scène
Oui , oui , je le connais... je sais le secret de votre nais*
sance... ce cjtie votre père a souffert loin de vous... combien il vous aime déjà !.. le sort qu'il vous destine... je sais tout , et je puis enfin vous apprendre...
Les mêmes, PAOLINA , LA BARONP^E , CRETTLE.
PAOLINA , qui est arrivée doucement près de son mari ^ et qui a entendu ces derniers mots.
Tous savez tout... Ali ! que c'est hem-eux , mon ami... Yous allez nous le dire (i).
LE GRAND-DUC , à part.
Grand Dieu î la duchesse î
ERNEST , à part.
Tout est perdu !
EMMELINE
Madame , madame , partagez ma joie... je vais revoir mon père.
PAOLINA , lui prenant la main.
Pauvre enfant!., f grand-duc.) Voyons , mon ami , racontez-nous donc bien vite... je suis d'une impatience...
LE GRAND-DUC , à part.
Quel embarras !
PAOLINA , g aiment.
Vous savez donc?..
LE GRAND-DUC , embarrassé.
C'est-à-dire... je soupçonne... je n'en suis pas bien sûr.
EMMELINE
Ah! monseigne'ur! vous m'avez dit que vous le connaissiez , qu'il allait venir ?..
* PAOLINA
Ohl alors, vous en êtes sûr? (.A demi'voix et d'un air de confiance. ) C'est quelqu'un de la cour , n'est-ce pas ?
Oui.
(i) La baronne , le grand-duc, Paolina, Emmeline, Ernest, CretUe.
PAOUNA , à son oreille en souriant.
Quelque ancien mauvais sujet? {Haut. ) Dites donc vite, mon ami,., j'adore ces aventures...
LE GRAND-DUC
Devant tout le monde ?
PAOLIKA, bas et se rapprochant.
C'est bien... c'est bien... nous allons en causer entre nous... il me tarde tant de la savoir beureuse.
LE GRAND-DUC , voulant détourner la contfersation. Eb bien ! vous serez satisfaite ; car , d'abord , son mariage est certain maintenant... et en faveur de cette union, Ernest, je vous nomme comte de Lowenstein.
ERNEST
Quoi I monseigneur!
paolinA , bas à son mari.
C'est donc quelqu'un de distingué?
LE GRAND-DUC
Oui.
pAolina , au grand-duc.
C'est bien... c'est bien, mon ami; je vous approuve.
-L^GVikT!iT)-iiVC j l'interrompant. Ils logeront au palais , près de nous.
PAOLINA r
Elle ne me quittera plus... Ah! mon ami, que je vous aime !
EMMELINE
Et mon père ?...
LE GRAND- DUC, de même.
M. Friedman aussi... Nous vivrons tous ensemble... heureux... contens. Mais où est-il donc ce bon M. Friedman? Pourqui ne vient-il pas partager notre joie?
CRETTLE, au fond.
Le voici... Ah ! mon Dieu î qu'est-ce qu'il a ?
FRIEDMAN, accourant, suiui de paysans.
Emmelinel... Emmelinel...
TOUS
Qu'est-ce donc?
PAOLINA
Cette agitation^!...
LA BARONNE, LE GRAND-DUC, PAOLINA, EMMELÎNE, ERNEST, CRETTLE, FRIEDMAN.
FRIEDMAN, courant à Emmeline.
Viens, Etnmeline, viens; ma fille, préparons-nous à quitter ce pays.
EMMELINE
Yous m'emmenez î
FRIEDMAN.
A l'instant même.
EMMELINE
Mais vous ne savez pas...
FRIEDMAN.
Je sais tout ; et je ne te laisserai pas plus long-temps exposée aux pièges de la corruption.
TOUS
M. Friedmanî...
PAOLINA
Y pensez- vous?
