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Silice . 54,54 % Fer Ra NO Alum.. 41,71 %
Culture.
Préparation du sol. — Lorsqu'on veut semer du Sorgho, il est bon de faire avant l’hiver un bon labour. M. le Directeur des Services agricoles de Vaucluse recommande un labour profond de 30 à 40 centimètres pour le Sorgho à balai, ceci compris en terre d’alluvion profonde. Il faut se garder d’amener le stérile en surface et d’enterrer la couche fertile avec des bons microbes qui travaillent mal, en profondeur, dans une terre mal aérée. La gelée a un effet excellent sur les mottes qu’elle ameublit en les émiettant.
Il faut, au Sorgho, une terre bien ameublie, bien divisée et tassée: jusqu’à 15 à 18 centimètres de profondeur, travaillée si possible quelques semaines avant la plantation.
Le labour d’automne facilite la pénétration de l’eau en profondeur, retient la neige et maintient la terre dans un état d’humidité favorable. La terre bien ameublie absorbe plus facilement la pluie non seulement avant les semailles ou les plantations, mais encore pendant le cours de la végétation.
La pratique du dry-farming, qui consiste à maintenir le sol
toujours meuble en surface, donne d’excellents résultats dans la culture des terres semi-arides sans irrigation.
Le dry-farming est, en fait, la production lucrative des récoltes, sans irrigation, dans les régions où il tombe moins de 500 millimètres de pluie annuelle. En fait, ce procédé, dénommé ainsi par les Américains, est d'application très ancienne, puisqu'il fut en honneur dans les grandes nations de l’antiquité et que certaines ont vécu et prospéré dans des régions semi-désertiques. L’Asie Mineure et la Perse en sont des exemples. La tradition ancienne du dry-farming est conservée dans le Sud de la Tunisie et sur les hauts plateaux d’Espagne.
Dans un sol humide, l’eau qui tombe est évacuée soit parle ruissellement, soit par les fissures profondes après avoir traversé la couche superficielle.
Dans les sols secs, il en est tout autrement. L’eau des pluies d’hivernage imbibe d’abord la terre, si celle-ci n’est pas imperméable ou trop perméable. Elle descend à un mètre et plus et quand la chaleur arrive, elle remonte en surface, par capillarité, chargée des matières fertilisantes puisées en profondeur. Il importe, par des façons culturales utiles, de l'empêcher de s’évaporer trop vite pour conserver aux plantes l’humidité nécessaire. Les Américains considèrent que pratiquement, dans un terrain recevant moins de 500 millimètres de pluies annuelles, on ne doit semer que tous les deux ans. j
La moisson finie, on passe la herse à disques qui pulvérise les mottes et écrase les chaumes, la terre est ameublie sur deux ou trois centimètres d'épaisseur, les fissures sont bouchées de façon à diminuer le plus possible l’évaporation de l'humidité du sol. En octobre on laboure à 15 à 18 centimètres de profondeur, en faisant suivre la herse aussitôt la terre ressuyée, si elle est trop humide, ou immédiatement, si son humidité n’est pas trop grande.
Après chaque pluie on donne un coup de herse pour diviser la croûte qui s’est formée en surface. Si le champ est envahi de mauvaises herbes, du chiendent par exemple, on laboure à 8 ou 10 centimètres, pas plus, et on bherse pour extirper les rhizomes.
L’ameublissement de la surface maintient l'humidité en profondeur.
Un binage vaut deux arrosages, disent les agriculteurs avertis.
Pour faire comprendre même à des enfants l’utilité des façons de surface, on place dans une soucoupe un morceau de sucre qu’on recouvre d’une couche de sucre semoule. On met un peu de vin rouge dans la soucoupe. Le vin imbibe le morceau de sucre par . Capillarité alors qu'il s’arrête au sucre’en poudre dans lequel il ne monte pas. Dans le sol, l’eau monte par capillarité et s'arrête à la couche ameublie en surface. Elle reste dans le sol au profit des plantes au lieu de s’évaporer en pure perte.
Le hersage et le labour léger doivent être répétés aussi souvent qu’il le faut ; le second pour détruire les mauvaises herbes, le premier pour maintenir l'humidité ; qu’il pleuve ou non, on sème le Blé à une profondeur de 10 à 12 centimètres pour que le grain se trouve au contact de la terre humide. Cette profondeur est discutée pour le Sorgho, certains préfèrent semer en surface. D’autres le sèment au fond du sillon en le recouvrant d’une mince couche de terre. La jeune plantule se développe plus lentement, mais elle est protégée des vents qui compromettent parfois une récolte, au début de son développement. Lorsque le sol a été souvent hersé, le sous-sol est tassé suffisamment. S'il n’en est pas ainsi, il est nécessaire d'obtenir ce tassement à l’aide du « Sub surface packer », sorte de rouleau à disques parallèles qui tassent le sous-sol sans tasser la surface. Cette opération, comblant les vides nuisibles à la végétation, permet à l'humidité de la profondeur de gagner le sol travaillé et donne une levée plus régulière de jeunes plantes plus vigoureuses.
Alors que nous donnons au Blé un seul roulage et un seul hersage, les Américains multiplient les hersages.
Après une pluie, le sol est-il battu et forme-t-il croûte, la croûte est ameublie par un léger coup de herse. On attend que la terre ne soit plus détrempée mais on opère assez vite pour qu’elle ne soit pas durcie.
Lorsque les jeunes plantes atteignent 10 à 15 centimètres, on se sert d’une herse à longues dents montée sur roues appelée
« Weder », qui ameublit la surface. Dans ces opérations une grande quantité de mauvaises herbes sont détruites, la plante cultivée qu’on doit semer très claire n’est que très peu touchée et ce qui reste prend une belle vigueur qui lui permet de résister à la sécheresse.
Afin de faciliter ces façons, on pratique, pour les céréales, la culture dite en bandes. En grande culture, on emploie un semoir de 3 m. 36 de largeur qui permet de faire trois bandes de trois lignes à 12 centimètres d’écartement. Ces bandes sont séparées par des interlignes de 95 centimètres environ dans le premier cas et de 78 centimètres environ dans le deuxième. On bouche les tubes distributeurs qui ne servent pas, le premier mode est considéré comme le meilleur.
En petite culture une simple charrue suffit. L'expérience montre que les bandes ensemencées à la main doivent avoir de 20 à 30 centimètres de largeur et des interlignes de 0 m. 80 à 1 mètre. Elle montre aussi que dans ces lignes on doit semer dru de un quart à un sixième en plus que si on semait en surface totale.
Cette méthode, recommandable pour certaines régions de France et surtout des colonies, a de multiples avantages : ameublissement parfait de la terre, destruction des plantes adventices, conservation de l’humidité du sol pendant la sécheresse, la couche superficielle ameublie empêchant l’évaporation, enrichissesement du sol en azote par les façons culturales, circulation contmuelle de l’eau de la profondeur au-dessous de la couche superficielle.
Il serait à souhaiter que cette méthode féconde soit largement employée dans certaines régions de France et de nos colonies, on ne saurait trop la recommander et les pertes causées par la sécheresse ne seraient plus tant à craindre.
Cette méthode est d’ailleurs critiquée par certains. Elle néces-
site en effet une main-d'œuvre coûteuse actuellement mais elle permet d'obtenir un rendement dans des terrains où les autres méthodes ne pourraient guère donner de résultats. Elle permet encore une économie considérable de semences et, de plus, on peut estimer à un milliard de francs le tort causé dans nos cultures
françaises par les mauvaises herbes, qui sont détruites par les sarclages et les binages, que, seuls, les grands éspaces d’interlignes permettent de pratiquer sans nuire aux plantes cultivées.
Il est toujours avantageux de semer sur une terre bien ameublie et bien débarrassée des herbes adventices. Sa récolte sera toujours meilleure. Comme les Sorghos se développent lentement au début de leur végétation, il est nécessaire de tenir le champ aussi propre que possible à l’époque des semailles.
Dans les régions sèches où l’on pratique l'irrigation, on a l’habitude d'irriguer avant de labourer. On laboure ensuite, on herse et on sème les grains aussitôt que possible.
Occasionnellement on fait une seconde irrigation plus tard
dans la saison si c’est nécessaire, mais on cultive le plus généralement le « Kafir » et le « Milo » avec une seule irrigation et sans autres soins de culture. Les autres variétés de Sorghos ont besoin d’une plus grande quantité d’eau, dont on règle apport suivant les besoins.
Dans les régions humides, on préfère le travail en planches comme pour le Blé, pour faciliter l'écoulement des eaux et éviter la macération des plantes.
