‹ Le soprano;Chapitre 4 sur 26 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

GUIMBARDINI, seul, tirant sa montre.

Le cardinal ne paraît pas... ni personne de sa maison... C'est que je lui prouverais bien qu'un artiste n'est pas fait pour attendre , si ce n'étaient les deux heures un quart d'antichambre que j'ai déjà faites , et qui seraient tout-àfait en pure perte . . . J'ai déjà regardé tous les tableaux , toutes les gravures. . . et je vais être obligé de recommencer. . . Quel beau palais !.. quels beaux meubles !

c'est ici qu'habite la richesse... et moi , qui depuis si long-

terns cours après elle moi , Guimbardini , musicien

distingué, à qui la scélérate tient toujours la dragée si haute, qu'il n'y a pas de gamme ascendante qui y puisse arriver.

Air de Rien de trop.

Ut , ré , mi9, fa , sol , la , si , ut . . .

A chaque air, à chaque sonate,

Je crois enfin toucher au but ,

Mais la fortune est une ingrate !

J'ai beau la poursuivre en chantant,

A m'éviter elle s'applique ,

Et je crois que décidément

Elle n'aime pas la musique.

Et de toutes mes avances , il ne me reste que ma fierté , apanage du véritable artiste qui n'en a pas d'autre. . • [Regardant vers la droite.') Qu'est-ce que je vois là? une

femme. . . . [Saluant plusieurs fois.) C'est par elles qu'on parvient.

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