‹ Le soprano; comédie-vaudeville en un acteChapitre 40 sur 211 · FIQUET ET LE GARÇON · texte numérisé non relu

FIQUET ET LE GARÇON

Bon le chaud,

} servons- Car c'est ainsi qu'il l'aime;

J^""^^^ 5 comme il faut.

Versons l

Et surtout n'en mettons pas trop.

(Durand à table, Prosper de côté, Fiquet le servant. Le garçon est sorti.) DURAND, bas àProspr.r.

Ne lui dis pas un mot.

PROSPER , bas.

Oliî mon Dieu , je reste dans mon coin.

FIQUET , à Durand.

Vous avez fait un bon voyage, monsieur... L'aiinez-vous chaud?. .

DURAND

Bouillant.

FIQUET

Alors, de'pêcliez-vous!

DURAND, se brûlant.

Oh !. . ouf !.. parfait !.. {à son neveu, ) Eh ! bien , Prosper , lu n'en fais pas autant?

PROSPER

Merci , mon oncle I , . j'ai déjeuné.

DUllAND.

Tu prenriras bien quelque cliose , pour me tenir compagnie?., «'est moi qui régale...

FIQUET, d'un air fin.

Oui , un petit verre.

PROSPER, debout.

Pour vous faire plaisir... Monsieur Fiquet. .. du hirschl.,

FIQUET, montrant un carafon.

Je m'en étais précautionné ; je sais ce qu'il vous faut.

(II lui verse un petit verre.) DU îi AK D , déjeûnan t.

Eh ! bien papa Fiquet , comment vont les affaires ?

FIQUET

Hum... îmm... monsieur... t^i ce n'était les crédits !..

DUîiAJMD, à part.

Nous y voilà ! {Haut. ) Ahl oui , les crédits î nous autres, nëgocians, c'est ce qui nous ruine.

FIQUET

Il y a des gens qui consomment toujours...

DURAND

Et qui ne paient jamais!., je neux pas souffrir cela , et comme je disais tout-à-i'lieure à mon neveu... si tu dois quelque chose, mon garçon , me voilà prêt à payer.

FIQUET, souriante

Vraiment?..

PROSPER , à part.

Oh! que c'est perfide!

DURAND

On n'a qu'à me présenter les mémoires...

FIQUET

Ma foi... puisqu'il faut vous Tavouer...

PROSPER , avalant .wn petit verre.

Brrr!., un petit verre !

FIQUET , à part, et rencontrant un regard de Prosper. Ah! mon Dieu!., notre arrangement!., c'est sacré I

(Il lui verse un autre verre que Prosper jelle de côté.) DURAND.

Eh I bien... vous vouliez m'avouer?..

FiqxjBT , versant à Prosper, Rien... rien absolument.

DURAND , à mi-voix.

Si fait... que mon neveu... vous doit...

FIQUET, entre eux deux..

C'est-à-dire... il me devait.. o mais, nous nous sommes arran« gés... j'ai déjà reçu des à-comptes, et tout ce que je lui demande^ c'est de continuer...

iM'.osPiiU , tendant son ^errc.

Encore!..

DUîiAKD, étonné.

Ainsi vous n avez pas à vous en plaindre?..

FïQUET , i'crsant.

Nullement. {A part.) Trois!.. {Haut.) je voudrais que tout le fût comme lus.

DUUAND, enchanté.

Eu vérité!..

FIQTJET, lui versant encore.

G'est-à-clire, qu'il a une soif.., de s'acquitter!..

DURÂî^D, se tournant i'crs Prosper, Parbleu! je suis enchanté !.. {Le uojant prêt à boire son quatrième •verre.) Eli I bien , eh bien, qu'est-ce que tu fais donc ?.. tu vas te mettre le feu dans le corps !. .

PROSPER, l'avalant.

Au contraire, mon oncle!..

DURAND

Quatre verres de kirscb !

FIQOET.

Il n'y a pas de danger, le mien est si pur...

PROSPER

Kirsch de la Forêt-Noire !

riQUET.

Première qualité!..

DURAND

Parbleu!., vous me donnez envie de le goûter...

PROSPER , inquiet.

Yous, mon oncle?., je ne le souffrirai pas... après un voyage.,, pour vous brûler le sang... je ne veux pas! emportez tout cela, monsieur Piquet.

riQUET , enlevant le plateau.

Tout de suite... du reste, ces messieurs feront le même déjeunci' tous les matin ?

DURAND

Sans doute !

FlQUET , bas à Prosper en sortant.

Je vais remplir un autre carafon.

PROSPER , à part.

Oli ! le bourreau !

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