Epoque des semailles. — Il est nécessaire de ne pas semer le Sorgho trop tôt pour éviter des mécomptes. Si on sème trop tôt, les grains lèvent mal et on est exposé à voir la gelée détruire les jeunes pousses. Au printemps 1921 mes semis du début d’avril n'étaient pas levés le 12 mai. {ls subirent jusqu’à maturité un retard d’une quinzaine de jours sur les semis du début de mai. Le meilleur moment des semailles est l’époque où les gelées ne sont plus à craindre. Au début de mai dans la région parisienne, plus tôt, suivant la latitude et le climat. Il vaut mieux semer dans une terre chaude; au-dessous de 159, le développement est presque nul, loptimum de température est 320.
Soins à donner à la semence. — Les grains sont trempés pendant vingt-quatre heures dans une solution aqueuse de sulfate de cuivre à 3 ou 4 p. 100, pour détruire les spores d’Ustilago Sorghi
qui donne au Sorgho la maladie du charbon des céréales (1). Ce trempage est très important. Il n’est pas rare de voir les trois quarts d’une récolte anéantis par ce champignon. Le sulfate de cuivre donne d'excellents résultats. En 1920, grâce à lui, je n’ai pas eu une seule panicule malade alors qu’en 1919 la moitié de ma récolte était atteinte. Le moucheron «Blast » Diplosis Sorghicola, insecte microscopique qui cause des dégâts considérables, est aussi à craindre comme nous le verrons. Les grains lourds qui donneront de bonnes plantes tombent au fond de la solution, les grains stériles ou parasités et les débris divers restent en surface. C’est une façon simple et économique d’opérer un triage. Les grains lourds s’imbibent d’eau et la germination est avancée de quelques jours.
1 kilogramme de sulfate de cuivre pour 100 litres d’eau et un trempage de douze à quinze heures seraient suffisants. Un autre procédé qui ne nécessite pas de euve de trempage serait à recom- . mander. Il consiste à faire dissoudre 1 kilogramme de sulfate de cuivre dans 5 à 10 litres d’eau pour traiter environ 5 hectolitres de Sorgho. La semence étendue sur un plancher ou sur une toile, à l’ombre, est aspergée avec la solution et bien brassée pour que tous les grains soient mouillés. On les fait ensuite sécher à l'ombre en les brassant de temps en temps.
Essai des grains. — [l est bon, en achetant une semence, de vérifier son pourcentage de germination. Pour cela on compte 100 grains pris au hasard et on les met sous cloche entre deux couches de papier à filtrer, de coton hydrophile, dans un linge replié sur une assiette ou simplement entre deux assiettes, celle du dessus renversée sur l’autre. On imbibe d’eau le papier, le coton ou la serviette et on place à une douce température entre 20 et 300. Les grains se gonflent, se ramollissent et germent. On compte les grains germés et ceux non germés. On a ainsi le pourcentage de bons grains. Pour avoir une moyenne on peut faire deux ou trois opérations semblables.
Il est essentiel pour obtenir de bonnes récoltes d'employer
(1) Voir Parasites du Sorgho.
comme semence de bons grains de. variétés pures de la dernière récolte. Les grains anciens donnent des plants moins vigoureux. Les grains de deux ans sont encore bons. Il sera préférable de semer des grains ayant müûri en même temps sur des pieds à panicules amples et garnies, bien typiques, se rapprochant le plus possible du type qu’on a choisi, avec des grains clairs de belle venue et de bonne valeur alimentaire.
Choix des variétés. — Si on veut obtenir du fourrage dans le Nord, l’Est ou l'Ouest ou dans la région parisienne, dans la région correspondant au nord de la Loire, on choisira l’Ambré hâtif ou Sucré hâtif de Minnesota ou l'Ambré rouge. Ces deux variétés hâtives, placées dans de bonnes conditions de chaleur et d'humidité, arriveront à maturité en quatre-vingt-dix à cent jours quand la terre et la saison seront assez chaudes. En pratique, du Sorgho sucré hâtif de Minnesota, semé au début de mai, mûrit au nord de la Loire et dans la région parisienne en septembre. Ces deux Sorghos donnent un excellent fourrage.
En 1921, j'ai cultivé un Sorgho à grain très résistant à la sécheresse, un Douro hâtif et nain, à Vanves (Seine) et à Morée (Loiret-Cher). À Vanves, en terrain sec et léger, il est arrivé à maturité au début de septembre avant le Sucré hâtif de Minnesota. A Morée, en terre à fond frais, les mêmes grains ont donné des plants plus forts qui n’étaient pas mûrs en fin septembre.
J’ai cultivé aussi, dans ces deux localités, un Milà chandelles hâtif, var. en massue (Pennisetum typhoideum, Rich.), qui, dès le 15 août à Vanves, atteignait plus de 2 mètres de haut et fleurissait. Cette plante robuste, voisine des Sorghos, serait d’un intérêt considérable par les années sèches. Elle se développe en Afrique occidentale et dans l’Afrique du Nord, dans des régions qui reçoivent seulement 15 à 30 centimètres de pluie par an. Mes grains de semence étaient d’origine tunisienne.
Dans le Midi, on choisira l’Orange, le Colman, le Mac Lean, le Sucré hâtif de Minnesota, qui ont donné de bons résultats en Roussillon en 1917 (Ruby, Annales des Sc. Agr., n° 2, 1921) ou encore les meilleures autres variétés sucrées. Dans les régions
Fig. 26. — Sorgho hâtif de Minnesota, Minnesota Amber.
Fig. 27, — Mil à chandelles, var. M. en massue — Millet Perle. Pennisetum typhoideum, Rich.
sèches, les Douros hâtifs analogues à celui que j'ai cultivé en 1921 (fig. 47) et le Mit à chandelles hâtif (fig. 27) qui résistent parfaitement à la sécheresse seront à recommander. Le dernier surtout comme fourrage. Il a l'avantage de n’être pas toxique avant la floraison. On pourra également essayer les Kafirs et les Milos et aussi les Mohas qui résistent très bien à la sécheresse, et aussi les Millets qui ont besoin d’eau.
On peut cultiver le Sorgho sucré pour fourrage jusque dans le nord et l’est de la France. La variété Sucré häâtif de Minnesota, Black Amber où Ambré hâtif de Minnesota m'a donné d'excellents résultats dans la région parisienne où elle mûrit très bien. C’est d’ailleurs la seule variété sucrée que j’aie pu me procurer Jusqu'ici.
Les Américains recommandent l’Ambré rouge, Dokota Amber ou Red Amber, qui serait quelque peu plus précoce et, disent-ils, incontestablement plus tendre, peut-être plus juteux et plus sucré. Cette variété serait à essayer en France jusque dans le Nord.
Pour les pays plus chauds analogues à notre région méditerranéenne : Midi, Algérie, Tunisie, Maroc, ils recommandent les variétés Sumac, Orange, Honey (Miel) quelquefois appelé Canne japonaise et Goose neck (cou d’oie), qui réussissent mieux.
Pour les climats semi-arides (steppes), ils recommandent les Sorghos non sucrés : variété de Kafir et les variétés des groupes et Mil Douro qui, originaires des climats secs et chauds, résistent mieux à la sécheresse et donnent une récolte intéressante où ces autres variétés ne donnent rien.
Le docteur Trabut d’Alger indique, comme fourrage d’été résistant à la chaleur et à la sécheresse, une petite variété non traçante du Sorgho d'Alep, le Sorghum exiguum, Forskal, 1775, ou «Sorgho menu ». Cest le « Tunis grass » des Américains (C. R. Ac. d'Agriculture, 26 janvier 1916).
Ce serait une erreur de cultiver le Sorgho sucré dans un climat sans pluies d’été ou sans irrigation possible. L’échec serait certain.
L’optimum de température de croissance est 329 environ. Audessous de 159 le développement est très faible. Il faut tenir
compte de ces températures pour conseiller ou non la culture du Sorgho.
Caractères des meilleures variétés sucrées
employées comme fourrage.
On reconnait les Sorghos sucrés au jus doux que contiennent leurs tiges. Ils sont généralement bien fournis en feuilles et leur taille est assez élevée. Les panicules varient de forme, depuis la panicule compacte et serrée du Sorgho Sumac jusqu'aux panicules lâches et largement étalées des variétés de Sorgho sucré chinois et de ses dérivés sélectionnés : Sucré hâtif de Minnesota (Amber) et Sorgho Miel (Honey), en passant par les variétés à panicules denses, mais plutôt ouvertes, des S. orange et S. à crochet, Cou d’oie (Goose Neck) et les panicules en ombelle du S. Planteur (Planter Sorghum), dont les rameaux s’insèrent comme ceux du Sorgho à balai, mais sont plus courts.
