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EUROPE

Hérodote, 434-406, L. IV, C. 17, dit que les Alazons, qui avaient les mêmes coutumes que les Scythes, cultivaient le Blé, l’Aïl, l’Oignon, les Lentilles et le Mi (rèyxcos). Les Alazons et les Scytes étaient des peuples qui vivaient dans la Russie méridionale au nord de la Mer Noire. Il semble d’après Hérodote que le Mi, #£r90s, était assez largement cultivé dans le bassin oriental de la Méditerranée.

Il est d’ailleurs impossible de dire exactement à quoi correspond ce mot : au Millet ou au Sorgho ?

On ne sait pas non plus exactement ce qu'était le Milium qui servait de nourriture aux Gaulois et à leurs voisins.

: Dans son }istoire naturelle, Pline, en 70 de notre ère, raconte qu'une variété de Sorgho fut introduite des Indes en Italie environ dix ans auparavant. Sa culture dans ce pays paraît avoir été continuée sans interruption depuis la première introduction. C’est à cette époque ancienne que remonte le nom générique Surgo ou Sorgho, du latin: « Surgo », «s'élever », qui fut d’abord appliqué à la récolte. É

Il est probable que le commerce intensif de la Grèce et de Rome avec l’Asie et l’Afrique amena quelquefois des grains de Sorgho dans les ports européens de la Méditerranée.

Le Sorgho à balai fut introduit d’Anatolie en Italie, dans le Piémont, en 1204. On l’appelait alors Meliga ou Melica (Heuzé, 1899).

A la fin du xve siècle la culture du Sorgho devint générale dans toute l’Europe méridionale. Elle s’étendit même vers le Nord en France, Belgique, Hollande, Allemagne et même en Angleterre.

Il ne mûrissait pas toujours dans le Nord. Il était connu sous le nom de Millet indien où Millet rouge, pour le distinguer des petits Millets. A cette époque le grain était surtout employé pour engraisser les pigeons et les volailles. On s’en servait aussi dans la fabrication du pain des classes pauvres ou paysannes. Ce pain cassant, de couleur foncée, plus ou moins astringent, était regardé comme de qualité inférieure à celui fait avec d’autres Millets. La farine servait à faire un potage au lait. Le Sorgho était aussi employé comme fourrage vert et sec, bien qu’on ait remarqué que des animaux étaient morts après ingestion de plantes vivantes. La moelle un peu sucrée et les fleurs servaient quelquelois en médecine.

La culture d’un Sorgho à balai dérivant de certains Sorghos à panicule lâche se pratique en Italie depuis plus de deux cent cinquante ans.

Gaspard Bauhin, en 1658, dit que les Italiens employaient les panicules frêles et rigides, à maturité, pour faire des balais et des brosses pour les habits ; et que cette coutume était aussi usitée en France.

Ray, en 1688, raconte qu'il a vu vendre ces balais à Venise. On ne sait pas à quelle forme de Sorgho cette variété se rattache. Mais L’Obel, en 1575, a figuré une forme à panicule lâche qui fut copiée par Dodoens, en 1583.

Arduino, en 1786, figure, à côté d’une variété à panicule serrée, une forme plus dégagée que le Sorgho à sucre chinois type et que l’Ambré hâtif. Cette forme pourrait bien être l’ancêtre du Sorgho à balai. Son Holcus niger (fig. 21) ressemble à une variété de Saggina (pl. 11, C) (Sorgho), cultivée encore en Toscane de nos jours.

La forme introduite en Europe du temps de Pline paraît se rattacher au type Sorgho sucré, bien qu’il ne soit fait nulle part mention des qualités de son jus. Ce Sorgho avait des tiges vigoureuses de 7 pieds de haut et de nombreux grains noirs. Cette couleur est celle des glumes foncées qui enferment presque complètement les grains.

Les auteurs du xvi® au xvirie siècle qui le mentionnent décrivent ce Sorgho comme ayant des grains rougeâtres et des glumes noires, des tiges de 7 à 10 pieds (2 à 3 mètres) de haut et des panicules de 9 pouces de long (23 centimètres).

De nombreux écrivains du x® au xvirre siècle décrivent le Sorgho à grains blancs cultivé en Asie Mineure, en Arabie et en Mésopotamie, mais aucun ne parle de son introduction en Europe.

C’est vers 1775 qu’Arduino commença à Padoue, en Italie, ses expériences sur la production du sucre de Sorgho. Il poursuivit son étude pendant dix ans,et, en 1786, publia une note dans laquelle il décrivait six variétés botaniques supposées être du Sorgho. Il donna de nombreux renseignements sur leur culture et leur emploi.

Il semble qu'il soit le premier auteur qui récolta et réussit une production de sucre.

Des six variétés décrites une était un nouveau Sorgho sucré venant de Cafrerie ou du Natal en Afrique du Sud. Une autre était le Douro blanc de l’Asie du Sud-Ouest et les quatre dernières étaient des formes cultivées depuis longtemps en Italie.

Tous ces Sorghos furent employés dans l’alimentation humaine et animale et les variétés les plus propres à cet usage furent employées dans la fabrication des balais et sélectionnées dans la suite.

On cultive encore beaucoup le Sorgho en Italie sous le nom général de « saggina » (pl. 11, C), qu’il s'agisse du Sorgho à balais, à grain, à fourrage ou à sucre. « Sagginella » s'applique à la « saggina » fauchée en vert pour le bétail.

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