FRIEDMAN , jetant des regards décolère sur le prince. Je sais ce que je fais... (v^jEr/ie^f.) Ernest, je vous estime... {A PaoUna.) Vous, madame, je vous aime , je vous honore... voilà pourquoi je m'en vais... Adieu !
(Il prend Emmeline par la main.) LE GRAND-DUC.
Arrêtez, monsieur... je ne souffrirai pas...
FRIEDMAN , indigné.
Quoi ! vous osez?...
ERNEST , bas.
C'est le prince.
FRIEDMAN (l).
Je le sais bien... c'est pour cela... {A a grand'duc. ) Vous
(i) La baronne, le grand-duc , Frledmafi, Paolina , Emmeline , Ernesl ? Crellle,
osez avouer vos indignes projets... Eh bien! soit... je ne meplus rien... je quitte M. Muller, notre pasteur.
ERJNEST, à part.
îl sait tout.
FRIEDMAN.
Et puisqu'il faut vous confondre...
LE GRAND-DUC, 'vwement.
Arrêtez, vous dis-je... respectez...
FRIEDMAN , avsc force.
Quoi ?... votre repos? celui de nia fille avant tout... votre réputation?.. Celle de ma fiîie avant tout. .Vous m'en devez compte L.Etvous médirez ici, devant tout le monde, comment il se fait que vous ayez son portrait entre vos mains?
TOUS
Son portrait î
PAOLiKA, quittant la main d' Emmeline.
Son portrait !
LE GRAND-DUC
Paolina!...
pAolinA, repoussant sa main.
Laissez-moi.
EMMELINE
Madame.
PAOLINA , de même.
Laissez-moi... [Passant près du grand-duc et le regardant avec défiance..) Son portrait!... et vouliez la rapprocher de vous!,, et ce matin, votre embarras... cette clef... l'indignation d'Ernest... Ah ! je ne sais ce que c'est... mais ce doit être quelque chose d'affreux.
(Elle passe à la droite du théâtre; la baronne se retire au fond; Ernest est passé près de Friedman , le contient et lui parle bas.) (i)
LE GRAND-DUC, après un silence y s'approchant de Paolina^ et avec douceur.
Paolina, ne vous ai-je pas dit que je devais lui rendre un père?
PAOLINA, de même.
Eh bien î qu'attend-il pour paraître , pour réclamer sa fdle?
(i) Paolina, le Grand-Dur, Emmeline, Friedinan, Ernest, Creltle.
LB GRAND -DUC
S*il y avait im obstacle ?
PAOLINA
Lequel?
LE GRAND-DUC , timidement.
Mais peut-être un second hymen.
Que dites-vous?
LE GRAND-DUC, hésitant.
Peut-être craint-il d'affliger une épouse jeune, et qu'il aime tendrement. Peut-être , pour prévenir tout ombrage , devait -il accoutumer peu à peu, l'une à Tautre, deux femmes dont le bonheur lui est également cher.
PAOLINA, ai'ec inquiétude.
Mais qui ne se sont jamais vues ?
LE GRAND-DUC
Qui doivent s'aimer davantage quand elle se connaîtront mieux.
PAOLINA , de même.
Mais qui ne se connaissent pas encore?.. Eh bien?
(Les villageois sont entrés et garnissent le fond.)
Air : Monsieur Raymond ^ votre fête. (d'Emma.)
PAOLINA
Quoi ! vous gardez le silence ?
LE GRAND-DUC, timidement.
Pour ce père et ce mari , N'auriez- vous point d'indulgence?
PAOLINA
Quel soupçon!... j'en ai frémi.
EMMELiNE , agitée, A mes yeux , quel espoir brille \
PAOLINA
Et Ce père est près d'ici î
Il tremble, hélas l pour sa filîe.
PAOLINA , d'un ton menaçant.
Plus encore que pour lui.
LE GRAND-DUC
De sa femme qu'il adore.
pAolin A. , amèrement.
Dont il a trompé le cœur.