Les agronomes américains considèrent que, dès 1906, à part une seule variété de S. sucré, originaire de Chine, il existait bien aux Etats-Unis 200 variétés, dites sucrées, mises en culture. Certains de ces Sorghos n’ont jamais été cultivés que dans des points très restreints et n’ont pas, d’ailleurs, un grand intérêt. Il existe entre ces variétés des formes de passages (1) (fig. 28). Pour mettre un peu d’ordre, on peut les ranger autour de cinq variétés bien différenciées, chefs de files (2).
19 Le Sorgho sucré Planteur (Planter Sorghum), type à panicule en ombelle ou parasol. C’est l’Holcus cafer d’'Arduino, 1786
* (fig. 22), le Mil en parasol de Chevalier, Costantin et Feydeau,
1922 (PI. 4 B.), le S. Caudatum, variété cerevisiae de Stapf.
L’axe de la panicule est court, les rameaux s’insèrent en des
(4) Figure de Sorgho sucré de forme intermédiaire entre le sucré type chinois, à panicule diffuse et le Sorgho Planteur à panicule en ombelle. Ici, on voit plusieurs rangs de rameaux mais le sommet est étalé en ombelle.
(2) Sauf le « Freed Sorghum », toutes les variétés sucrées décrites ici sont aussi utilisées pour la fabrication du sirop, nous n’y reviendrons pas dans le chapitre spécial à cette industrie.
Fig. 28. — Inflorescence de sorgho sucré à axe raccourci intermédiaire entre le $. sucré et le Mil en parasol ou l’Holcus cafer d'Arduino,
points très rapprochés, formant un corymbe ombell forme à la manière du Sorgho à balai, mais les rameaux bien chargés en grains sont plus courts que dans cette dernière variété. Il est cultivé pour le fourrage et pour le sucre, comme variété secondaire.
20 Le Sorgho sucré type chinois, S.saccharatum, avec ses variétés hâtives : Ambré hâtif de Minnesota, Ambré rouge et sa variété tardive, le S. Miel (Honey).
Le Sorgho sucré Ambré hâtif de Minnesota est apparu dans un champ de Sorgho sucré chinois, cultivé dans le Territoire indien, c’est une variété hâtive recherchée pour cette raison.
On peut la cultiver en latitudes assez élevées puisqu'elle mûrit aux environs de Paris et même, dit-on, dans le nord de la France. On la cultive jusque dans i’ Etat de Minnesota qui lui a donné son nom, comme pays d’origine de grains appréciés D’après Bailey (Encyclopedie of American Agriculture), cette variété serait due . à une sélection de Seth H. Kenney. C’est, avec l’Ambré rouge, la variété la plus hâtive, elle mûrit en 70 à 100 jours, le temps nécessaire variant avec la latitude, l’altitude, la chaleur, la lumière, Phumidité et le terrain.
On reconnait les Sorghos ambrés à leurs tiges minces, élégantes, leurs feuilles peu nombreuses et leurs panicules plus ou moins diffuses, longues et ramifiées. Les tiges sont tendres, juteuses et sucrées, les grains sont plus gros que ceux du Sorgho Sumac Ils sont de couleur brun jaunâtre et de forme plutôt elliptique. Ils sont presque enfermés dans les glumes généralement aiguës, noires ou rouges, suivant la variété.
Ces Sorghos ne sont pas les plus productifs à cause de leur pré-
cocité, mais ils sont adaptés au climat du nord des Etats-Unis. Je les ai cultivés aux environs de Paris, on peut les recommander sans crainte.
J'ai eu les deux variétés, parmi d’autres, dans mes semis assez impurs. Elles ont besoin d’eau d'irrigation ou de pluies d’été, sans excès; pour de bons résultats culturaux les années humides leur sont défavorables.
Il est à noter que le Sorgho sucré ambré hâtif de Minnesota
a donné une récolte intéressante en tiges et en grains dans le Gard, par une sécheresse qui dura de juin en fin de saison. Dans ce cas, les panicules sont plus petites et moins étalées et les tiges sont aussi moins hautes. C’est pourtant un fourrage apprécié dans un pays qui en est si dépourvu pendant la saison sèche.
Une autre variété de l’Ambré hâtif est connue sous le nom de « Folger » (Denton Folger ou Folger early), c'est une race améliorée de l’Ambré hâtif dont elle a tous les caractères.
On a cultivé depuis quelques années dans le Kansas un Sorgho sélectionné par M. S-K. Freed, de Scott City Kansas. On le ” connaît sous le nom de « Freed sorghum » (pl. 2, B). Il est intermédiaire entre les Sorgho sucré à panicule diffuse, S. sucré hâtif de Minnesota, dont il a le port, et les Sorghos à grain. Sa tige, moins juteuse que celle du Sorgho sucré, peut être employée comme fourrage et le grain presque blanc, très pauvre en matière colo- . rante, est un excellent aliment pour les animaux de la ferme.
Le Sorgho Miel (Honey) (fig. 3), se rapproche du Sorgho type chinois par sa panicule longue et diffuse et ses tiges qui atteignent 2 m. 10 à 3 mètres de haut avec treize à dix-huit nœuds. Elles sont cependant plus grosses que celles du type chinois. Elles ont de 2cm.5 à 3 cm. 8 de diamètre à la base, sont très sucrées et plus tendres. C'est une variété tardive qui demande cent trente à cent quarante Jours pour arriver à maturité. Elle ne peut être recommandée que dans le Midi ou dans l'Afrique du Nord et encore dans des régions favorables. L'auteur américain A. Hugh Bryan, 1913, le considère comme probablement d’origine africaine.
30 Le Sorgho sucré orange(S. caffrorum, Beauw.), (pl. 10, A), est d’origine sud-africaine, sa panicule a un axe long. Elle est de forme générale cylindrique, plus massive et plus compacte que celle des précédents. Elle est cependant plus lâche que celle du Sorgho Sumac, dont nous parlerons par la suite.
Le Sorgho orange hâtif (Early Orange Sorghum), comme on appelle généralement cette variété-type, demande environ deux à trois semaines de plus que l’Ambré hâtif pour arriver à maturité. Il donne un rendement supérieur à l’hectare à cause de ses tiges généralement plus hautes et de ses panicules plus fournies.
On trouve sur le marché des formes nombreuses de cette variété, le Sorgho Orange du Kansas et le Sorgho Orange tardif.
La variété S. Colman qui est, sans doute, un hybride du S. Ambré hâtif et du S. orange, est celui qui s’est montré le plus riche en sucre. Il est d’ailleurs presque identique au S. orange comme port et temps de végétation.
On a cultivé également aux Etats-Unis le S. Collier qui, au moment de son introduction, différait notablement du S. orange. Il semble que cette variété ne soit plus cultivée à l’état de pureté.
5 Le Sorgho Sumac (Red top Sorghum), (S. caffrorum, Beauv.) (pl. 10, B), comme le S. orange, a une panicule de forme générale cylindrique, mais elle est plus serrée et ses grains brun rougeâtre sont les plus petits des Sorghos sucrés. La tige forte et trapue est pourvue d’une abondance de feuilles ; elle atteint 2 à 3 mètres de haut. =
Son développement est uniforme et l’arrivée à maturité est généralement régulière. Ce Sorgho müûrit en quatre-vingt-dix à cent vingt jours. C’est une variété méridionale cultivée seulement dans le sud des Etats-Unis pour le fourrage et le sirop. Il ne faudrait pas vouloir la cultiver ailleurs que dans des localités du Midi ou d'Afrique du Nord à exposition très favorable ou dans des climats plus chauds.
Le Sorgho à crochet, Cou d’oie (Goose Neck) (S. Cernuum, Host.) (pl. 10, C), est reconnaissable à première vue et son nom lui-même vient de la courbure en crosse qu’affecte le haut de sa tige à la maturité. C’est un Sorgho africain d’origine que les anciens auteurs ont appelé S. cernuum Ard. Dans ce groupe de Sorghos penchés, il existe des races sucrées et d’autres à moelles sèches et les Américains ont sélectionné aux Etats-Unis des Sorghos penchés, S. Doura, dont la panicule reste droite, la récolte des panicules droites étant plus facile que celle des panicules penchées. Lorsqu'on sème un peu espacé la tige du Sorgho sucré à crochet est grosse et rougeâtre, elle atteint 3 mètres à 3 m. 50 de haut et 2 em. 5 à 5 cm. 5 de diamètre à la base. Cette variété est tardive, elle met environ dix jours de plus que le Sorgho Orange et le S. Sumac pour arriver à maturité. Elle est seule-
ment cultivée dans le sud des Etats-Unis et ne conviendrait, dans la région méditerranéenne, que dans des localités très bien exposées à terrains très favorables ou dans des régions coloniales plus chaudes. :
Les Sorghos non sucrés employés comme fourrage.
