‹ Le sorcier de l'isle de l'Anticosti [microforme]Chapitre 13 sur 34 · VOYAGE PÉRILLEUX · texte numérisé non relu

VOYAGE PÉRILLEUX

Le voyage est tellement périlleux, que ce ser folic de tenter seul l'aventure, ct de vouloir trav ser Sans Compagnons les passes ou défilés des M: tagnes Rocheuses.

Les chercheurs d'or se réunissen’ donc un c tain nombre, dix au moins.

Chacun a:ses approvisionnements: farine, la légumes secs, aliments de toutes sortes; vêtemer

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tente, outils, traineau, armes, enfin, ce qui est nécessaire à la vie, car, une fois dans l'Alaska, on ne peut rien acheter qu'en payant un prix fabuleux les moindres objets.

Les bagages d'un mineur s'élévent généralement au poids respectable de 2,000 livres.

La caravane part de Montréal pour se rendre à Vancouver, au bord de l'Océan.

Cette première partie du vo age, la plus facile, s'effectue en chemin de fer, Des steamers attendent les arrivants dans la rade: l'embarquement se fait au milicu d’un désordre qu'il est plus aisé d'imaginer que de décrire; puis, l'ancre cest levée, et l'on s'avance vers l'inconnu.

Un grand nombre, avec de cruelles déceptions, reviendront plus pauvres qu'en partant, Combien d'autres, plus nombreux encore, ne reviendront jamais!

Il va sans dire que ces stcamers, organisés pour transporter beaucoup de passagers, ne présentent aucun comfort. L'endroit où les mineurs sont entassés pendsnt une traversée qui dure de cinq à six jours, est quelque chose d'horrible.

Et ils paient 35 piastres pour être enfouis dans une espèce de cage, où l’on ne mettrait pas des animaux! On se demande comment une épidémie de choléra ou de typhus n’éclate pas sur le bateau.

Selon que la troupe des chercheurs d'or traverse la passe du Chilkoot ou celle de la White, le bateau s'arrête à Dyca ou à Skaguay.

Ces deux villes, appelées dan: un avenir prochain à prendre une certaine extension, ne sont pour le moment (1) qu'une agglomération de tentes et de baraques.

(1) Ce récit fut écrit avant 1902.

C'est ici que commencent réellement les da:

ct les fatigues de ce rude chemin,

Le mineur s'y trouve avec un bagage rela ment considérable, qu'il doit transporter; soit en neau, avec le concours des chiens: soit en recou aux Indiens, qui font chèrement payer leurs serv ou bien, ce qui est fréquent, il divise ses aquet les re sur scs propres épaules, opère l'as

sion de la montagne, en se cramponnant au càbl secours.

Parvenu au sommet, après de nombreuses lées et venues, il remet ses colis dans le traînea en avant.

Le pays qu'il traverse cest he hgsterre pa sauvage beauté, mais les admirateurs de ceîte na primitive sont rares.

Ceux que la fièvre de l'or étreint, passent ir férents devant un spectacle qui ravirait les 3 d'un artiste; les scintillements des glaciers les | sent froids. Ils ne pensent qu'aux richesses fi leuses qui les attendent aux termes de cette lon route parsemée de cadavres humains.

Les Ouragans de neige, particulièrement rec tables, ont déjà fait de nombreuses victimes.

Le thermomètre baisse et remonte alternat ment; après avoir suivi des sentiers de glace, dégel survient et l'on marche dans la neige à mo fondue. Les chiens et les chevaux ont les pieds sang, les conducteurs jurent et les frappent, à d aveuglés par l'ophthalmie, causée par Îa réverb. tion de la neige; puis, enfin, harassés de fatigue, ] clus de froid, on débarque sur le soir au refuge l'on passera la nuit.

es tentes sont dressées, et les poêles chaufrc blanc corrigent un peu la rigueur d'une températ hyperboréenne; après un rcpas sommaire, cha s’enfonce avec délices dans son sac-lit, et oublie, d

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un sommeil réparateur, les peines de cette dure née, qui aura trop de lendemains semblables,

Et quand on atteint le lac Laberge, après avoir essuyé des fatigues inouies et couru bien des périls dons le passage des rapides, souvent la débücle se produit. Les glaçons séparés les uns des autres, se culbutent et rendent momentanément impraticables une roule que la baisse de ln température aurait rendu si facile,

On campe alors sur les bords du lac, et dès que la glace est solidifiée, les chiens sont attelés aux traineaux ct semblent voler sur cette surface unie. Le but se rapproche; toutefois, combien de malheureux ne l'atteindront pas!

La maladie en a décimé beaucoup et leurs corps, sans sépuliure, restent sur le chemin, Cette vue ne décourage pas les survivants; ils continuent ce pénible voyage, et deux mceis au moins après avoir quitté Skuguuy, ils arrivent enfin à Dawson-City.

Mais ce n’est pas encore 1e terme définitif: il faut asser plus loin et gagner les plaines du Klondyke. Ææ chercheur d'or touche enfin à la terre promise, il espère saisir le brillant mirage poursuivi « epuis si longtemps. 1l espère, il croit recevoir la récompense de ses durs labeurs ct de son intrépidité ; le sul glacé qu'il va fouiller avec un nouveau courage renferme l'or convoité.

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