fallu solder tout ça!., plus personne!.. Ma foi , j'ai fait des rcviremens : j'ai payé le tailleur avec l'équipage , le carossier avec le cheval ^ le maquignon avec les meubles, et le tapissier. . . avec des promesses !.. et je recommence indéfiniment!.. Mais si mon oncle découvre mon système d'amortissement.., adieu la succession'.. {Fi^'cmcnt.) Eh bien! nonî...

il. ne sama rico. D'abord , presque tous nias créanciers sont de Fautre côté des ponts... c'est une bonne avance I je n*en ai que cinq ou six par ici, et... (On voit M. Fiquet qui passe sa tcte à la porte diifond.) Qui est-ce qui vient îà? Justement, c'en est un... M. Fiquet, ie cafetier tl'en bas; il faut en finir avec lui.

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