Dans les régions sèches où.les Sorghos sucrés poussent mal, où le Maïs ne donne pas non plus de bons résultats, on est forcé de s’adresser aux plantes de steppes. ;
Certaines variétés de Sorghos sont supérieurement adaptées à ces climats.
On peut dire que sans les groupes des Mils et des Douros d’immenses régions sèches d'Afrique et d’Asie seraient inhabitables. Il en est de même du groupe des Xafirs ou Blé Cafres, qui sont originaires des régions sèches de l’Afrique du Sud.
Ce nom « Kafir » est d’origine arabe, il veut dire «infidèle ». (S. caffrorum, Beauv.)
On compte aux Etats-Unis six variétés de Kafir.
Le White Kafir, Kafir blanc. C’est une des deux variétés de Sorghos à grains introduites en 1876, aux Etats-Unis, provenant de l’Est de l’Afrique du Sud.
Cette variété n’est pas recommandable.
Les glumes et les grains sont blancs.
Le Blackhull Kafir, Kafir à glumes noires, dont les tiges vigoureuses contiennent un jus un peu acide, demande cent quinze à cent quarante Jours pour arriver à maturité. Il n’est pas aussi hâtif que les autres et, partant, moins recommandable pour nos pays.
Le Dawn Kafir, Kajfir Aurore, dérivé du Blackhull. C’est une forme hâtive et naine qui a été obtenue et développée depuis une douzaine d’années par le Département d'Agriculture des Etats- Unis. Sa taille va de O0 m. 90 à 4 m. 40.
Le Sunrise Kajir, Kafir Soleil levant, a la même origine que le précédent. Il a été sélectionné et développé depuis la même époque. Ses tiges robustes et de petite taille atteignent 1 m. 50
et 2 mètres de haut dans les régions sèches du sud-ouest des Etats-Unis et, de plus, elles ont l’avantage de contenir un jus sucré.
Le Red Kafir, Kafir rouge, fut introduit aux Etats-Unis en même temps que le White Kafir, en 1876. Il est de même provenance. Comme lui il est un peu délaissé et remplacé par le Blackhull et ses variétés qui sont mieux adaptés et donnent de meilleurs résultats. Ses grains sont rouges et ses glumes rouge foncé ou noires.
Le Pink Kafir, Kafir rose, a été introduit récemment de l'Afrique du Sud aux Etats-Unis. Il a des grains d’une teinte rosée, Intermédiaire entre les variétés à grains rouges et celles à grains blancs. Il a été introduit en agriculture sous le nom de Pink Kafir, mais n’a pas une grande importance commerciale.
Dans le Kansas on cultive maintenant un Kafir rose qui donne de bonnes récoltes dans des conditions moyennes inférieures. Son origine n’est pas connue. Il est probable qu’il provient d’un croisement naturel entre le Xafir blanc et le Kafir rouge.
Cette variété est très hâtive. Elle pousse à la manière du Kafir blanc. Sa panicule ressemble à celle du Kafir rouge comme forme et comme taille, mais ses glumes sout de couleur grise et ses grains sont rouges ou roses.
Le groupe Mil-Doura ou Douro (S. Durra Stapf.), est caractérisé par des tiges à moelle sèche, élancées, d'environ 0 m. 90 à 2 mètres de hauteur, portant sept à onze feuilles plutôt petites ; des panicules ordinairement ovoides, grosses et denses. Les glumes sont généralement noires. Elles sont grises dans quelques variétés. . Les grains sont larges, fortement aplatis, bruns, jaunes ou blancs, recouverts au tiers ou à moitié par les glumes.
Le haut de la tige est plus ou moins courbé. Cette courbure du haut de la tige étant considéré comme un défaut pour la facilité de la récolte, on s’efforce de la supprimer en cultivant les meilleures variétés à tiges droites.
Six variétés sélectionnées de ce groupe sont maintenant cultivées aux Etats-Unis, ce sont:le Mil standara, le Mil nain, le Mil blanc, le Mil nain blanc, le Feterita et le Durra blanc. Normale-
ment, ces variétés müûrissent en quatre-vingt à cent dix jours dans les parties les plus sèches des grandes plaines du sud des Etats-Unis.
Ces variétés sont encore mieux adaptées que les Xaftrs aux terrains secs. Elles demandent moins d’eau, poussent plus vite, et supportent dans l’ouest du Kansas, de lOklahoma et du Texas, avec 500 millimètres de pluies annuelles, une altitude de 1.000 mètres et au-dessus.
Nous en étudierons les caractères à propos des Sorghos à grains. Leur résistance à la sécheresse permettrait sans doute de les cultiver dans certaines régions sèches du Midi et de l'Afrique du Nord.
Les nombreuses variétés de Kafir sont courtes et trapues. Les variétés les plus estimées comme fourrage sont le Blackhull Kafir, les Kafirs nains, rose et rouge. Dwarf, Pink, Red Kaïirs et le Sunrise Kafir qui, par son jus sucré, se recommande particulièrement pour la conservation en silo.
Elles ont de larges feuilles et produisent une quantité considérable d’un excellent fourrage et donnent aussi une bonne récolte de grain. Elles sont assez résistantes ; leur croissance, arrêtée pendant la période très sèche, reprend à la moindre pluie. Quelquefois la pluie se fait tellement attendre que la maturité des grains ne peut se faire avant les gelées et qu’on est obligé d'employer la récolte entière comme fourrage.
Le groupe des Mils, plus particulièrement le Ml jaune, continue à pousser pendant la sécheresse et produit des grains dans toutes les conditions. C’est pourquoi le Nil jaune est mieux adaptable que le Xafir aux régions pauvres en pluies.
En cultivant bien, on peut obtenir de grosses récoltes de ces deux plantes dans des régions recevant seulement 250 à 300 millimètres de pluie pendant la saison de culture.
Les différentes variétés de Kafir, surtout lorsqu'on emploie des grains choisis, sont de cultures très uniformes, et comme les panicules sont toujours droites, la moisson est facile à faire par n'importe quelle méthode usuelle.
Le groupe des Douro non sélectionnés est plus variable de
taille, et comme les panicules sont souvent recourbées, la récolte est plus difficile à faire que celle du Kafir. On remédie à cet inconvénient en semant épais et en sélectionnant seulement les panicules droites, et de petite taille. En fait les variétés sélectionnées ont des tiges moyennes ou petites et des panicules droites.
Les tiges et les feuilles du Xaÿjir restent vertes jusqu’à la maturité complète de la panicule, tandis que dans les Douros elles sont presque sèches à la maturité des grains.
C’est pourquoi on considère les Xafirs comme une meilleure plante fourragère que n’importe quelle autre espèce. Leurs tiges juteuses contiennent une sève abondante qui n’est pas sucrée comme celle du groupe des Sorghos sucrés. Cependant le Sunrise Kañjir, Kafir Soleil levant, variété nouvelle sélectionnée récemment aux Etats-Unis, contient un jus sucré.
Le Mil jaune est quelquefois juteux,- mais le Blé de Jéru- Salem et le Douro brun sont généralement secs et leur tige est pleine d’un tissu spongieux. C’est pourquoi il est préférable d'employer le Xafir lorsqu'on veut cultiver ces Sorghos comme fourrage.
Le Kafir demande cent dix à cent trente-six jours pour que ses grains mürissent. Le Ml jaune et le Douro ne demandent que quatre-vingt-dix à cent dix jours.
Le Mil et le Douro ont un grain qui se brise lorsqu'il est sec, ce qui n’arrive pas avec le Kafir. Ces variétés sont souvent mangées par les oiseaux. En Amérique on recommande de planter de grands espaces pour que les dégâts soient proportionnellement moindres.
En France, les moineaux sont friands des grains de Sorghos.
La culture du Kafir comme fourrage serait à recommander en France où les années sèches comme 1919-1920 n’ont pas permis, dans certains endroits, d'obtenir des récoltes suffisantes avec le Sorgho sucré hâtif de Minnesota. |
Les Kafirs devraient donner de bons résultats comme fourrage en Touraine, en Poitou, dans les endroits bien exposés, dans le Midi et en Afrique du Nord. Je n’ai pas pu, malheureusement,
vérifier mes dires, n’ayant jamais pu jusqu'ici cultiver ces variétés.
