‹ Le SorghoChapitre 29 sur 81 · ANTILLES ET AMÉRIQUE CENTRALE · texte numérisé non relu

ANTILLES ET AMÉRIQUE CENTRALE

On rencontre çà et là, aux Antilles, une variété de Sorgho très voisine du Kafir par l’aspect de la panicule.

Ses feuilles abondantes et ses tiges vigoureuses le font ressembler encore plus aux autres variétés africaines. Il fut mtroduit de la côte de Guinée en même temps que les esclaves dont il constituait la base de l’alimentation. Ë

Sloane raconte qu'il était largement cultivé en Jamaïque, en 1707. Dans les Antilles anglaises on le connaît encore sous le nom de « Guinea Corn » (blé de Guinée). Dans les Antilles françaises on l’appelle « Petit Millet » et dans le Honduras « Maysillo » probablement « petit Blé » ou « petit Maïs ». Il est généralement cultivé pour l’alimentation humaine dans les classes pauvres et aussi comme fourrage pour les bestiaux. Ses grains sont petits, blancs ou blanc gris perle et les glumes courtes sont. le plus souvent noires.

Ce Sorgho est sans doute l’origine des formes connues aux Etats-Unis sous le nom de Mil-Maïs blanc « White Milo-Maize », que Carleton R. Ball proposa d’appeler « Guinea Kafir », « Kafir de Guinée ». Il n’est pas intéressant en dehors de la zone tropicale.

Commercialement on appelle le Sorgho d’Alep, « herbe de: Cuba », « Cuba grass » et « Herbe de Guinée », « Guinea Grass ». (Vilmorin-Andrieux, Les plantes de grande culture, 1914.)

D’après Capus et Bois, 1912, l’Herbe de Guinée est le Panicçum maximum (Jacquin) — Panicum altissimum (Brouss.).

ETars-Unis.

En dehors de la culture du Sorgho à balai qui devient une industrie considérable dans les climats chauds, on ne sait. presque rien de l’introduction des Sorghos à grains aux Etats- Unis dans les premiers temps de la colonisation. De temps en temps des variétés diverses furent exploitées sous le nom général

de « Blé chocolat », « Chocolate Corn », comme pouvant être substitué au Thé et au Café.

Mais sauf le « Sorgho à balai », aucun autre Sorgho ne devint céréale de culture permanente avant le milieu du x1xe siècle.

C’est de 1853 que date l'introduction pratique du Sorgho aux Etats-Unis, par William R. Prince, un pépiniériste de Flushing, Long Island, New-York.

En 1856, l'éditeur de The American Agriculturist en cultiva une rangée de 75 pieds provenant de grains introduits de France aux Etats-Unis par Vilmorin.

Au printemps 1858 les Agriculteurs Américains distribuaient en paquets d’une livre anglaise 34.500 livres de grains récoltés en Géorgie et venant de grains importés. Cette grande distribution fut suffisante pour éparpiller la variété même à l’étranger.

L'extension considérable que prit cette plante ne tint d’abord ni à la valeur de son grain, ni à sa valeur comme fourrage ou comme plante à sirop, mais au fait qu’on la considérait comme une source probable de sucre cristallisé.

En 1857, Léonard Wray introduisit de France aux Etats-Unis les quinze variétés de Sorgho qu’il y avait introduites en 1854.

Ces variétés sud-africaines furent d’abord cultivées en Caroline et en Géorgie sous la surveillance de Wray lui-même.

. Ces quinze variétés sont connues sous le nom générique d’ « Imphée » suivi du nom spécifique zoulou comme il est dit au chapitre Europe. Une seizième variété fut identifiée par Wray. Il la désigna sous le nom spécifique de Enyama.

- On vendit sous ce nom une variété de Sorgho, à New-York, au printemps 1859. Entre 1860 et 1880 des missions américaines furent chargées de recueillir en Chine des formes nouvelles de Sorgho.

D’autres importations furent faites d'Afrique du Sud et des Indes. En Chine ces missions ne trouvèrent aucune variété nouvelle de Sorgho sucré. On trouva au contraire plusieurs « Xaolians ».

