‹ Le soprano; comédie-vaudeville en un acteChapitre 69 sur 211 · ERNEST, LE GKANB-DUC, EMMELINE · texte numérisé non relu

ERNEST, LE GKANB-DUC, EMMELINE

EMMELINE, timidement.

Monseigneur, pardon, si j'accours près de vous sans y être appelée... j'ignore les usages... mais je suis si malheureuse!.. Je me suis échappée un monieiit pour réclamer une grâce que j'attends à vos pieds...

(Elle veut s'y mettre.) LE GRAND-DUC , Varretant.

A mes pieds!., vous, mon enfant!..

( Ernest remonte la scène , reste quelques instans au fond, et, en redescendant, se place à la gauche d'Emmeline.)

EMMELINE

C'est la place i{m convient à une pauvre orpheline.,, car,

vous le savez, nioiiseigneur : je n'ai plus de père pour me défendre , rne protéger.

i.E GRAND-DUC, à part.

Ah î ce mot !..

EMMELINK.

Mais vous, monseigneur, vous êtes celui de tous vos Sujets.

LIS GRAKD-Duc, i^ii^ement, Aîiî sans doute... et le ciel m'est témoin qu'aujourd'hui , de tous mes privilèges , c'est celui qui m'est le plus cher. {Ai'ec tendresse.) Que désirez-vous? parlez sans crainte, parlez, ma fille.

EMMELINE

Votre voix me rassure,

LE GRAND-DUC

Eh bien ?

EMMELINE (l).

Eh bien! monseigneur, je sais que Ton veut obliger Ernest à me donner sa foi... on croit me rendre le bonheur, on se trompe... C'est moi cjui vous en conjure , monseigneur, qu'il soit libre , qu'il soit heureux; qu'on ne lui parle plus de la malheureuse Emmeline. .. et peut-être qu'un jour reconnaissant son injustice...

EBNEST.

C'est moi qui implore mon pardon... grâce, grâce , mademoiselle le... trouble de mes esprits... un soupçon odieux... mais, je vous le jure, je n'ai pas cessé un moment de vous aimer , de vous chérir...

EMMELINE, ai'ec joie.

Que dit-il?,. Ernest, vous m'aimez !.. vous m'aimez!., ah! ne me trompez pas,., ce serait bien mal!.. {Elle le regarde toute émue et en souriant.) Non , non , il me regarde encore comme autrefois... {Se tournant "vers le grand-duc.) Ah î monseigneur! et vous ne le lui avez pas ordonné?., C'e&t de lui-même î

LE GRAND -DUC , sounant.

Oui , mon enfant !

EMMELINE, à Emest.

Ah î que je suis heureuse , et que vous m'avez causé de chagrins!., ingrat !.. Mais enfin , quelle était donc la cause?

(i) Le grand-duc , Emmeline, Ernast.

LE GTiAND-DUC , a^ec douceur.

C'est moi qui vous l'expliquerai plus laid... quand vous serez unis.

ERNEST

Quoi I monseigneur, je pourrais encore espe'rer?..

EMMELINE, sourîanl.

Et pourquoi pas?., puisque vous reconnaissez vos torts... Oh î je ne suis pas si entêtée que vous , moi.

LE GRÂ.ND-DUC

Et croyez-vous donc , Ernest , qu'en la retrouvant son père ne veuille user de ses droits, que pour faire son malheur?

ERNEST

Qu'entends-je ?

EMMELINE, troublée»

Mon père !.. qu'avez-vous dit , monseigneur; mon pèrel.. il existerait ?..

LE GRAND-DUC

Oui , mon enfant.

EMMELINE

Il est dans ce pays ?

Oui.

EMMELINE

Et je le verrais bientôt ?

LE GRAND-DUC , plus émU.

Bientôt.

EMMELINE

Ahî tous les bonheurs à la fois... Mais si mon bon ami Friedman était là... N'importe, monseigneur, je vous' en supplie, conduisez-moi vers mon père... que je puisse le voir, me jeter dans ses bras , lui prouver ma tendresse... LE GRAND-DUC , très-ému.

Je n'y tiens plus. {Prenant la main d'Emmeline,) Cahnezvous, Emmeline, vous le verrez... je vous le jure,. Ivîass vous serez bien prudente , bien discrète?., car son repos dépend de votre silence.

EMMELINE

Vous le connaissez donc?

LE GT.AND-Duc , (i dcniî-i'oîx , et l'amenant sur le défiant de la

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