Je les cite pour mémoire et pour engager des agriculteurs soucieux de leurs intérêts et de l'intérêt du pays, à tenter cette culture qui devrait être précieuse par temps de sécheresse.
Le Douro blanc m'a donné de bons résultats, tant à Vanves (Seine) où il est arrivé à maturité le 10 septembre en terrain sec, après cent dix jours de végétation, qu’à Morée (L.-et-Ch.).
Sorghos sauvages. — Dans les comptes rendus de l’Académie d'agriculture de France, 26 janvier 1916, le D' Trabut recommande comme fourrage, pour les régions sèches, un petit Sorgho : le Sorgho menu (Sorghum exiguum Forsk., Holcus exiguus, Forskal, 1775), qui est apparu dans les carrés de la station bota- . nique d’Alger et qui s’est propagé spontanément depuis. C’est le Sorghum halepense virgatum d’'Hackel. Des grains envoyés d'Alger aux Etats-Unis ont donné là-bas par confusion le Tunis Grass.
Cette forme non traçante de Sorgho, dit le Dr Trabut, pourrait être regardée comme l’espèce primitive ayant donné les nombreuses variétés des Sorghos cultivés en Afrique et en Asie. Dans sa Flore d'Algérie (1895), cet auteur décrit une forme annuelle du Sorgho d’Alep (Sorghum halepense annuum Trab.), très commune à l'embouchure de loued Zour entre Collo et Djidjelli.
Cette forme annuelle est élevée, ses panicules très fournies de 40 à 50 centimètres. Les indigènes la nomment « Mez’ra » qui dérive sans doute du verbe arabe « Mezzradj » qui signifie mélanger. Les Kabyles de l’oued Zour trouvent ce Sorgho en mélange dans leurs cultures et le regardent comme le résultat d’un croisement d’un Douro avec le Doukno (Sorgho d’Alep).
Le Mez'ra cultivé n’a présenté aucune variation. Si c’est un hybride, il est bien fixé.
Au point de vue de l’utilisation comme fourrage, ces formes. S. exiguum et annuum ont le caractère de n’avoir pas un rhizome traçant, d’avoir des tiges grêles qui permettent la fenaison et l’obtention d’un bon foin. Le Sorgho d'Alep réussit très bien
B. et C. — Grains de Sorgho d’Alep, à gauche, de Sudan grass à droite, montrant leurs grosseurs comparatives.
dans la région parisienne. J’en ai cultivé. Il n’est pas recommandable comme fourrage dans nos régions septentrionales bien que très vivace. Son rhizome traçant ne gèle ordinairement pas et redonne des pousses vigoureuses au printemps.
« Analyses de fourrages frais récoltés à Vanves (Seine) en septembre 1921.
Sorgho sucré Sorgho d'Alep | Sorgho Douro hâtif Sorgho à balai [Nil à chandelles!
de Minnesota
EAN LEE MEME 1,00 76,03 74,61 9785 77,20 Cendrier on Es 1,94 2,30 1,22 1,62 1,82 Sucres en glucose ….... 0529 2,15 780 4,60 k,14 Matières amylacées …. 7,43 7,44 6,30 6,40 k,72 Matières grasses et cires 0,30 0,26 0,32 0,40 0,35 Matières protéiques... 1,53 SE 250 4,91 DD Cellulose nr 10,78 PACY) 7,02 9,83 9,24 ER ARE er RE 0,30 0,21 0,18 0,39 0,26
Analyses faites en février 1922, de fourrages secs récoltés à Vanves (Seine) en octobre 1921.
Sorgho sucré Sorgho d'Alep | Sorgho Douro hâtii Sorgho à balai |Mil à cbandelles
de Minnesota Humidité. ce ue. 43,3% | 15,17 | 17,18 | 14,66 | 12,98 CendTes r Ce ee 6,13 2100) DE) 5,28 5,18 Sucres totaux en glu- COR RME D TR ee 4,01 | 14,00 | 17,92 5,30 7,438 Matières amylacées ...| 18,51 19583 16,86 24,48 21,35 Matières grasses. ..... 1703 0,90 1,96 1,63 ALTT
Matières protéiques.., 8,51 5,50 6,37 6,43 7,81 Matières cellulosiques .| 51,02 40,60 33,28 050) 43,80 dose nan: ee 0,45 0,51 0,68 0,50 0,64
Ces variétés paraissent capables de rendre de grands services dans les régions méridionales arides et dans le nord de l'Afrique où le fourrage est rare et cher. Le rendement est considérable, on peut généralement faire deux coupes. On peut les semer avec des Légumineuses, par exemple : le Dolichos Lubia, le Dolichos
lablab, que les Américains appellent Cowpea (pois à vache) ou certains Soja. ;
Comme avec les autres Sorghos, il faut prendre des précautions pour éviter les intoxications avec le fourrage jeune et vert. Il ne faut pas récolter avant la fin de la floraison. Les grains sont abondants, mais à la maturité les épillets se désarticulent facilement et tombent. Il faudrait récolter les panicules et les faire sécher. Les grains se détachent au moindre choc.
Le Sudan grass (Sorghum sudanense, Stapf.) (pl. 7, A et B), comme le Sorgho menu est une variété annuelle du Sorgho d'Alep, Johnson grass, sans rhizomes traçants (pl. 8, A). Cette variétéut obtenue à Khartoum en 1909 à la suite de recherches faites au Soudan. Il ressemble, comme port, au Sorgho d’Alep mais ses grains sont sensiblement plus gros. Aucune autre plante . importée n’eut un succès aussi rapide aux Etats-Unis. Il atteint normalement de 0 m. 90 à 1 m. 50 et peut même aller jusqu'à 2 m. 50 de hauteur.
Pour avoir du fourrage et de la pâture, on sème à la volée et on cultive en bandes espacées pour obtenir des grains de semence. Pour avoir un bon rendement il faut un climat chaud. Dans les régions irriguées du sud-ouest des Etats-Unis, il donne autant de fourrage que la Luzerne (un peu inférieur cependant) et produit une bonne nourriture pour les vaches laitières. Comme pour tous les Sorghos, il vaut mieux attendre sa maturité pour la récolte ou pour y faire pâturer les animaux. Pour en conserver la semence pure, il faut isoler les champs de culture pour grains des autres champs de Sorghos, avec lesquels il se mélange très facilement, en particulier avec le Sorgho d’Alep et les Sorghos sucrés.
Le Sudan grass contient aussi du glucoside cyanogénique à dose d’autant plus forte que les conditions climatériques ont été plus mauvaises. C’est pourquoi il est prudent de ne pas le faire consommer avant maturité complète. C’est un terrain argileux riche qui lui convient le mieux. Mais toutes choses égales, comme terrain, il donne généralement un meilleur rendement que la plupart des autres fourrages. Un sol humide lui est nettement
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contraire, Il faudra drainer à fond si on veut obtenir des résultats dans de tels terrains.
H. Vinall et R.-E. Getty, 1921, citent comme Sorghos sauvages annuels qu’on peut considérer comme intermédiaires entre le Sorgho d’Alep et les Sorghos cultivés :
Le Tunis Grass (Sorghum virgatum, Stapf.) (Andropogon sorghum virgatum Hack., Piper), introduit accidentellement en Algérie dans un lot de grains provenant d'Egypte. À été découvert par Trabut d'Alger qui l’a introduit aux Etats-Unis. C’est une plante indigène du Soudan égyptien, où elle pousse à l’état sauvage. Sa culture a été abandonnée pour celle du Sudan grass beaucoup plus intéressante.
Le Tunis grass se croise avec les autres Sorghos, les croisements semblent plus intéressants que la plante-mère.
Le Kamerun grass (Sorghum arundinaceum, Stapf.) (Andropogon sorghum effusum, Hackel) (pl. 9, B), a été introduit aux Etats-Unis de Bahia (Brésil) par P.-H. Dorsett, il est très commun dans cette région où il porte le nom de « Campim de boï » (herbe à bétail). Cette plante est certainement originaire de la côte du golfe de Guinée où de nombreux voyageurs l’ont trouvée à l’état sauvage le plus souvent au bord des cours d’eau. Elle fut sans doute introduite au Brésil, par les esclaves, de la même façon qu’à Cuba où elle est aussi très commune. On l’a trouvée à San Tomé, à Fernando P6, au Cameroun, en Guinée espagnole, au Togo, sur le Niger et le Congo. Shantz l’a aussi rencontrée au bord de la rivière Lualabaet dans l’Est du Congo belge. Elle semblerait donc largement étendue en Afrique équatoriale aussi bien que sur la côte du golfe de Guinée.
