‹ Le sorcier de l'isle de l'Anticosti [microforme]Chapitre 20 sur 34 · SÉPARATION · texte numérisé non relu

SÉPARATION

Le temps passa.

Robert suivit brillamment la même ‘arrière que son père; les fillettes devinrent de belles jeunes filles.

Un grand malheur les frappa alors: elles perdirent leur mère,

Cette dure épreuve les affecta douloureusement. Elles n’eurent pas le temps de se consoler, car bientôt il leur fallut envisager la possibilité d’un éloignement des lieux chéris où s'était écoulée leur enfance,

Elles ne pouvaient rester seules dans le vaste domaine familial pendant les fréquentes absences de leur père et de leur frère: il fut donc décidé, malg: : leurs larmes, qu’elles quitteraient la Nouvelle-Orléans pour aller à Saint-Louis, chez une sœur de leur mère qu'elles aimaient beaucoup.

Mais le voyage offrait plus d'une difficulté.

Les routes, dans ce pays neuf, n'existment pas. En outre, les tribus d'Indiens nomades étaient à redouter.

Des partis de chasseurs Sauvages sillonnaient souvent les forêts. Avec cela que les féroces Peaux Rouges ne manquaient alors jamais une occasion de se venger des visages pâles qui les avaient dépossédés, tuant et scalpant les voyageurs sans défense.

Le commandant de Morville pensa donner à ses filles une escorte Composée de quelques-uns de ses braves marins; mais son fils l'en dissuada.

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— Laissez-moi, mon père, le soin de protég seul mes sœurs. Une petite troupe passe impunéme là où une plus nombreuse attire l'attention, Je co nais parfaitement la route que nous devons suivr ct j'ai le ferme espoir que nous arriverons à bc port,

— Oh! oui, père, s'écria Paula: laissez-noi partir avec Robert. Je n'ai aucune crainte.

— Et toi, ma Lucy? demanda le commandan en scrrant dans ses bras son autre fille,

— Oh! moi, père, dit-elle en sanglotant, je vor drais ne pas vous quitter.

—-Sois raisonnable, mon enfant. Je puis part d'un jour à l’autre, peut-être dès demain. C'e: même ce qui m’empêche de vous accompagner.

congé de ton frère expire dans quinze jours; jen puis vous laisser seuies ici. Votre tante vous aim et, du reste, notre séparation sera de peu de duré. Je vous promets de quitter le service aussitôt que j le pourrai et de venir vous reprendre alors. Je n’ qu'un SE FES c'est de ne pas pouvoir vous donne Jour guide un ami d'enfance à moi, Jacques Caro fe fils du garde-chasse de mon père. Nous avon été élevés ensemble, il m'a suivi dans toutes mc campagnes, et ne m'a quitté que depuis mon mariag avec votre mère. Ayant pris part alors à plusieur grandes chasses dans la prairie, il fut séduit par cett vie libre du désert et devint chasseur. Il paraît qu’ a acquis une grande réputation parmi les Sauvages qui admirent son adresse ct l'ont même surnomme | “œur-Vaillant.

— Est-il mort, mon père? demanda Robert.

— Non, mon enfant. J'ai de ses nouvelles à d rares intervalles. Plusieurs fois je lui ai fait dir de venir; mais il prétend, paraît-il, qu’il ne peut plu vivre dans l'air des villes. Ah! si je s vais où 1 trouver!...

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