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D. — Influence de la richesse du sol en azote.
J’ai fait des expériences de comparaison dans :
19 Une terre moyenne ;
20 Une terre très riche en hüumus (gorgée de fumier de ferme) ;
30 Une terre très pauvre.
Ici l'influence du sol nutritif apparaît très nettement. La plante, après avoir fabriqué son glucoside aux dépens des réserves du grain, en fait très certainement la synthèse à partir des composés azotés du sol et des produits élaborés hydrocarbonés. Cette synthèse est d'autant plus facile qu’on fournit à la plante un sol plus riche. D’autre part, l'élaboration du glucoside se fait pendant un temps bien plus long chez des plantes qui vivent dans un milieu riche en azote, ainsi qu’en témoignent les résultats suivants :
GLUCOSIDE CYANOGÉNIQUE 195
7 DO ACIDE CYANHYDRIQUE SOL ETAT DE LA PLANTE pour 400 de plantes fraiches
Terre pauvre, début de
septembre. Plante de 35 à 40 centimètres LOTIR MARINE 0 » » » » » » 0
Terre moyenne, début de
septembre. Plante de 1 m. 40, fleurie . .. 0,0026 — 1 m. 40, passé fl. 0 — nt 0- mi 40 tleuriebrre cr 0,005
— 4m: 20-1240; presque à matu- PILOT Me 0
Plante de 2 m. 10, grain pâte ferme, presque à
Terre très riche en azote MAbUATIÉ 0. 0,021 fin septembre. 2 m.10, à maturité 0,007
On voit ici que le glucoside persiste bien plus longtemps dans les plantes cultivées en terre très riche.
Au contraire, en terre moyenne, la toxicité disparait peu de temps après la fécondation de la fleur et, en terre pauvre, dès que la fleur est épanouie. On peut dire toutefois que les conditions dans lesquelles j’ai cultivé le Sorgho, en terre riche, sont tout à fait anormales (terre noire gorgée de fumier) et qu’il faut considérer ces chiffres comme des exceptions. D’autre part, la culture du Sorgho en terre trop pauvre ne serait pas avantageuse.
E. — Influence des nitrates.
Dans une terre moyenne avec des Sorghos en fleur de même variété (S. sucré hâtif de Minnesota), de même âge et sensiblement de même taille, j'ai voulu voir l'influence du nitrate de potasse sur le glucoside.
Sur une parcelle de la culture, j'ai semé 25 grammes de nitrate de potasse au mètre carré et j'ai ensuite arrosé.
J'ai également arrosé une parcelle témoin, pour mettre toutes les plantes dans les mêmes conditions d’humidité.
Huit jours après, les dosages m'ont donné les résultats suivants :
Lot nitraté Lot témoin
Acide cyanhydrique p. 100 de plantes fraîches. 0 gr. 0119 0 gr. 0026
On voit l'influence directe et rapide de l’apport d’azote nitrique fourni à la plante, sur l’augmentation du glucoside, même à un âge où, d'ordinaire, il tend à diminuer.
F. — Influence de la formation des réserves dans les grains.
En terre moyenne, de bonne culture, si l’on suit l’évolution du glucoside cyanogénique, on voit qu’il augmente d’abord très rapidement dans les jeunes Sorghos et qu’il diminue progressivement ensuite, jusqu'à disparition complète, au moment où la plante, ayant ses fleurs fécondées, forme des réserves dans les grains.
Acide cyanhydrique
Hauteur des tiges en pour 100 de plantes fraiches centimètres se GTA RENE AGE FREE ee 0,000 mer.
DHRCETHLLIME L'EST MERE 0,518 — NS se RS ET DNS 0,240 — ë ; AMDDICENTIMOITES M ETES LE 0,116 — Panicules non f6rmées 4; 50 céntimètres. 1. 11" 0.060 — 75 AU LR MEN RE Re 0,059 — 95 Er DO RE US À LIENS LENS ASS à 0,029 — LAN 25 STE EL MORTE PRES 0,011 — Paniculesiépanouies 210TBnn A5 0e ELU EE LAS re ME NE à 0 —
J’ai refait des expériences semblables plusieurs fois ; elles m'ont donné des résultats comparables. En terre moyenne, le glucoside cyanogénique disparaît des tiges et des feuilles quand le grain forme ses réserves.
On ne peut obtenir d'aussi fortes doses d'HCAz qu'avec des Sorghos cultivés en terre très azotée. Un seul plant m’a donné 918 milligrammes d’'HCAz, je le signale pour mémoire.
Il n’est pas douteux que la plante, dans nos pays, achève de
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consommer la totalité de son glucoside après la floraison pour former les réserves de ses grains.
En se rapportant aux formules plus haut citées, on voit que ce glucoside contient trois éléments essentiels : du glucose, de l’acide cyanhydrique et un phénol. |
Or, lorsque la plante perd son glucoside cyanogénique, elle forme de l’amidon et des matières protéiques, pendant que ses glumes et ses téguments se colorent d’une façon plus ou moins intense par le dépôt de la matière colorante phénolique voisine des tanins et des phlobaphènes.
I ÿ a là un rapprochement intéressant que j’ai cru devoir signaler et dont je me réserve de continuer l’étude.
Quoi qu'il en soit, au point de vue de l’utilisation du Sorgho comme fourrage, cette constatation est d’une très grande impor- . tance. Les tiges et les feuilles du Sorgho peuvent être données comme nourriture au bétail lorsque le grain est à l’état de pâte et, souvent même, presque aussitôt la fin de la floraison. Ce qui permet de libérer la terre plus tôt, ou même, dans certains cas favorables, de faire deux récoltes.
G. — Comparaison entre différents Sorghos.
Le Sorgho sucré hâtif de Minnesota n'étant pas la seule variété susceptible d’être cultivée, j’ai suivi, en terre moyenne légère, l’évolution du glucoside dans quelques variétés les plus répandues en France.
Mes résultats sont consignés dans le tableau ci-après.
S. sucré hâtif