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CHAPITRE XX

Le Sorgho est parasité par des ennemis, tant végétaux qu’animaux, qui s’attaquent à toutes les parties de la plante.

Parasites végétaux.

Les parasites végétaux sont des Ustilaginées et des Urédinées, comme pour les autres Céréales. En outre, des Bactriacées comme le Bacillus Sorghi produisent souvent des taches rouges à l’automne sur les feuilles et les tiges des divers Sorghos. Une levure a même été signalée sur le Mil des teinturiers (Chevalier).

Les fleurs sont attaquées par lUstilago Sorghi, Link., qui cause le Charbon du Sorgho (voir fig. 58 et 59).

Toutes les fleurs d’une panicule sont transformées en un corps cylindrique plus où moins régulier un peu aminci vers le haut et dépassant les glumes. Il est enveloppé d’une membrane blanchâtre plus foncée vers le haut, formant sac et soutenu, en son axe, par une petite colonne dressée (axe central ou columelle), le plus souvent simple, appartenant à la plante parasitée. C’est une petite tige de Sorgho qui s’est développée au fond de lovaire sous l'influence du parasite.

Ce sac se déchire à la maturité et laisse échapper une poussière foncée produite par les spores de l'Ustilago. Les spores sont arrondies, lisses, et germent sans donner de basidiospores, mais le fila-

EN

LOT Er

Fig. 58. — Charbon du Sorgho. Panicule de Sor

c gho sucré parasitée ar l’Ustilago sorghi, Link.

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ment se sépare en articles cylindriques (Prillieux) et, bien en-

tendu, dans ce cas, la plante est complètement privée de ses grains.

Les panicules sont détruites par le charbon du Millet causé par l’Ustilago panici-miliacei, Pers. Ce champignon se déve- loppe sur linflorescence, qui, restant enfermée dans la feuille est en une

supérieure, totalement transformée noire, d’abord entourée d’une enveloppe blanchâtre. A l’inté-

rieur,

masse

parmi la masse des spores, on distingue les débris des parties ligneuses de la panicule.

Les rameaux de la panicule sont envahis par l’Ustilago cruenta, Kuhï, qui les recouvre de petites tumeurs charbonneuses d’un brun rougeâtre.

Les feuilles sont parasitées par deux Urédinées, le Puccinia Maïidis, Berang. ou Puccinia Sorghi, Schwein., et le Puccinia purpurea, Cooke., qui produisent deux rouilles.

Le Puccinia Maïdis, Bérang., qui donne la Rouille du Maïs, - produit sur les deux faces des feuilles de Maïs et de Sorgho des pustules d’un jaune bru-

nâtre qui, postérieurement,

Fig. 59. — Charbon du Sorgho.

Rameaux de la panicule d’un Sorgho montrant les fleurs transformées par le parasite et en bas l’axe central ou columelle qui soutient le sac plein de spores noires du champignon.

deviennert noires, et qui restent longtemps couvertes par l’épi-

derme. Les urédospores sont globuleuses ou elliptiques, d’un brun pâle et recouvertes de pointes. |

Les teleutospores sont brunes, oblongues ou un peu en massue, plus larges à leur extrémité et portées par un pédicelle assez long.

D’après Delacroix et Maublanc (1909) cette rouille n’aurait été rencontrée que sur le Maïs. Elle serait hétéroïque et produirait sa forme œcidienne sur les Oxalis, O. stricta et corniculata, en Europe (Tranzschel), O0. Cymosa en Amérique (Arthur), selon d’autres auteurs elle serait en relation avec l’Oxalis acetosella, L.

Le Puccinia purpurea, Cooke, qui sévit sur le Sorgho dans les régions chaudes et dans le Midi de l’Europe, produit sur les feuilles des taches de rouille de couleur pourprée sur lesquelles naissent de longs pédicelles. ;

Les feuilles, les tiges et les racines sont parfois contamimées par le Bacillus sorghi qui produit de grandes taches d’un brun rougeâtre. Cette maladie est connue sous le nom de Brüûlure du Sorgho.

Enfin, en Afrique occidentale, le Faraoro ou Mil des teinturiers

serait porteur d’une levure spéciale sous l’action de laquelle le .

Sorgho fabriquerait la matière colorante rouge utilisée par les cordonniers soudanais (Chevalier).

D'une façon générale on peut dire que sous l’influence des parasites végétaux, le Sorgho réagit en fabriquant une matière colorante rouge qui est un phénol voisin des tanins. C’est-à-dire précisément un antiseptique qui s’oppose au développement du parasite.

En Algérie, Trabut (1910) signale : l’Ustilago Reiliana qui forme de grosses pustules dans les panicules qui sont finalement réduites à des ramifications couvertes d’une poussière noire; l'Ustilago sorghi et le Sorosporium Ehrenbergüi ; dans le premier, les spores sont indépendantes ; dans le second, elles sont en glomérules inégaux.

Certaines années, le Douro, Dourra ou Bechna est fortement envahi et sur la majorité des panicules on trouve quelques grains déformés, allongés, qui, écrasés, donnent une poussière noire.

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