En culture, le « Kamerun Grass » atteint 2 à 3 mètres, ses tiges droites sont environ de la grosseur d’un crayon. Les feuilles plutôt rudes sont étroites avec une nervure médiane épaisse. Sa panicule est grande, lâche et a des tendances à se pencher. D'une facon générale, sa forme est celle du Sudan grass, mais elle est plus velue. Le grain tombe moins facilement que ceux du Tunis grass ou du Tabucki grass. Les essais de culture qui en ont été faits aux Etats-Unis montrent que cette plante est
inférieure au Sudan grass, mais que, cependant, elle pourrait avoir quelque valeur comme sujet de croisement avec le Sudan grass ou les Sorghos.
Le Tabucki grass (Sorghum verticilliflorum Stapf.), (Andropogon Sorghum verticilliflorus, Stendel, Piper), est un Sorgho sauvage qui paraît indigène dans tout lEst africain et Sud africain, du mont Kilimandjaro au Cap. On l’a également signalé dans les îles de l’océan Indien. Il est très voisin du Kamerun grass, ses tiges sont droites ou légèrement penchées, atteignent 2 à 3 mètres de haut et sont un peu plus grosses qu’un crayon. Elles ont neuf à dix feuilles plutôt étroites et rudes, ses panicules sont amples et écartées comme celles du Kamerun grass. M. Edouard Ahne l’a signalé à Tahiti où il pousse à l’état sauvage le long des criques, des routes et des terres en friche. Les chevaux ét le bétail le recherchent avec avidité. H.-N. Vinall et R.-E. Getty le considèrent comme un fourrage de peu de valeur.
L’Hewison grass (Andropogon sorghum hewisoni, Piper) (pl. 9, A), fut découvert en 1912 par R. Hewison dans la province de Sennaar au Soudan égyptien.
Il a une tige légèrement douce d’environ 16 millimètres de diamètre et d’environ 3 mètres de haut, de nombreuses feuilles plutôt larges et une panicule compacte.
Ce Sorgho sauvage est plus localisé que les autres. Il se rapproche des variétés cultivées. Il est même possible que cette : plante ne soit qu’un croisement entre un Sorgho cultivé et quelqu'autre Sorgho sauvage.
Le Chicken Corn, grain à volaille (Sorghum drummondii, Stapf.), - (Andropogon sorghum drummondii, Nees, Hackel) (pl. 8, B) introduit en Amérique par les esclaves noirs. Il fut découvert par Drummond à la Nouvelle-Orléans en 1832. Il est largement répandu en Louisiane et au Mississipi où il est connu sous le nom de «Chicken Corn ». Il pousse spontanément jusque dans les champs cultivés du Kentucky. On le rencontre également dans les Carolines, au Mexique, au Yucatan et au Guatemala.
Ce Sorgho a été sans doute modifié par la culture, car sa forme
Pr 0:
PB. Kamerun grass — Herbe du Cameroun (Sorghum arundinaceum, Stapf.) (cl, H.-N. Vinall et R.-E. Getty).
A, Jlewison grass (Andropogon sorghum Hewisoni, Piper) (cl. H.-N. Vinall et R.-E, (Getty).
actuelle ressemble aux formes cultivées plus qu'aucun autre Sorgho sauvage.
C’est une belle plante dont les tiges juteuses atteignent environ 3 mètres de haut et 15 à 16 millimètres de diamètre, avec des feuilles plutôt larges, assez abondantes. La panicule est largement ouverte et s’écarte comme celle du Sorgho sucré hâtif de Minnesota.
C’est une forme intéressante au point de vue historique mais qui n’a pas la valeur des Sorghos cultivés.
Hybrides du Sorgho d'Alep. —— Les Américains ont sélectionné différents hybrides du Sorgho d'Alep (Johnson grass). Ceux-ci ressemblent beaucoup au Sudan grass mais ne se montrent pas supérieurs à cette dernière plante, qu'ils pourraient cependant remplacer, à qualité à peu près égale.
Les Sorghos non sucrés pourront être cultivés en été dans les climats à hivers rigoureux. Ils sont moins exigeants que les Sorghos sucrés et donnent un bon rendement. Dans ce cas on pourrait les cultiver en mélange avec des Vesces ou des Pois. Il est nécessaire que l’été soit assez long et assez chaud.
Semailles. — On sème le plus souvent le Sorgho en rangées. Deux méthodes usuelles sont employées, en surface, par bandes ou en sillons. La première est la meilleure pour les régions à pluies modérées, la seconde, pour les régions sèches.
Pour les semis en surface, la terre doit être préparée à la charrue et à la herse.
On sème au semoir ordinaire à Blé ou à Maïs en ayant soin de mettre une plaque spéciale pour Sorgho. On peut aussi semer les bandes à la volée, mais le grain est souvent mal réparti, ce qui nuit à la qualité finale de la récolte.
Avec le «lister » ou «sillonneur » des Américains, il est possible d’ensemencer en sillons, sans travail préalable, un champ resté propre. Ce procédé qui économise la main-d'œuvre ne vaut jamais les labours d'automne et les façons de printemps, avant les semailles. Il peut cependant rendre des services et peut être
recommandé lorsque la terre est suffisamment meuble pour absorber facilement l’eau de pluie ou de fonte des neiges. Dans le cas contraire, on donne une façon d’automne avec le rayonneur seul (sans semoir) qui creuse des sillons à environ 90 centimètres à 4 mètre de distance. Ces sillons retiennent l’eau et la neige. Au printemps, on nivelle à la herse à disques ; les sillons ainsi comblés par les crêtes abattues constituent le meilleur terrain d’ensemencement. On rayonne à nouveau au moment des semailles. On peut d’ailleurs supprimer cette façon à la herse à disques. Les arêtes et les intervalles sont nivelés et les mottes brisées simplement au «lister » muni de son semoir. Dans des terres favorables cette méthode donne de bons résultats, elle évite la dépense du travail de la terre aux disques.
Que le Sorgho soit semé en sillons rangés, écartés ou serrés ou encore à la volée, au semoir ou à la main, une herse à disques suffira pour couvrir le grain et assurer la germination. Elle ne sera pas toujours nécéssaire.
Il est préférable de semer en rangées. Les grains sont distribués plus également et recouverts plus régulièrement. Lorsqu'on sème à la volée, les résultats sont moins bons. En Amérique on a l'habitude de semer en rangées séparées par des intervalles d’environ 1 mètre, ce qui permet de travailler les interlignes et d’obtenir un rendement plus fort en partant d’une quantité moindre de grains.
Les semailles en sillons serrés, sans interlignes ou à la volée, produisent un tonnage moindre, mais le fourrage est plus fin.
Les semailles en lignes écartées sont faites en sillons, en surface ou en planches.
Les semailles en sillons sont faites surtout dans les régions sèches. |
Les semailles en surface sont moins courantes dans les régions semi-arides, bien que, en règle générale, elles donnent un meilleur résultat que celles faites en profondeur. La récolte est souvent noyée par la pluie au fond des sillons au début de son développement.
On recommande les semailles en surface dans les sols drainés
CULTURE DES SORGHOS À FOURRAGE 1m
naturellement peu humides et dans les régions semi-arides. Il est contre-indiqué de semer en sillons profonds dans les régions humides. Dans les pays bas, mal drainés, on cultive en planches pour éviter la perte de la récolte par ennoyage. On ne doit opérer de cette façon que dans ces derniers terrains.
Il faut tracer les sillons dans le sens des vents dominants qui passent alors librement entre les lignes, sans nuire à la culture. On évite ainsi la verse qui est une cause de pertes souvent considérables.
Quantités à semer. — La quantité de semence employée et la régularité du semis influent grandement sur la production du fourrage, quelle que soit la méthode employée. Les Américains. considèrent que dans les régions semi-arides 45 à 50 kilogrammes à l’hectare semés à l’aide d’un semoir à Blé donnent la plus grosse production et la meilleure qualité de fourrage. Ils vont de 17 à 82 kilogrammes à l’hectare. Dans les régions extrêmement sèches 24 kilogrammes seront suffisants. Au Katanga, province minière du sud du Congo belge, Edm. Leplae recommande environ 20 kilogrammes à l’hectare. Dans les régions humides les Américains vont jusqu’à 90 à 95 kilogrammes et obtiennent de bons résultats.
Dans les cultures en rangs espacés d’environ un mètre, 15 à, 20 kilogrammes à l’hectare donneront un plant suffisamment épais pour fournir du fourrage d’excellente qualité.
