SCÈNE V
PROSPEIi, DURAND, en habit de i^oyage\ un UN DOMESTIQUE (Tliotel garni portant ses paquets,
DURAND j au valet.
Du tout ! je veux mon logement ordinaire, la chambre jaune ! {Montrant la droite.) Je serai à côté de ce mauvais sujet-là!
PROSPER , courant à lui*
Cher oncle ! . .
DURA.ND, le repoussant.
C'est bon, monsieur , c'est bon.
PROSPER
Toucliant accueil!..
DURAND , au ualct qui a porté ses paquets à droite François, vous porterez ce carton chez madame Chopin^ maîtresse de pension , rue de Clichy.
PROSPER , à part.
Pour mademoiselle Caroline, quelque cadeau !..
(Le valet sort.)
DURAND
Eh! bien, monsieur, vous ne paraissez pas charmé de me revoir?
PROSPER
Moi , mon oncle ! au contraire , j'allais voler au-devant de vous.
DURAWD.
Vous ne saviez pas par quelle diligence j'arrivais I
PROSPER
Mon cœur me Taurait appris !..
DTJRÂWD.
Ta , ta , ta , ton cœur î. . je ne me laisse plus prendre à tes belles phrases. Ah ! ah !.. mon gaillard... {Frappant sur sa poche.) l'ai des renseignemens positifs sur ta conduite!., les noms de tous tes créanciers, le montant de tes dettes...
PROSPER, troublé.
Comment, mon oncle... qui a pu vous donner?..
DURAND
Mon commis-voyageur.
PROSPER , il part.
Le traîtrel moi qui lui payais à dîner!,, [llaul. ) Vous savci que les voyageurs mentent avec facilité !..
DURAND 5 sa note à la main.
Eh ! bieîi , prouve-moi qu'il t'a calomnié î . .
PîlOSPEE.
Oui, mon oncle.
DURAND
Que tu ne dois rien !
paosPEu.
Pas un sou I
DURAND , tenant la noie.
C'est un peu fort I quand je vois là... tiens, par exemple, ii 'astu pas de honte î deux cents francs k un limonadier !, .
PROSPER
Monsieur Fiquet?
DURAND
Oui.
PROSPER
Le cafetier d'en bas?., je suis enchanté que vous choisissiez celui-là.
DURAND
Pourquoi donc?..
PROSPER
Parce que je le défie de me demander un centime !..
Et depuis quand?..
PROSPER
Depuis... ce matin.
DURAND
Bien vrai ?
PROSPER, "voulant sortir.
Je vais vous l'envoyer.
DURAND , l'arrêtant.
Non pas !.. tu irais le prévenir!., appelle-le sous îe premier pré=texte... tiens, qu'il m'apporte à déjeuner.
PROSPER
Volontiers!., qu'est-ce que vous prenez, mon oncle?., du café?
DURAND
Du café... au lait.
PROSPER , le regardant.
Au lait !. ça va sans dire !.. avec deux flûtes !.. {./Allant à la fenùre.) Monsieur Fiquet!..
Air : du Dieu et la Bayadère.
Vite, il nous faudrait Servir à l'instant même , Café, beurre et lait ; Enfin , un déjeûner complet,
FIQUET , en dehors.
VoiidI.» au numéro sept,,, versez!..
PROSPEli y continuant , à son oncle.
Bien !... il va soudain Montrer son zèle extrême...
{3îontrant la fenêtre.) J'ai chaque matin Mon déjeûuer chez le voisin.
SCÈNS VI,
Les mêmes , FIQUET , portant un plateau et suivi d'un garçon tenant les deux cafetières.
FIQUET , continuant l'air.
Voilà, messieurs, voilà 1 Mon lait vraiment estcomm' de la crème... Goûîez-moi cela...
Et mon Bourbon est du Moka.
ENSEMBLE