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AUTE

GLUCOSIDE CYANOGÉNIQUE 199

Les meilleurs fourrages sont fournis par les Sorghos à tiges Juteuses et sucrées, S. sucré hâtif de Minnesota, Ambré rouge, Coleman, Orange, Mac Lean, Sumae. Le Kafir, dont la tige est également juteuse, donne aussi un excellent fourrage dans les terrains particulièrement secs, il peut être avantageux de cultivér le Douro, le Mil et le Fétérita des Américains. Le Sudan Grass (Sorgho sauvage du Soudan), le Sorgho menu et enfin le Mil à chandelles, les Mohas, les Millets, la Zizanie, ete. sont susceptibles de rendre d’appréciables services comme fourrages, tant en France qu'aux colonies ; les premiers, en terrains secs, la dernière, avee ou sans pluie d’été, en terre humide.

A côté des empoisonnements de bétail enregistrés en Egypte, en Afrique, aux Etats-Unis et en Australie, de multiples voyageurs signalent avoir vu, en Chine, des chevaux manger du Sorgho en vert, sans en éprouver le moindre inconvénient. Dumas dit avoir vu, en Afrique occidentale française, des bœufs, des moutons et des chèvres paitre impunément les repousses, après le couchage des tiges pour la récolte des Mils (Sorghos). I ajoute qu’il y aurait là une question à éclaircir.

Il est probable que chez les Sorghos comme chez les autres plantes, l’hérédité joue un grand rôle dans la toxicité. Les Sorghos, que je sache, n’ont jamais été sélectionnés dans ce sens. Dans les pays sans hiver, où le Sorgho ne gèle pas, il serait facile de propager les variétés les moins toxiques, d’abord, par le bouturage, qui réussit très bien et avec un arrosage suffisant et, ensuite, par semis des grains de ces boutures.

RÉSUMÉ

Tous ces résultats nous montrent que le glucoside cyanogénique apparaît dès la germination, se développe très rapidement dans la jeune plante et décroît ensuite progressivement jusqu’à la formation des réserves des grains pour lesquelles il est probablement employé. À ce moment, dans une terre moyenne, on peut dire que généralement le glucoside cyanogénique a disparu de l'appareil végétatif. La plante n’est plus toxique. Elle fournit alors

un excellent fourrage pour le bétail. Toutefois, 1l ne serait pas prudent de recommander le Sorgho d’Alep dans la région parisienne. Cette espèce sauvage à rhizomes traçants donne des repousses qui sont plus ou moins riches en glucoside. De sorte que, même en arrière-saison, le fourrage est toujours plus ou moins toxique.

En revanche, on peut recommander comme fourrage le Mil à chandelles (Pennisetum typhoïdeum, Rich), qui m’a donné à Vanves (Seine), par l’année sèche 1921, en terre légère, des tiges de plus de 2 mètres de haut (voir fig. 27). Cette plante a l’immense avantage de n’être jamais toxique. On peut aussi recommander le Millet commun (Panicum muliaceum Lin.), et les Mohas hâtifs (Panicum Germanicum, Mill, Willd).

Il faudrait vérifier : 40 si toutes les variétés de Sorghos donnent les mêmes résultats ; 20 l’influence de l'humidité, de la sécheresse, du climat, des engrais ; 30 quelles sont les variétés les plus avantageuses à cultiver. C’est ce que je compte faire dès que les circonstances me le permettront. Jusqu'ici mes moyens d’action ont été insuffisants.

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