Les importations d'Afrique, bien qu'ayant des appellations

uoy-oddi19:}

0 S37%/LNT 930 YIW

‘ cpa6to equey 1 LS ° à ss $, ÿ oo/due a d O N [A] (@] ai pl op 0 GE Cha À k ONE ETOTESS sy Æ nÔ l'HTTUN V4 : « ; (0) G % np 109 ce 9 TR z U015271/22 A td 5 \ à ; U0}S2fdEy 7

Le) uo}Bui

SOU El) ue ee >1ydjepEy! 7

AAOX MON a À £ u0750g7 | B £ 5 GOCEETA FS SR10791/ Z ü AnODÛEA ®/| ; <« z ÿ on a à pe \ Venyeo 9p aout O 5 Sene0S3 S2p np jedidouy à. de 02 ri 987 59 / 26 à O à Sn es a À ue AC RON ns RS / MÉRNUeS Seuus,, OY 7e, EX © ÿ 1 ur ICLCAN em, Le ,.

& x A CP se \ vASVIV.0 ee è re FAR > a 7 a a 4 Ag SA 2: ANNE QUPLEC ENS Mn ë TR pt 0 ee Ü 30. YIW = & À Re - ; : L NA 2 HART RP AIRES 2

différentes, sont sensiblement les mêmes et ne présentent aucune variété nouvelle. Les variétés importées des Indes étaient sans valeur pour la préparation du sirop et du sucre, elles sont de plus trop tardives, ce qui leur enlève beaucoup de valeur comme céréale ou fourrage.

Toutes ces variétés, largement distribuées, donnèrent naissance à plus de deux cents noms pour les variétés saccharines seulement. |

Il en reste, une vingtaine aujourd’hui et une douzaine seulement sont cultivées. L’Ambré hâtif de Minnesota et ses formes dérivent directement du Sorgho sucré chinois. Il n’est pas prouvé que certaines de ces formes ne sont pas des hybrides de Sorghos d'Afrique ou simplement originaires d’Afrique. Les autres variétés cultivées aux Etats-Unis semblent descendre des variétés du Natal.

On pense que la variété d’origine de certaines variétés actuelles est l’Orange et peut-être le Planter qui paraissent descendre du Neezana du Koombana et du Sorgho sucré de Chine. D’autres, comme les Collier, Sapling, Gouseneck, Honey, etc, paraissent être des formes africaines sélectionnées.

Les Sorghos suerés sont actuellement assez peu cultivés pour le sirop, cette industrie n’ayant pas donné, aux Etats-Unis, les résultats que l’on attendait.

La culture de la Betterave et de la Canne a supplanté celle du Sorgho pour la production du sucre.

Les Sorghos sucrés sont au contraire abondamment cultivés pour fourrage. On estimait cette culture en 1908 à un million et demi d’acres, soit environ 600.000 hectares, en particulier dans la région sud des grandes plaines. En 1918, on estimait à environ 2.000.000 d'hectares la superficie cultivée en Sorgho pour fourrage. On cultive l’Ambré, l'Orange, le Sumac et surtout le Kaftr.

Le Kafir et le Douro sont d’une importation relativement récente. D’après Carleton R. Ball, la variété d’origine, White Kafir, Kafir blanc a complètement disparu des cultures.

: Il est généralement remplacé par un Kafir plus récent à glumes

noires, Black hull Kafir qui fournit les neuf dixièmes de la récolte, le dixième restant étant fourni par le Kafir rouge (Red Kajir). On cultive également les variétés sélectionnées : Dawn Kafir (Kafir Aurore), Sunrise Kafir (Kafir Soleil levant), Pink Kafir (Kafir rose).

Les Douros blancs et autres ont été souvent introduits aux Etats-Unis pendant la période de colonisation, c’est seulement en 1874 que leur culture prit de l’extension en Californie. La culture de ces Sorghos à grain est à peu près aussi importante que celle des Sorghos sucrés. On cultive également le Fétérita, Sorgho à grain du Soudan très résistant à la sécheresse et très apprécié des noirs. On y cultive aussi le Sudan grass comme fourrage.

Les statistiques américaines s estiment qu’en 1918 le Sorgho a été cultivé sur plus de 5.000.000 d’acres, plus de 2.000.000 d’hectares, pour le fourrage et l’ensilage.

Page 1