Des plantations serrées donnent une culture régulière et produisent des récoltes qui müûürissent uniformément.
Dans ces conditions la plus grande partie de la récolte est moissonnée à point et on a ainsi du fourrage de meilleure quaté.
Des plantations claires ne sont pas à recommander sauf dans les régions très sèches. Elles donnent un fourrage de moindre qualité et ne sont pas aussi aisément travaillées.
En doublant le nombre de plantes sur un terrain donné, on double le nombre de feuilles. Le fourrage obtenu, moins riche en fibres, plus riche en matières digestibles, augmente de qua-
lité.
25 à 30 kilogrammes par hectare dans les régions les plus humides seraient suffisants. Il semble que ce soit la quantité la meilleure pour donner un maximum de fourrage avec un minimum de semences. En Algérie et en Afrique du Nord on compte 25 kilogrammes de semences à l’hectare pour semer à la volée et 18 kilogrammes seulement pour semer au semoir. Au Sénégal et au Soudan les Sorghos sont semés en poquets de trois à quatre grains dans des trous à 8 ou 10 centimètres de distance les uns. des autres, en tous sens, quelquefois en sillons, ce qui correspond à 25 à 30 litres à l’hectare.
Pour le Sorgho à balai on sème en lignes espacées de 0 m. 80 à 1 mètre, 10 à 11 kilogrammes de grains à l’hectare en Lot-et-Garonne et 10 litres ou 7 à 8 kilogrammes en Vaucluse.
Pour le Sorgho à fourrage et à grains le mieux est de semer avec un semoir à Maïs muni de plaques spéciales pour le Sorgho. Le nombre des trous peut varier de 12 à 24 et leur diamètre de 5 millimètres à 6 mm. 5. Le bord des trous doit être arrangé pour faciliter le dégagement. On peut régler la quantité de grain à semer par le changement de vitesse qui fait tourner la plaque. Aux
Etats-Unis le Sorgho est ainsi semé mécaniquement.
Tout le monde sait maintenant qu’il est plus avantagèux
d’avoir une semence répartie régulièrement.
Façons à donner à la terre pendant le développement de la plante. — Ce serait une erreur de ne pas donner de façons à la terre pendant le développement de la plante. L'économie de travail diminuerait la récolte et le gain.
On a reconnu qu’une culture judicieuse augmente la Ode tion du fourrage.
On peut donner les façons aux terrains semés en lignes espacées, de la façon suivante : La première façon sera donnée avec une herse à longues dents pointues que les Américains appellent « Weeder » ou sarcleuse.
La seconde sera un labourage de 15 à 18 centimètres et, plus tard dans la saison, on donnera deux labours superficiels, le tout
suivi de hersages pour diviser les mottes et ameublir la surface,
Ces façons assurent une bonne récolte.
Lorsqu'on sème à la volée ou en rangs serrés, il faut au moins un hersage et deux façons plus tardives avec arrachage de mauvaises herbes pour obtenir une grosse récolte de fourrage.
Pour le Sorgho à balai on sème en avril en Vaucluse, en mai dans l’Agenais, en lignes, on fait deux binages et un buttage à l’araire dès le mois de juin en Vaucluse après avoir démarié et formé des touffes de deux à trois tiges à 25 à 30 centimètres de distance.
Durée de l'évolution du Sorgho. — Le Sorgho hâtif de Minnesota, semé à Vanves (Seine) le 20 avril, lève le 4 mai, épanouit sa première feuille le 10 mai, repiqué le 8 juin, butté le 16 juin, atteint 1 m. 80 le 10 août, fleurit le 15 août, est mûr le 16 septembre et atteint 2 m. 40, soit en cent vingt à cent trente jours.
Du Sorgho de même variété semé à Breuillet (S.-et-O.) le 17 juillet arrive à maturité en octobre, soit environ en quatrevingt-dix à cent jours.
En dehors des qualités de la terre, le bon développement de la plante dépend de la chaleur du sol et aussi de humidité suffisante.
Une seule récolte de fourrage faite dans de bonnes conditions suffit amplement à recommander le Sorgho. Elle est de 14 à 28 tonnes de fourrage vert. Elle va jusqu’à 48 et même 57 tonnes 500 à l’hectare, « variété Orange » (Ruby, 1921), dans des conditions favorables. L’inconvénient de ce fourrage, c’est qu’on ne peut
le faire consommer que passé fleur ou mieux à maturité presque complète, pour éviter tout danger d’intoxication.
En prenant cette précaution élémentaire, qui permet d’obtenir un plus grand rendement sur un même terrain, on a un fourrage succulent et sucré dont les animaux sont friands, en particulier les vaches laitières.
Le lait fourni est alors abondant, riche et excellent.
Assolement, rotation. — Lorsqu'on cultive plusieurs années de suite la même plante dans le même terrain, celui-ci s’épuise toujours des mêmes éléments et finit par devenir très peu productif. Pour remédier à cet inconvénient on pratique l’assolement qui consiste à changer tous les ans les cultures de place et à ne ramener une culture dans un terrain qu'après deux, trois, quatre, six et même dix ans. Au Sénégal, où les terres souffrent de la monoculture de l’Arachide, il serait avantageux d’intercaler le Maïs et le Sorgho entre deux cultures d’Arachides ou encore le Coton dans les endroits favorables.
Au Katanga, Edm. Leplae (1920) conseille les rotations suivantes :
Rotation de 2 ans : Maïs, Sorgho, Maïs, Sorgho ;
Rotation de 3 ans : Maïs fumé, Maïs, Sorgho, Maïs fumé, etc.
Rotation de 4 ans : Maïs fumé, Patates douces, Fèves, Sorgho, Maïs fumé, etc...
On a soin de semer le plus de Légumineuses possible dans les champs de Maïs et de Sorgho pour les enterrer comme engrais vert.
Dans les terres siliceuses de la région de Thiès, au Sénégal, que j’ai eu l’occasion d’examiner, on aura toujours intérêt à répandre une tonne ou deux de calcaire en poudre, pour favoriser la pousse des Légumineuses, et on pourra intercaler l’Arachide entre deux cultures de Sorgho ou entre le Sorgho et le Maïs. Il faut, bien entendu, abondamment fumer un terrain auquel on demande un rendement intensif. On a toujours avantage à faire rendre à la terre son maximum.
Récolte du Sorgho. — L'expérience montre que le meilleur moment pour récolter le Sorgho destiné à faire du fourrage est celui où le grain est à l’état de lait avancé ou à l’état pâteux. C’est là que son goût est le meilleur et que sa valeur nutritive est le plus favorable. Encore vaut-il mieux, parfois, attendre la maturité complète dans les terres fortement azotées pour éviter toute chance d’accident.
Cest pourquoi il est si important de semer des grains de même
variété pure et de même provenance, qui müûrissent uniformément. Cette précaution est ici d'autant plus utile à prendre que les divers Sorghos sont plus ou moins toxiques au début de leur développement. Cette toxicité diminue avec la croissance pour disparaître vers la maturité. Je reviendrai sur cette question. Lorsqu'on s’est servi d'engrais azotés il est prudent d’attendre la maturité complète même pour fourrage. Lorsqu'on veut conserver le grain pour les semailles prochaines, pour la vente ou la nourriture des animaux, etc., il vaut mieux attendre le moment où le grain est à l’état de pâte épaisse pour moissonner le Sorgho, On sépare les panicules qu’on fait sécher à fond pour éviter les moisissures, et on donne les tiges au bétail sans qu’elles aient perdu de leur valeur nutritive. Il est cependant bon de ne pas attendre trop longtemps. On fait aussi consommer le Sorgho en entier, tiges et panicules ensemble. Dans le cas où le Sorgho n’arrive pas à maturité, dans les régions sèches, il faut attendre le plus possible avant de faire consommer par le bétail. On ne doit jamais faire consommer un Sorgho non encore passé fleur, sous peine d’avoir à déplorer des accidents souvent mortels pour les bestiaux. Dans les régions humides, il sera quelquefois avantageux de hâter un peu la récolte pour profiter du beau temps. S'il pleut d’une façon suivie et que la récolte soit compromise il est alors avantageux de la conserver en silo. On sera sûr ainsi d’avoir une conservation aussi parfaite que possible et un bon rendement.
