‹ Le soprano; comédie-vaudeville en un acteChapitre 81 sur 211 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

BALUCHARD , au fond; ensuite M. BERNARD.

BA.LUCHARD.

. Ah! je ne me rappelle plus... si je dois prendre la septième rue à droite , ou la neuvième... 7^ BERWAPiD, brusquement.

Faites donc attention, imbécilîe.

(Il marche en parlant, et sans y prendre garde il heurte violemment M. Bernard qui entre en scène.)

BALUCHARD.

, Prenez donc garde, butor J

BERNARD , le retrardant.

Tiens!..

BALUCHARD.

Comment! c'est vous?..

BERNARD

Monsieur Baluchard !

BALUCHARD, otOTiL son chapeau.

Monsieur Bernard, qui a logé chez moi à sa dernière tournée., mon inspecteur-général; c'est particulier!.. BERNARD , riant. Je vous demande pardon de vous avoir appelé imbécille.

BALUCHARD.

C'est naturel... on se beurte... J'allais passer cbez vous.

BERNARD

Mais je vous attendais ces jours derniers.

BALUCHARD.

Je sais bien! mais j'ai été' retardé. Imaginez-vous qu'en sortant de Mayenne, je dis au conducteur : Conducteur!. » j'ai les reins abîmés, mon vieux...

BERNARD

Enfin... vous voilà, et vous avez bien fait d'arriver.

BALUCHARD.

Bah I est-ce qu'il y a des obstacles ?

BERNARD

Nous avons eu du mal, mais, morbleu ! j'ai tenu bon... j'ai harcelé le directeur, les commis du personnel.

BALUCHARD.

Ils ne voulaient pas me pousser. Ah ça, ils sont donc timbrés à l'enregistrement ?

BERNARD

Heim! vous aviez à faire à forte partie , un petit receveur de là Corse , un certain Napoléon Truchet. Corbleu, ai-je dlt ^ un homme qui pense aussi bien que M. Baluchard ne doit pas recevoir de croc en jambes pour un Truchet , un ancien esclave du tyran.

Du tyran,., lequel? "

BÉtlNARD.

Un fanatique de l'empire.

BALUCHARD.

Ah! je vois, M. Napoléon se permettait d'être bonapartiste.

BERNARD, appujant.

Et... vous me connaissez, je n'entends pas raillerie sur cliapitre-là : dévoûment aveugle à tout ce qui est ; le plus profond mépris pour ce qui n'est plusl

BALUCHARD.

C'est ça; vous avez toujours été ferme dans vos opinions.

BERNARD

Je n'entre pas dans les abstractions, sambleu! je me dis : Les Tuileries sont occupe'es , c'est tout ce qu'il me faut; si l'appartement devenait vacant...

BALUCHARD.

Oh I il n'y a pas de danger.

Air : "Vaudeville de Partie et Revanche.

Qnand les maisons sont dégarnies , Que les loyers baissent de tout coté , D'puis quarante ans les Tuileries Sont une honn' propriété !

Dieu ! queir fameuse propriété!

Quoiqu' la location y soit chère, Dès que quelqu'un déménage subito, On r'trouv* tout d' suite un autre locataire, Sans mettre jamais d'écriteau,

BERNARD

Sans cloute!., pourvu que ça ne nous vienne pas de l'étranger.

BALUCHARD , mettant son chapeau ai^ec fierté, Ohl l'étranger!

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