ADAPTATION ANNOTATIONS DE P, BILAUDEAU LA FAMILLE MORVILLE
Le Mississipi (1), ce grand fleuve de l'Amérique du Nord, l’un des plus grands du monde, coulait jadis en terre française. Les villes de la Nouvelle- Orléans et de Saint-Louis indiquent assez par leurs noms que ce sont des Français et des Canadiens qui les ont établies et baptisées (2).
Ce fut peu de temps après les explorations de Jolict et du P. Marquette que Cavelier de La Salle découvrit, en 1682, l'embouchure du Mississipi (3). La Louisiane, qui possède le cours inférieur de l’immense fleuve, borde la rive nord du golfe du Mexique. Mais à l’époque du récit qu'on va lire, Louisiane voulait dire tout le bassin du Mississipi (4).
C'était une bell: colonie, ce qui n’empécha pas le misérable Louis de s’en débarrasser. En effet, par le traité sec, » Fontainebleau, le 13 novem-
(1) Nom “ Grande Eau.”
(2) La Nouvelle-Orléans fut fondée par deux Canadiens : d’Iberviile et son frère, de Bienville, qui étaient nés à Montréal.
(3) La Salle mourut au Texas, qui était alors une partie de la Louisiane, tué par les siens, en 1687.
(4) La Louisiane, fondée en 1718 par Ch. Lemoyne et ses fils, tous Canadiens, fut ainsi nommée en l'honneur de Louis XIV, mort trois années auparavant, et ie nom s’étendit à toute la région,
qui, en langue algonquine, signifie la
bre 1762, le roi de France abandonnait la Louisia au roi d’Espagne, son cousin (1).
La Louisiane est restée sous la domination « pee jusqu’en 1800. Rte était le vainque de Marengo et il était déjà difficile de lui rien refus Il obtint de Charles IV d'Espagne la rétrocession ! la Louisiane à la France. Mais le 30 avril 1803, cet vaste contrée passait définitiven,-nt à la jeune r publique des Etats-Unis (2).
u temps où se passe no::'2 histoire, c’est-à-di: vers la seconde moitié du dix-huitième siècle, 1 descendants de beaucoup de familles qui avaie quitté la France et le Canada, cette Nouvelle Franc pour aller s'établir dans ce pays, vivaient à la Not velle-Orléans.
Un brillant officier de marine, le commandar de Morville, s’y était marié. OLligé souvent de s’al senter, il venait y retrouver sa femme chaque fo: que les devoirs de sa profession le lui permettaien
Cette union fut fructueuse. Dicu leur acCnt da trois enfants; d'abord un fils, Robert, digne hé ritier de l'honneur et de la bravoure de son père puis deux fillettes, qui étaient jumelles.
En grandissant, ces jeunes filles offrirent cett particularité que, tout en se ressemblant, elles diffé
(1) Il en résulta du mécontentement et l'agitation qu s’en suivit donna lieu à un soulèvement, en 1768, alors qu. les Louisianais réclamèrent l'indépendance. Nichola Chauvin de la Frenière, né d’un père Canadien, et le com mandant O’Reilly, d'origine irlandaise, jouèrent chacun ur rôle important en l’occurence : le premier, en préchant l’é tablissement d’une république, plusieurs années avant l'in. dépendance des Etats-Unis ; et le dernier, en faisant arrêter
33 insurrectionnistes, dont 6 furent fusillés, et plusieurs envoyés en captivité à Cuba.
(2) En retour les Etats-Unis donnèrent 15 millions de
piastres (75 millions de francs) à la France. Cet argent dut procurer du nerf à Napoléon pour ses campagnes.
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raient sensiblement, L'une était blonde comme les blés, l'autre brune comme la nuit, et leur caractère se ressentait de cette did'érence : autant la brune, Paula, était décidée et énergique, autant la blonde. Lucy, était timide et craintive.
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