Si le plant est cultivé en rangs espacés, on le coupe habituellement avec une moissonneuse à Blé, puis on le met en javelles de douze à quinze gerbes redressées. Lorsqu'on sème à la volée ou en rangs serrés, on récolte à la moissonneuse à Blé ou à la faux et on peut lier avec des liens au glu de paille de Seigle. On peut faire des meules avec les gerbes de Sorgho. Les Américains recommandent de les saler à raison de 1 kgr. 250 pour 100 kilogrammes de fourrages. Le fourrage de Sorgho sec, surtout à cause des sucres qu’il contient, est assez sensible à l'humidité, il est essentiel de le conserver bien au sec après avoir été desséché, sans quoi il moisit et perd de la valeur.
Dans les régions sèches, le fourrage fane en un jour, s’il n’est
176 LE SORGHO r
pas récolté à la machine, il est ramassé au râteau, mis en meule et salé sur chaque couche.
La salaison demande trois à quatre semaines de beaux jours. Après ce temps, suivant les Américains, il devient un fourrage sec sucré et de bon goût.
En général, il est préférable de rentrer le fourrage de Sorgho sous un hangar surtout lorsqu'on se trouve dans un climat un peu humide, le fourrage moisit en effet très facilement lorsqu'il est exposé à l'humidité.
Mise en silo. — C’est pourquoi on recommande plutôt la mise en silo.
Préparation du silo. — On creuse simplement une tranchée de 1 m. 50 de profondeur, sur 2 m. 50 à 3 mètres de large, sur une longueur proportionnée à la quantité de fourrage à conserver. On choisit autant que possible une terre forte et saine. On relève la terre sur les bords et à l’extrémité. Puis on entasse le fourrage frais non fané sans s’occuper de la pluie qui est favorable. Il est inutile de couper les tiges qu’on piétine et sur lesquelles on fait passer la voiture pour charger le silo. Il faut surtout bien tasser les bords. On le termine en dos d’âne en surélevant de 1 mètre au milieu. Quand la masse est bien tassée on la recouvre d’une couche de 70 à 80 centimètres de terre. M. Gustave Rivière m’a cité une expérience personnelle d’ensilage à la bergerie nationale de Moudjebeur, près de Bogari, province d’Alger. Il avait ensilé de l’Anthemis arvensis dans un ravin, le silo se trouvant ainsi tout creusé. II l’a recouvert de 80 centimètres de terre. Malgré le scepticisme des Arabes, les moutons mangèrent ce fourrage avec avidité pendant la saison sèche. M. Gustave Rivière m'a dit que ce fourrage pouvait ainsi se conserver plusieurs années sans altération aucune.
Il est essentiel de ne pas mettre en silo des plantes sèches qui moisissent.
Lorsque la mise en silo est faite dans de bonnes conditions avec des plantes fraîches et humides, il s’établit une série de fer-
mentations qui donnent au fourrage des qualités telles que si l’on présente aux animaux du Maïs ou du Sorgho sortant d’un silo rempli avec art, à côté de nourriture fraiche, ils vont, invariablement, d’abord au produit du silo.
Cette méthode serait à développer dans nos régions où elle est très peu employée et presque inconnue. Elle économiserait beaucoup de place dans les fermes. De plus, le Maïs, qui gèle dès les premiers froids, pourrait être ainsi conservé dans d'excellentes conditions. Il en pourrait être de même du Sorgho.
On fait aussi des silos en maçonnerie, en briques et en ciment. Les Américains en préconisent l’usage qui leur donne d’excellents résultats.
Il faut bien dire que les fermentations, dans le silo, font perdre à la plante une partie de ses éléments nutritifs (un quart environ) et qu'il ne serait pas avantageux d’ensiler de bons foins pouvant être séchés dans de bonnes conditions. Le silo est seulement avantageux dans le cas où les fourrages peuvent être difficilement séchés comme c’est souvent le cas des regains de fin de saison : ou bien s’ils gèlent facilement. On met alors en silo par la pluie qui est favorable.
Mode d'expédition et d'approvisionnement du iourrage de Sorgho. — Le Sorgho en silo ou non bottelé ne peut être consommé que sur place. |
Il est nécessaire, pour expédier le fourrage de Sorgho, qu’il soit séché, bottelé ou comprimé en balles. On fait tenir facilement 10 tonnes de fourrages de Sorgho mis en balles sur un wagon. La mise en balles est la seule à recommander pour la vente à distance.
L'installation de Sorgho en grange est difficile, c’est pour cela qu’on n’a pas avantage à avoir de grandes #iges, mais au contraire de plus nombreuses tiges moyennes, plus faciles à manier. L'emploi d’un chariot bas à quatre roues avec une plate-forme large ou un châssis à fourrage économise beaucoup de travail de chargement, le fourrage étant épars, en gerbes ou en balles.
On peut emmagasiner le Sorgho en grange, sous des hangars, ou
même à l’air libre, dans les régions sèches, bien que cette méthode ne soit pas à recommander. Il est bon dans ce cas de faire des meules étroites toutes en longueur et placées parallèlement à la direction des vents dominants qui ont ainsi moins de prise.
Le fourrage sec de Sorgho convenablement salé, à raison de 1 kgr. 250 de sel pour 100 kilogrammes de fourrage, garde bon goût et bon arome. La quantité importante de sucres qu’il contient pour les meilleures variétés affine encore le goût et s’ajoute à ses qualités nutritives. C’est le fourrage le meilleur marché que l’on puisse avoir dans les régions sèches du Midi et dans les régions où le fourrage est rare. Du Sorgho sucré de Minnesota m’a encore donné, huit mois après la récolte, 12 p. 100 de sucres totaux à l'analyse. C’est une nourriture complémentaire très intéressante. On peut garder les chevaux et le bétail en bonne forme, pendant tout l’hiver, avec du fourrage de Sorgho et très peu de grain supplémentaire.
C’est l’un des fourrages les plus économiques que l’on puisse cultiver et faire consommer à la ferme, tout le bétail le marge avidement. |
Une gerbe de 6 à 8 kilogrammes est suffisante pour un cheval ou une vache.
Lorsque le fourrage est en meule il est nécessaire d’attaquer la meule toujours du même côté, le moins exposé aux vents dominants. La couche protectrice restant ainsi toujours la même, on a moins de pertes.
Rendement de la récolte. — La production moyenne des Sorghos non sucrés en fourrage vert est de 14 à 28 tonnes à l’hectare, on obtient jusqu’à 48 tonnes dans des conditions très favorables.
Dumont Carment ({858) cite 73 tonnes de fourrage vert à l’hectare avec du Sorgho sucré.
M. J. Ruby (1921) a obtenu dans les Pyrénées-Orientales : rendement à l’hectare :
Sucré hâtif de Minnesota ........... 36.250 kilogrammes
= Coléman sers re 31.250 — — Orange nr ess 57.500 —
La production habituelle en fourrage sec est en moyenne de 5 à 12 tonnes à l’hectare.
Culture des semences de Sorghos purs et améliorés pour fourrage. — Comme nous l’avons vu, pour obtenir un fourrage rémunérateur, il est indispensable d’avoir des plants de végétations égales, poussant uniformément. L’agriculteur aura tout avantage à produire ses semences lui-même et à sélectionner ses plants, en supprimant les panicules des sujets tardifs ou n'ayant pas les qualités désirées.
Il aura soin de cultiver le Sorgho pour semence dans des champs complètement isolés les uns des autres et isolés des autres plantations de Sorgho.
A l’inverse du Blé dont la fécondation a lieu avant l’épanouissement de la fleur, les fleurs de Sorgho sont fécondées lors de leur épanouissement, par les insectes ou par le vent qui se chargent de mélanger toutes les variétés. C’est ainsi que le Sorgho sucré cultivé en Vaucluse, vers 1860, à côté de Sorgho à balai, dégénéra et donna un produit qui n’était plus assez sucré et qui n’était pas bon à faire des balais.
On sèmera les Sorghos pour semences, de bonne heure dans la saison. On les cultivera en lignes écartées de 90 centimètres à 1 mètre, les pieds séparés de 10 à 15 centimètres dans les lignes et on choisira, au moment de la maturité, les meilleurs sujets pour continuer la sélection l’année suivante. Comme je l’ai déjà dit, on aura soin de tracer les lignes dans le sens des vents dominants, pour éviter la verse.
Après la récolte des panicules, à la maturité, on les fera sécher avant de les battre. Le grain de Sorgho retient facilement l’humidité, qui peut le faire moisir et lui faire perdre ses qualités germinatives. |
Pour battre la récolte, le mieux est de battre à la main, en mettant les panicules dans un sac et de frapper le sac avec un bâton un peu souple ou de le battre au fléau sur une toile.
On conservera les semences dans un endroit sec et aéré, à l’abri des souris et des rats et protégé des parasites.