LE GRAND-DUC
Que sa iîlle obtienne encore Son pardon et le bonheur.
PAOLIWA.
Ciel!
LE GRAND-DUC
A sa place, si j'étais , Que diriez-vous ?
(// prend Emmelinc par la main et la fait passer auprès de Paolina.)
PAOLINA , ai^ec un mouvement de colère.
Je lui dirais... (i).
{Emmeline est près d'elle, elles mains jointes . Paolina s'arrête combattue. Sur un signe du grand-duc , Emmeline tombe aux pieds de Paolina , saisit sa main et la presse sur ses lèi^res.) PAOLINA , attendrie.
Je lui dirais :
' Qusnd une fille a tout pour plaire , Devrait-on hésiter jamais...
{L'embrassant.) Pour la présenter à sa mère ?
LE GRAND-DUC , pressant Paolina et Emmeline dans ses bras. Qu'entends-je ! ô ciel !
TOUS
C'est lui î c'est son père.
EJVSEMBLE,
C'est toi , c'est toi , mon\ C'est lui , c'est lui, son V père.
C'est lui , c'est lui, ton )
Oui , oui, c'est "^«^'^ f 'J^ ^^'^^ ^^"^f • son enfant , elle sera sa merel
O moment plein de douceur !
Rien n'égale mon bonheur î ° son
CRETTLE , à part.
Allons^ je serai chez une princesse... Voilà que je monte
{i) La baronne, Paolina , Emmeline, le grand-duc, Friedman, Ernest , Crettle.
en grade î ( Regardant la baronne. ) Elle en mourra la grande dame î
EMMELIKE, très-émuc et entre les bras du grand-duc et de Paolina.
Est-il possible! vous, vous mon père!.. Ernest... madame !..
PAOLINA , tendrement.
Appelez-moi votre mère , je le veux, j'y tiens... ne fut-ee que pour ce qu'il m'en a coûté.
FRiEDMAWj d'un air sombre.
Làl avais-je tort de me défier des princes?
LE GRAND-DUC , lui tendant la m,ain.
Maintenant , M. Friedman , j'espère que nous serons amis.
FRIEDMAN, de mcme.
Nous, amis !.. Vous m'avez pris la mère... vous me prenez la fille... laissez-moi...
TOUS
Monsieur Friedman!..
EMMELINE, courant à lui.
Mon bon papa î mon ami I
FRIEDMAN.
Eh bien! quoi?., tu n'as plus besoin de moi?
EMMELINE , le serrant dans ses bras.
Ahî plus que jamais... si vous me quittez , que voulezvous que je fasse de tout mon bonheur?
FRIEDMAN , ému et entouré de tout le monde.
Quoi! vrai?., je te suis encore nécessaire?.. Eh bien! soit, je reste près de vous tous... je serais trop malheureux si je n'avais plus personne à aiiner !.. que je sois entouré de tout ce qui m'est cher. ( A Crettle^ en essuyant ses larmes .) Crettle^ lu emporteras aussi mon pauvre Crémone.
PÂOLINA ET EMMELINE, aupubUc.
Air De la barcarolle des Sybarites de Florence.
En dépit de jalousie ,
L'humble fille de époux , son ^
Auprès du trône est accueillie.
Puissions-nous voir , au gré de noire envie , Cet exemple suivi par vous.
EMMELINE
Adoptez-moi i
PAOLINA
Adoptez-la î
EMMEEIIVE.
Ce prix du zèle ,
PAOLINA
Ce prix du zèle ,
EIWMELINE.
Plus que mon rang ,
PAOLÎIVA.
Plus que son raug ,
EMMEIilWE,
Me sera doux.
PAOLl«A.
Lui sera doux.
ENSEMBLE
Oui , la couronne la plus belle , Est celle qu'on obtient de vous.
CHOEUR
Car la couronne la plus belle , Est celle qu'on obtient de vous.
FIN