FIQUET ET LE GARÇON
Bon le chaud,
} servons- Car c'est ainsi qu'il l'aime;
J^""^^^ 5 comme il faut.
Versons l
Et surtout n'en mettons pas trop.
(Durand à table, Prosper de côté, Fiquet le servant. Le garçon est sorti.) DURAND, bas àProspr.r.
Ne lui dis pas un mot.
PROSPER , bas.
Oliî mon Dieu , je reste dans mon coin.
FIQUET , à Durand.
Vous avez fait un bon voyage, monsieur... L'aiinez-vous chaud?. .
DURAND
Bouillant.
FIQUET
Alors, de'pêcliez-vous!
DURAND, se brûlant.
Oh !. . ouf !.. parfait !.. {à son neveu, ) Eh ! bien , Prosper , lu n'en fais pas autant?
PROSPER
Merci , mon oncle I , . j'ai déjeuné.
DUllAND.
Tu prenriras bien quelque cliose , pour me tenir compagnie?., «'est moi qui régale...
FIQUET, d'un air fin.
Oui , un petit verre.
PROSPER, debout.
Pour vous faire plaisir... Monsieur Fiquet. .. du hirschl.,
FIQUET, montrant un carafon.
Je m'en étais précautionné ; je sais ce qu'il vous faut.
(II lui verse un petit verre.) DU îi AK D , déjeûnan t.
Eh ! bien papa Fiquet , comment vont les affaires ?
FIQUET
Hum... îmm... monsieur... t^i ce n'était les crédits !..
DUîiAJMD, à part.
Nous y voilà ! {Haut. ) Ahl oui , les crédits î nous autres, nëgocians, c'est ce qui nous ruine.
FIQUET
Il y a des gens qui consomment toujours...
DURAND
Et qui ne paient jamais!., je neux pas souffrir cela , et comme je disais tout-à-i'lieure à mon neveu... si tu dois quelque chose, mon garçon , me voilà prêt à payer.
FIQUET, souriante
Vraiment?..
PROSPER , à part.
Oh! que c'est perfide!
DURAND
On n'a qu'à me présenter les mémoires...
FIQUET
Ma foi... puisqu'il faut vous Tavouer...
PROSPER , avalant .wn petit verre.
Brrr!., un petit verre !
FIQUET , à part, et rencontrant un regard de Prosper. Ah! mon Dieu!., notre arrangement!., c'est sacré I
(Il lui verse un autre verre que Prosper jelle de côté.) DURAND.
Eh I bien... vous vouliez m'avouer?..
FiqxjBT , versant à Prosper, Rien... rien absolument.
DURAND , à mi-voix.
Si fait... que mon neveu... vous doit...
FIQUET, entre eux deux..
C'est-à-dire... il me devait.. o mais, nous nous sommes arran« gés... j'ai déjà reçu des à-comptes, et tout ce que je lui demande^ c'est de continuer...
iM'.osPiiU , tendant son ^errc.
Encore!..
DUîiAKD, étonné.
Ainsi vous n avez pas à vous en plaindre?..
FïQUET , i'crsant.
Nullement. {A part.) Trois!.. {Haut.) je voudrais que tout le fût comme lus.
DUUAND, enchanté.
Eu vérité!..
FIQTJET, lui versant encore.
G'est-à-clire, qu'il a une soif.., de s'acquitter!..
DURÂî^D, se tournant i'crs Prosper, Parbleu! je suis enchanté !.. {Le uojant prêt à boire son quatrième •verre.) Eli I bien , eh bien, qu'est-ce que tu fais donc ?.. tu vas te mettre le feu dans le corps !. .
PROSPER, l'avalant.
Au contraire, mon oncle!..
DURAND
Quatre verres de kirscb !
FIQOET.
Il n'y a pas de danger, le mien est si pur...
PROSPER
Kirsch de la Forêt-Noire !
riQUET.
Première qualité!..
DURAND
Parbleu!., vous me donnez envie de le goûter...
PROSPER , inquiet.
Yous, mon oncle?., je ne le souffrirai pas... après un voyage.,, pour vous brûler le sang... je ne veux pas! emportez tout cela, monsieur Piquet.
riQUET , enlevant le plateau.
Tout de suite... du reste, ces messieurs feront le même déjeunci' tous les matin ?
DURAND
Sans doute !
FlQUET , bas à Prosper en sortant.
Je vais remplir un autre carafon.
PROSPER , à part.
Oli ! le bourreau !